L. II, c. XXXII
ses premières années. Tout n'est pas dépourvu de vérité dans ses paroles de Philostrate * : « Jamais les savants fils d'Esculape n'auraient connu l'art de guérir, si Esculape lui-même, fils d'Appollon, n'eût, d'après les oracles et les prédictions de son père, composé et transmis à ses enfants les remèdes appropriés à chaque maladie. »
Mais il est temps d'en venir aux faits particuliers. Voici d'abord la traduction de quatre inscriptions gravées, en grec, sur une plaque de marbre qui a été trouvée dans l'Ile même du Tibre ou Esculape avait un temple. C'est, suivant toutes les probabilités, un fragment de ces tablettes où les malades marquaient le souvenir de leur guérison et des remèdes indiqués par le dieu. Nous les avons prises dans le Supplément au Trésor des Antiquités grecques et romaines, par Jean Polenus, au tome m, page 462.
1° « Ces jours-ci, à un certain Caïus, aveugle, il a été dit par oracle, d'aller sur le marchepied sacré et d'adorer, puis d'aller du côté droit au cô'é gauche, et de placer les cinq doigts sur l'autel, et de lever la main et de l'appliquer sur ses propres yeux ; et il a vu de nouveau régulièrement, le peuple étant présent et se félicitant avec lui que de telles vertus arriA^assent sous notre Auguste Antonin. »
2° « A Lucius, qui était pleurétique et dont tout homme désespérait, le dieu a rendu cet oracle : d'aller et de prendre de la cendre de son autel et de la mêler avec du vin, et de l'appliquer sur le côté; et il a recouvré la santé, et il a publiquement rendu grâce au dieu, et le peuple Ta félicité.»
3° « A Julius, qui répandait du sang et dont tout homme désespérait, le dieu a rendu cet oracle : d'aller et de prendre des cendres de son autel, et d'en manger avec du miel pendant trois jours ; et il a recouvré la santé, et étant venu publiquement, il a rendu grâce devant le peuple. »