‹ Le miracle et ses contrefaçonsChapitre 41 sur 123 · Histor., \. IV · texte numérisé non relu

Histor., \. IV

146 f,p:s GONÏRKFAÇONS DU MIRACLE.

Soter qu'il dut cet avantage. Un beau jeune honnme, tout resplendissant de lumière, s'étant montré à Ptolémée pendant son sommeil, lui enjoignit de faire venir du Pont son simulacre. Ce prince, se croyant l'objet d'une communication divine, envoya des messagers à Sinope afin d'exécuter l'ordre du dieu. Après maintes aventures où le merveilleux eut sa part, les messagers rapportèrent une statue qui représentait on n'a jamais su quel personnage. Tacite dit qu'on hésitait entre Esculape, Osiris, Jupiter et Pluton. Ptolémée plaça son dieu inconnu dans un temple dédié depuis longtemps à Sérapis et à Isis, et bientôt le premier titulaire du temple détourna à son profit des honneurs qui semblaient n'être dus qu'à la statue apportée de Sinope. Au bout de quelque temps, l'on ne parla plus que des guérisons de Sérapis ; c'est ce dieu égyptien que l'on invoquait, qui guérissait^ et on lui éleva, pour ce motif, des sanctuaires dans les diverses parties de la Grèce et même à Rome. Substitué au Dieu de Sinope, Sérapis ne fit pas moins de m".racles qu'Esculape et les fit de la même manière. C'est pour cela que nous n'avons pas cru devoir séparer ces deux noms dans notre étude.

Les guérisons que l'on attribuait à Esculape et à Sérapis s'obtenaient toutes par un même procédé: les malades consultaient le dieu dans son temple; celui-ci indiquait un remède en songe; la guérison venait après l'application du remède.

Les œuvres des anciens poètes offrent des détails précieux sur les coutumes de leurs temps. Virgile * nous apprend quels rites on suivait pour obtenir les avis des dieux, lorsqu'il nous représente Latinus consultant la

Page 1