‹ Le miracle et ses contrefaçonsChapitre 42 sur 123 · Enéide^ vu · texte numérisé non relu

Enéide^ vu

LES MIRACLF.S DESGULAPE ET DE SERAPIS. 147

Sibylle de Tibur. Lb prêtre, après avoir offert à la divinité des présents et immolé des brebis, se couchait et s'endormait sur les peaux des victimes, attendant l'effet de ses supplications. Au milieu de la nuit, toutes sortes d'apparitions venaient voltiger autour de lui ; il entendait des voix, s'entretenait avec les dieux et se trouvait en rapport avec les divinités infernales. Souvent, ce n'était pas le prêtre, c'était le client lui-même qui dormait sur les peaux sacrées et qui recevait les communications du dieu. Ainsi, Lati.nus immole cent brebis et puis, endormi sur leurs toisons, il entre en conversation avec le dieu Faunus. C'était exactement au moyen des mêmes cérémonies que les malades obtenaient, pendant leur sommeil, des consultations médicales. Il ne parait pas toutefois que l'immolation des brebis fût indispensable. Strabon * constate que Sérapis n'avait cet honneur que dans le Nôme de Nitrie, Le malade non plus n'était pas obligé de venir en personne dormir dans le temple ; il pouvait déléguer un mandataire, qui avait ensuite des visions pour lui. Les écrits d'Aristide, dont il sera question plus loin, donnent aussi lieu de penset* qu'après une consultation en règle dans l'enceinte Sacrée, le malade était visité chez lui par des songes divins.

Ce serait se tromper que d'attribuer aux gens du peuple seulement une véritable confiance au pouvoir d'Esculape et de Sérapis. Strabon, à l'endroit même que nous venons de citer, écrit cette phrase remarquable : « Ganope possède un temple de Sérapis, que l'on vénère pour sa grande sainteté, et qui opère des guérisons de telle sorte que les hommes les plus distingués (ÈXkzyv^.biq-zôcTô'jç) croient aux réponses que l'on y reçoit pendant le sommeil, et ont soin d'en recueillir le bénéfice par eux-mêmes ou par d'autres. » Le géographe ajoute que ce même temple de Ganope était

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