G. XIII
4o0 LES CONTREFAÇONS DU MIRACLE.
mettre en rapport avec les défunts. Nos nécromanciens sont loin d'être aussi habiles que ceux de l'antiquité, Gicéron * nous apprend que son ami Appius avait Ips consultations des morts en pratique habituelle, et que dans le voisinage d'Arpinuni était le lac Averne, d'où l'on faisait « surgir du sein des ténèbres les ombres des morts encore tout ensanglantées » . Il y avait partout des Oracles des morts. On les évoquait sur les bords du fleuve Achéron en Thesprotie, à Phigalée en Arcadie, au cap Ténare, à Héracléedans le Pont, à Gumes. Ce n'est point la populace qui ajoute seule foi à ces pratiques. Périandre, l'un des sept sages, envoie consulter l'àme de sa femme qu'il a fait égorger^; Pausanias évoque lui-même l'âme d'une jeune fille qu'il a tuée (Plutarque, Vie de Cimon); les magistrats de Sparte font évoquer par des nécromanciens de Thessalie l'àme de ce même Pausanias (Plutarque, Des délais de la justice divine) ; Libo Drusus est mis à mort par Tibère pour avoir commis un crime de lèse-majesté pendant qu'il se livrait à la nécromancie; le grammairien Apion évoque l'ombre d'Homère pour l'interroger sur sa patrie et ses parents ^.
Le témoignage le plus curieux sous ce rapport est peutêtre celui de Lactance. 11 suffit d'une médiocre attention pouf voir qu'il suppose que la nécromancie ét^it con^mft dans les mœurs de son temps et que cet art détestable ne s'épuisait pas en pratiques Infructueuses, Nos érudit* s'imaginent volontiers que les apciens se livraient ^vti une sorte de fureur à de pures niaiseries, ou qu'ils se du- ])aient sans relâche les uns les autres, mais qq ils n'arrivèrent jamais à soupçonner la duperie. Nous inclinons à penser que les anciens, de l'aveu de tous, nos maîtres dans les lettres et dans les arts, avaient autant d'intelli-