XVII, I
très fréquenté et que l'on s'y rendait, par troupes, d'Alexandrie, en chantant et en dansant ; c'était, au motif près, des pardons de Bretagne, ou du moins des kermesses flamandes. Des registres, dit encore Strabon, contenaient les remèdes prescrits par Sérapis et les effets qu'ils avaient produits.
A Épidaure, les choses ne se passaient pas d'une autre manière. « Esculape, dit Pausanias\ a un bois sacré. Il est fermé par une enceinte, l'on prend soin que personne n'y meure, et que personne n'y vienne au monde. La statue d'Esculape est d'ivoire et d'or. Il est assis sur un trône, tenant un bâton d'une main et appuyant l'autre sur la tête du serpent ; un chien est couché à ses pieds. C'est audessus du temple que dorment les suppliants du dieu. Depuis longtemps, des stèles ont été érigées à l'intérieur ; nombreuses autrefois, il en reste encore six aujourd'hui. Là, sont gravés les noms des hommes et des femmes guéris par Esculape, et de plus la maladie de chacun avec son traitement. » Sur une stèle à part, il était dit qu'Hippolyte avait offert vingt chevaux à Esculape. Pausanias ajoute que, suivant une tradition qui avait cours parmi les habitants d'Aricie, dans le Latium, ces chevaux étaient le témoignage de la reconnaissance d'Hippolyte envers Esculape qui l'avait ressuscité. Ce point est à noter parce que des écrivains modernes attribuent, sans rire, à ce dieu la gloire d'avoir opéré des résurrections. Les tablettes du temple d'Épidaure sont dignes d'attention à un autre point de vue. Il est infiniment probable qu'elles ont éfé le point de départ de la méthode en thérapeutique. Hippocrate le père de la médecine humaine, était de Cos, Asclépiade luimême, c'est-à-dire membre d'une famille qui prétendait descendre d'Esculape et avoir hérité de son art. Il put étudier à loisir ks tablettes du temple de Cos où il passa