Introduc. kVHist. du Bud. p
« Sa doctrine imposait sur une opinion admise comme un fait, et sur une espérance présentée comme certitude. Cette opinion, c'est que le monde visible est dans un perpétuel chanc^ement, que la mort sucôède à la vie et la vie à la mort ; que l'homme, comme tout ce qui l'entoure, roule dans le cercle éternel de la transmigration ; qu'il passe successivement par toutes les formes de la vie depuis les plus élémentaires jusqu'aux plus parfaites ; que la place qu'il occupe dans la vaste échelle des êtres vivants dépend du mérite des actions qu'il accomplit en ce monde, et qu'ainsi l'homme vertueux doit, après cette vie, naître avec un corps divin et le coupable avec un corps de damné ; que les récompenses du ciel et les punitions de l'enfer n'ont qu'une durée limitée ; que le temps épuise le mérite des actions vertueuses, tout de même qu'il efface la faute des mauvaises ; et que la loi fatale du changement ramène sur la terre et le dieu et le damné, pour les mettre de nouveau l'un et l'autre à l'épreuve et leur faire parcourir une suite nouvelle de transformations. » Tel est le sort commun de tous les hommes, de tous les êtres vivants. Il résulte des conditions mêmes de la nature, et il est indépendant de l'action* de l'influence du bouddhisme. La doctrine de Shakyamouni a précisément pour objet de modifier cet état de choses en faveur de ses élus, et la faveur est vraiment singulière. Mais rendons la parole à M. Eugène Burnouf. « L'espérance, dit-il, que Çàkya-mouni apportait aux hommes, c'est la possibilité d'échapper à la loi de la transmigration, en entrant dans ce qu'il appelait le Nirvana^ c'est-à-dire r anéantissement. Le signe définitif de cet anéantissement était la mort ; mais un signe précurseur annonçait dès cette vie l'homme prédestiné à cette suprême délivrance : c'était la possession d'une science illimitée qui lui donnait la vue nette du monde, tel qu'il est, c'est-à-dire la connaissance des lois physiques et
morales, et, pour tout dire en un mot, c'était la pratique des six perfections transcendantes : de l'aumône, de la morale, de la science, de l'énergie, de la patience et de la charité. »
Le bouddhisme, religion toute morale, dit-on, comprend à ce point de vue, deux choses bien distinctes. Il comprend un ensemble de leçons, de conseils, de préceptes, qui sont une application quelquefois délicate de la loi naturelle. Parla, il fait illusion, excite même l'admiration de gens qui devraient mieux mesurer leur enthousiasme. En effet, l'autre élément de ce système religieux gâte absolument le premier. Nous voulons parler du terme où il mène ses sectateurs ou, l'on veut, ses saints : ee terme est le Nirvcma. Le Nirvana ne représente pas une idée absolument propre au bouddhisme ; on le retrouve dans toutes les écoles brahmaniques. Mais tandis que le Nirvana est pour les brahmes l'absorption de l'àme au sein du Dieu universel ou sa dissolution dans les éléments du monde, Shakya-mouni fait du Nirvana le synonyme pur et simple de l'anéantissement. Tel est le trait distinctif, fondamental, essentiel du bouddhisme : il impose la vertu, et il offre pour terme à la pratique héroïque de la vertu la destruction, l'anéantissement, qu'il appelle la délivrance, la rédemption, le Nirvana. Il n'est point nécessaire d'avoir recours à de profonds raisonnements pour montrer qu*un tel système est en contradiction avec le bon sens et avec la morale. Il est en contradiction avec le bon sens, car il est contraire à tous les principes que la pratique assidue du bien soit l'origine du mal suprême, c'est-à-dire du néant. Autant voudrait dire que la lumière en croissant devient les ténèbres. Il est en contradiction et en contradiction criante avec la morale, car rien n'est plus capable de paralyser la pratique du bien que de la récompenser par l'anéantissement, en réservant une existence sans fin à ceux qui vivent dans la pratique du mal
Au fond, son grand précepte, bien qu'il ne soit pas explicitement formulé, est celui-ci : Faites le mal, vous aurez la vie éternelle. Il n'en faut pas tant pour pousser à l'immoralité. Shakya-mouni, s'il a été vertueux comme le prétendent les légendes, ne l'est devenu que par la plus folle inconséquence. Mais ce n'est pas tout ; la religion du Bouddha est surtout irréligieuse.
M. Eugène Burnouf n'hésite pas à déclarer * que la doctrine de Shakya-mouni est, au fond, purement athée. Sans doute, cet ascète de Brahma ne rejeta pas les dieux qu'il trouva autour de lui en possession du culte public. Mais quelle place prirent-ils dans son système ? « Dans ce système, dit Eugène Burnouf, Çàkya ne relève d'aucun dieu; il tient tout de lui-même et de la grâce d'un Buddha antérieur dont l'origine n'est pas plus divine que la sienne. Les dieux n'ont rien à faire ici ; ils ne créent pas plus le Buddha qu'ils ne l'empêchent de se former, puisque c'est à la pratique de la vertu et à ses efforts personnels qu'il doit son caractère plus que divin. Loin de là, les dieux ne sont que des êtres doués d'un pouvoir infiniment supérieur à celui de l'homme, mais, comme lui, soumis à la fatalité de la transmigration. Le nom delà divinité est resté, la signification a disparu. » L'essence même de la religion du Bouddha, c'est l'athéisme, puisque le Bouddha est un homme, de même nature que tous les hommes, lequel s'élève par ses propres efforts au-dessus de tous les êtres. Nous avons vu les grands dieux et les dévas descendre en foule du ciel, pourvenirrendi'e leurs humbles hommages à Shakya et reconnaître ainsi sa supériorité; ils se débattent comme de simples mortels fort au-dessous du Bouddha dans les misères de l'existence. La religion de Shakya est le comble de l'impiété, et Shakya lui-même, cette figure si pure et si touchante, audiredeM. Barthélémy Sahit-
Hilaire, est un miracle d'orgueil. Nous ne voyons pas d'autre miracle dans tout ce qui le concerne, et, à moins de faire intervenir comme son auxiliaire le père de l'orgueil, il serait insensé de supposer qu'il ait pu s'élever au-dessus de la puissance ordinaire de notre nature.
La vérité n'a donc pas marqué son empreinte sur l'histoire des miracles du Bouddha, mais l'on y voit fortement gravée celle de la fiction. Nous croyons qu'il ne sera pas inutile de le constater.
iil. — L'imagination livrée à elle-même n'est capable que d'extravagance : ses mouvements pour être réguliers, ont besoin d'être réglés par l'intervention des facultés supérieures. Dans les œuvres qui portent plus particulièremont son nom, le frein dont elle a surtout besoin est cette faculté, inégalement répartie parmi les hommes, que nous appelons le goiU et que les Latins appelaient avec non moins de justesse lo, jugement. Un goût exquis et sûr est le privilège des grands poètes, c'est-à-dire, suivant la rigueur de l'expression, des maitres dans l'art des fictions. Mais, malgré cette ressource puissante, le poète iie parvient pas à faire complètement illusion : ce qu'il feint, il ne peut pas le faire passer pour le vrai, il ne produit que le vraisemblable. Leyrsiisembluhle, qui est le vrai seulementpossible, satisfait encore l'esprit. Que si le goût du poète n'est pas achevé, l'imagination conserve son indépendance dans la même mesure, et son œuvre présente un mélange de bon et de mauvais, de beau et de laid, d'harmonieux et d'extravagant. Le goût repose, au fond, sur la raison, et se règle sur des idées, d'où son nom latin. Lorsque les idées font défaut par rapport à un objet qu'il s'agit de peindre, l'homme de goût ne tente pas l'impossible, ne crée pas des idées; il use d'une sorte de stratagème : il choisit dans les idi'es qu'il possède les moins défectueuses, les moins éloignées de l'objet sans idée qu'il veut peindre, les mêle dans une sage proportion, leur donne de l'éclat, de la couleur
et une heureuse harmonie, en t'ait un tout auquel une seule chose semble manquer : l'action d'une puissance supérieure qui lui communique l'existence réelle. Son œuvre est au-dessous de la vérité, elle ne semble pas être hors de la nature ; bien que fausse, elle ne choque pas, elle plait même quelquefois, elle excite l'admiration, parce qu'elle coïncide avec les idées les plus belles qui sont dans tous les esprits. C'est ainsi que les dieux d*Homère et ceux de Virgile ont été inventés. Ils intéressent, quoique ni l'un ni l'autre des deux grands poètes n'ait eu sur la Divinité des idées vraies. Ces dieux ne sont pas dieux, ce sont des hommes, des hommes éminents entre les autres, mais non plus grands que nature. Ils rentrent dans les types les plus beaux de l'humanité, mais ces types sont vrais, réels et non inventés. Faux dieux, ils déplaisent; hommes vrais, ils plaisent, et, comme le faux dieu reste dans l'ombre, en somme le plaisir l'emporte.
Quand le goût fait défaut en môme temps que les idées vraies, l'imagination ne peut manquer d'imprimer son caractère propre à son œuvre et de la rendre facilement reconnaissable. Si elle invente des merveilles, tout entière au désir de frapper d'admiration, elle ne recule ni devant l'incohérent, ni devant Textravagant, ni devant le grotesque. Elle nous montre Shakya venant s'incarner en Maya, sa mère, sous forme d'un rayon aux couleurs variées, monté sur un éléphant blanc qui a six défenses. L'éléphant blanc est une rareté ; s'il a six défenses, c'est un monstre ; mais que dire s'il sert de monture à un' rayon de lumière ? De même s'apitoyer sur une créature qui soutfre de la faim est un sentiment honnête. On peut l'éprouver en présence d'un tigre, sans trop manquer aux conditions de la nature humaine. En est-il de même si le sentiment vous pousse à sacrifier un de vos menbres pour calmer les tiraillements d'estomac de la bête féroce, surtout si ce membre est votre tête?
On sait que, dans notre mémoire, une force mystérieuse réveille à chaque instant les images qui ont quelque rapport prochain avec une autre image actuellement dominante. L'imagination est incapable de faire un choix raisonnable au milieu de ces apparitions, elle accepte sans sourciller les plus saugrenues, pourvu qu'elles rentrent de quelque façon dans sa tendance du moment. Ainsi le tournoi entre les brahmanes et Shakya rappelle un assaut entre les amuseurs du peuple un jour de fête. Les éléments du miracle vont sortir de cette donnée, il n'y a plus qu'à exagérer ce qui se voit sur les places publiques. Les jouteurs doivent être aperçus de la foule, donc il faut un théâtre ; mais, comme l'étrange est ici né^.essaire, chacun des jouteurs aura le sien, et chaque théâtre aura cent mille coudées de face, de telle sorte que côte à côte ils auront ensemble une étendue de trois cent cinquante kilomètres 1 Le souvenir d'un spectacle de saltimbanque étant au fond de l'imagination du conteur, Shakya-mouni s'élève dans les airs comme un danseur de corde ; il se tient debout, se couche, s'assied, marche; seulement il n'y a pas de corde; en cela consiste le prodige. Mais voici que le lieu oii il exécute ses tours d'agilité rappelle la pluie et la lumière : Shakya fait jaillir de sa tête des torrents de pluie et de ses menbres inférieurs des flots de lumière.
N'est-ce pas encore un sorcier de foire qui produit par enchantement des lotus portant un Bouddha en guise de pistil? Ces fleurs étranges, grandes comme des roues de voiture, s'élèvent les unes au-dessus des autres jusqu'au ciel et se groupent autour de Shakya en rangs suffisamment épais pour porter une telle colonne : où étaient alors les spectateurs ? Les impossibilités sont toujours le moindre souci de l'imagination.
Ce qu'elle se propose dans la tête d'un conteur maladroit, c'est de représenter un spectacle, rien de plus. L'utilité, le but distinct est un objet propre de la raison ; il
ne faut pas espérer d'en trouver la trace, lorsque cette faculté sommeille. Aussi les miracles de Sliakya sont conçus de manière à satisfaire grossièrement les yeux, ils n'ont pas d'autre portée, quoique Shakya soit supposé les faire pour le bien des hommes. Y a-t-il autre chose qu'un spectacle, même assez burlesque, dans la pluie qui tombe de sa tête, dans la lumière qui jaillit de ses pieds, dans ces gros es fleurs de lotus qu'il multiplie d'une façon si prodigieuse au-dessus et autour de lui ? autre chose qu'un spectacle dans les cinq cents éléphants blancs, les cinq cents lions blancs, les filles des dragons et les dix mille vierges célestes qui entourent, au moment de la naissance du Bouddha, le palais de son père? De même, quelle raison peut expliquer les voyages et les stations du pot de Shakya pendant des périodes de onze cents ans? Pourquoi son cercueilsepromène-t-il d'une façon si bizarre au-dessus delà ville où vont être célébrées ses funérailles? Parmi tous les faits étranges attribués à lapuissance surnaturelle de Shakya, il en est bien peu dont l'on ne doive dire qu'ils étaient déraisonnables parce qu'ils n'avaient pas de but digne d'un être intelligent.
Le calcul est un opération qui demande l'intervention de la raison. L'imagination ne calcule pas ; elle prend un nombre tout fait, et le répète sans s'inquiéter des incohérences qui peuvent en résulter . M. François Lenormanl va même jusqu'à dire que l'usage des chiffres ronds est l'un des caractères distinctifs de la légende. Les conteur ; bouddhistes ont jeté leur dévolu sur le nombre cinq cent , on ne sait pourquoi ; mais ce nombre revient sans cesse. Qu'on se rappelle les cinq cents éléphants blancs, les c'in \ cents lions blancs, les cinq cents trésors, les cinq cents richis. Les mille et les cent mille reviennent aussi trè;. souvent. Nous venons de voir que le nombre onze cents a été plus spécialement consacré au célèbre pot du Bouddha.
C'est là un effet de la faibleese de l'imagmation . Un signe analogue se constate dans la répétition de certains fragments de tableaux, alors môme que la nature exige absolument la variété. Que tous les dieux descendent du ciel auprès de Shakya, qu'ils lui rendent hommage en tournant trois fois autour de lui de la même façon, cette étrange cérémonie dut prendre bien du temps et ennuyer bientôt les spectateurs, si toutefois ceux-ci purent voir quelque chose dans les profondeurs de cette foule innombrable de divinités; mais, après tout, c'était une cérémonie, un spectacle préparé où la répétition de mouvements convenus est encore à sa place. lien est autrement lorsque des hommes qui ne se sont pas même concertés, qui ne se sont pas même vus, se conduisent de la même sorte, jusque dans les moindres détails, redisant exactement les mêmes paroles. Or. dans les récits merveilleux que nous venons de rappeler et que nous avons dû abréger considérablement, les redites se multiplient au delà de toute mesure. Ainsi, par exemple, divers rois portent tour à tour à Shakya la provocation des brahmanes, et, sauf les noms de ces princes, leur démarche est racontée dans des termes parfaitement identiques. Ainsi encore, lorsque Shakya est sur le point d'entrer en lutte à Çravasti, plusieurs personnages viennent lui proposer de combattre à sa place; propositions, refus, mouvements, toui est pareil. On dirait de ces grossières images d'Épinal où le môme sujet se répète côte à côte plusieurs fois avec son épigraphe. Ceci est tellement propre aux livres sacrés du bouddhisme, que le traducteur européen, craignant avec raison de fatiguer ses lecteurs, emploie fréquemment cette formule : « le reste comme ci-dessus. » Mais qui l'ignore? l'hommeest ondoyant, animal varmm, d isaient les anciens; il a de la peine à être semblable à lui-môme : comment reproduirait-il identiquement dans ses actes et dans ses paroles, les actes et les paroles des autres, surtout
ne les connaissant pas ? La nature y répugne, et les récits où de pareilles coïncidences se renouvellent, sont nécessairement des fictions.
Nous pourrions pousser plus loin notre critique ; nous n'avons pas épuisé tous les signes de pure imagination imprimés sur l'histoire miraculeuse du Bouddha. Ce que nous venons de dire suffit amplement pour décider la question en pleine connaissance de cause. Quiconque n'est pas étranger à l'étude des facultés de l'esprit humain, reconnaîtra du premier coup dan s les récits du bouddhisme des inventions fantastiques. Cette vérité éclaterait bien plus vivement encore, si des prodiges prêtés maladroitement à Shakya, on rapprochait qnelques-uns des miracles de l'Évangile, par exemple, la guérison de l'aveugle-né, la résurrection de Lazare, la visite de Madeleine au tombeau du Sauveur, le voyage des deux disciples à Emmaûs. Est-il rien de plus vrai, de plus vivant, de plus humain que ces peintures? On peut défier le plus habile romancier du monde de serrer la nature de plus près. Ce sont en vérité comme des photographies écrites. Un seul trait échappe à la nature, et il le faut bien, sans quoi il n'y aurait pas de miracle, mais ce trait est enchâssé dans la nature et y rentre par ses effets.
Il n'y a donc qu'une étude très superficielle qui ait pu se permettre d'assimiler les miracles du Bouddha aux miracles de l'Evangile. Entre ces deux séries de faits, une seule chose est commune, le nom. La différence qui les sépare est celle qui sépare la fable dé l'histoire, et même l'impossible du réel : c'est bien quelque chose.
En résumé, les miracles du Bouddha, ceux que les incrédules frottés de science opposent avec le plus de confiance aux miracles du christianisme, ont deux graves défauts : ils sont métaphysiquement impossibles, ils n'ont qu'une réalité fantastique.
Les livres où les bonzes prétendent en conserver l'his-
toire n'offrent aucun moyen d'en vérifier l'authenticité, la chronologie ne pouvant y trouver de base sérieuse. Mais les preuves de la fausseté et de l'impossibilité de ces miracles y abondent. La principale de ces preuves est la doctrine même du Bouddha, laquelle est au fond l'athéisme et le nihilisme. Des miracles proprement dits opérés en faveur d'une telle doctrine seraient une monstruosité.
Le fantastique est le fait de l'imagination livrée à ellemême. Gomme les caractères de la raison sont connus, rien n'est plus facile que de constater quand elle abandonne l'imagination à sa faiblesse. La raison cherche dans les objets et reproduit dans les idéesrharmonie,la proportion, la logique; l'imagination s'ouvre volontiers aux incohérences les plus choquantes. La raison crée l'ordre dans ses conceptions ; l'imagination se laisse conduire par les images qui naissent en elle spontanément et dans la confusion. La raison dispose ses actes en vue d'une fin clairement marquée et vigoureusement poursuivie; l'imagination noie son activité dans le spectacle désordonné de ses représentations. La raison pèse, mesure, calcule; l'imagination a peur de ces opérations laborieuses : elle s'arrête aux premières quantités dont elle aperçoit une image. La raison diversifie ses conceptions conformément à la variété des modèles que présentent les objets réels; l'imagination, essentiellement paresseuse , s'épuise dans une première image et la reproduit sans scrupule et sans égard pour la vérité. Or, on Ta vu, le divorce entre l'imagination et la raison éclate presque dans chaque détail des miracles du Bouddha. Ce sont des inventions vraiment puériles, et nous demandons pardon à nos lecteurs, comme d'une injure, de les avoir tenus si longtemps sur un sujet si peu digne de leur raison.