PREFACE IX
« Les phénomènes d'hypnotisme et d'hystérie, disent-ils, sont purement naturels. Or les miracles se rangent parmi ces phénomènes ; qui le sait mieux que nous? qui peut le savoir hors de chez nous? Les miracles n'ont donc rien que de naturel, ne sont pas des miracles. » L'argument est presque en forme. Il n'est pas toujours présenté aussi franchement, mais c'est celui-là qu'on présente toujours.
L'un des chefs d'école les plus en vue écrivait récemment, à propos delà cessation subite d'une paralysie hystérique : « C'est là un exemple de guérison miraculeuse qui en explique beaucoup d'autres. Rien de mieux établi que ces faits dont, pour mon compte, j'ai été témoin plus d'une fois ^ » Que faut-il de plus pour démontrer invinciblement, aux yeux des simples, savants ou non, que les milliers de miracles consignés dans les annales de l'Église sont tout bonnement des résolutions dé névroses ? Nous avons rencontré la même affirmation, appuyée sur des preuves de même valeur, dans une foule d'ouvrages sortis de la Faculté. Du reste, il faut qu'on le sache bien, c'est ainsi que le miracle est toujours combattu : une assimilation dédaigneuse jetée en passant, et c'est tout.
Croirait-on que la discussion sérieuse n'a produit que deux pièces, nous devrions dire deux bagatelles ? Le professeur que nous venons de citer y renvoie :il n'apasd'autres autorités. La première est une toute petite brochure qui parut à Lyon, il y a une quinzaine d'années. Nous l'avons
1, Ce plus d'une fois àoil se traduire par trois foiSy car le savant cliaicieu écrit ailleurs : « J'ai vu, dans cet hospice, trois cas de ce genre ; » et aussitôt il en fait l'hi&toire en quelques mots. (Charcot, Leçons sur les maladies du ayslème ncrceux, 5- édition, t. I, p. 330.)