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portent, à cause de cela, des noms infâmes, sont riches en espérance ou en imagination ; de fait, ils passent leur vie dans une pauvreté sordide. L'or des sorciers changé en feuilles sèches, est au moins une figure expressive, qui marque fort bien que le démon ne dispose que d'illusions et d'illusions misérables.
Il faut en dire autant au sujet de la sensualité. Ce que l'on en raconte semble se réduire à des hallucinations. Le démon donne à ses adeptes l'ombre pour la réalité, et si quelquefois il procure des plaisirs moins trompeurs, alors, paraît-il, la passion est loin d'y trouver aussi bien son compte que dans les simples satisfactions naturelles. En tout cas, l'ignoble le dispute toujours à l'impuissance dans les joies sensuelles qui viennent de l'enfer : ce sont comme des rêves d'une imagination fangeuse, rien de plus. Que ces quelques mots suffisent sur un point qui soulève le cœur.
Les guérisons extraordinaires dont le démon est l'auteur semblent seules dépasser les effets de la puissance de l'homme. Il n'est pas douteux qu'en vertu de sa nature, il ne soit un très habile et un très puissant médecin. Mais son pouvoir est lié par sa malice et par les droits naturels de l'homme. Jamais il ne guérit de son propre mouvement . Quand il intervient, c'est qu'il est plus ou moins directement appelé. (Nous ne parlons pas des cas où il est, entre les mains de Dieu, instrument d'épreuve ou de châtiment.) Alors, d'après les Pères, ib communique des maladies étranges, auxquelles les hommes ne comprennent rien. Pour guérir, il se retire, et fait croire ainsi à une guérison miraculeuse, lorsqu'il cesse seulement de faire du mal. L'histoire romaine contient de ces procédés un exemple curieux que Sabellicus raconte de la sorte ; « Un homme du peuple, T. Latinus, reçut ordre de Jupiter d'annoncer aux consuls qu'il n'avait pas été content du chef des écuyers pendant les derniers jeux du cirque, et que de
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grands malheurs fondraient sur la ville si l'on ne recommençait ces jeux en son honneur. Latinus n'osa pas obéir, craignant d'être la risée du peuple s'il ne parvenait pas à se faire croire. Aussi, peu de jours après la vision qu'il avait eue pendant la nuit, son fils mourut sans maladie apparente. Alors, la même apparition se renouvelant, il lui fut demandé s'il ne trouvait pas que son mépris de la divinité avait été suffisamment châtié. Puis, comme il hésitait encore il fut saisi tout à coup de débilité corporelle. Après cela, sur le conseil de ses proches, il se fit porter en litière au forum devant les consuls, qui, à leur tour, le firent porter au sénat. Là, cet homme raconta tout au long ce qu'il avait reçu l'ordre dédire pendant son sommeil. Son récit achevé, il se leva sur ses pieds et rentra chez lui en bonne santé ^ » ,
Saint Jérôme et d'autres Pères refusent catégoriquement au démon le pouvoir d*opérer des guérisons sérieuses. Nous avons peine à contredire de telles autorités; mais l'on peut admettre que ces Pères ne parlent que des maladies humainement incurables. Il est difficile d'admettre que le démon, qui certainement connaît les remèdes naturels de beaucoup de maladies, est absolument empêché de communiquer quelque chose de son savoir aux hommes qui le consultent, lorsque cette communication ne peut en rien troubler l'ordre général. Mais, il ne faut pas l'oublier, très souvent ce médecin surhumain n'est qu'un misérable charlatan. Il se vante de guérir, lorsque la guérison est un pur effet de la nature qu'il a su prévoir. Alors ses remèdes ne sont que des plaisanteries, qui cachent son impuissance, mais qui trompent les simples et les portent à lui attribuer des opérations où il n'a rien à Yoh\
Nous devons maintenant dire quelque chose des maux très réels que le démon peut causer sur l'invitation d'un homme coupable. On sait en quoi ces manifestations