‹ Le miracle et ses contrefaçonsChapitre 14 sur 123 · Joan., IX · texte numérisé non relu

Joan., IX

la synagogue, parlant des miracles du Sauveur, s'écrient : «Gethommefaitbeaucoup de signes, signa. * » L'évangéliste dit lui-même : « Jésus fit beaucoup d'autres signes. ^ » Ce terme est évidemment d'une signification identique à celle de témoignage sensible et extraordinaire de la divinité.

Telle est la notion claire du miracle, telle est la notion du miracle dans l'esprit de tous les hommes sensés, antérieurement à toute réflexion scientifique. C'est celle-là et non une autre qu'il faut analyser pour arriver à la notion distincte du miracle. Toute analyse dont les résultais ne pourront.se ramener à cette notion commune, sera nécessairement défectueuse et ne pourra légitimement entrer dans une étude sur le miracle- Une première observation sur cette notion y distingue deux éléments, à savoir: quelque chose de sensible et quelque chose d'extraordinaire. Un signe sensible est un phénonomène ou un ensemble de phénomènes extérieurs et matériels. Un phénomène intérieur, autrement dit mental, est exclusivement connu du sujet oii il se produit et qui en a la conscience immédiate: il ne peut donc être un signe. Mais, si le miracle est de sa nature un phénomène ou un ensemble de phénomènes sensibles, il s'ensuit qu'il prend place dans les événements du monde matériel et dans l'objet même des sciences physiques, qui, s'il faut en croire plusieurs, supportent de mauvaise grâce cette intrusion et s'efforcent même de la repousser.

Ce n'est pas assez que le phénomène soit sensible, il doit être extraordinaire, car il est un témoignage de la présence de Dieu. Les phénomènes ordinaires sont l'œuvre immédiate des agents dont l'ensemble, en y comprenant l'homme, constituent la nature au sein de laquelle notre vieextérieure s'écoule. Or, bien que ces phénomènes soient, à vrai dire,

Page 1