‹ Le miracle et ses contrefaçonsChapitre 48 sur 123 · Die. sacr. IL · texte numérisé non relu

Die. sacr. IL

Les incrédules eux-mêmes n'hésitent pas à les admettre, car ils ne les rencontrent pas dans la Bible ; du reste, ils se flattent d'en profiter pour faire pièce aux miracles de l'Évangile. Et n'ont-ils pas une explication toute prête pour dépouiller ces prodiges de tout caractère surhumain ? pour les réduire à la portée du rationalisme? Cette explication triviale à force de servir, c'est le pouvoir de l'imagination. Écoutons à ce sujet, M. A. Maury, cet écrivain encyclopédique, qui se fait volontiers l'écho de ce qu'on appelle la science contemporaine. « Bien des personnes étrangères à la médecine, dit-iP, ignorent encore que l'on a recueilli un assez grand nombre d'exemples de cures qui n'ont été opérées que par le seul fait de la conviction où était le malade qu'il allait être guéri. Ces guérisons ne sont pas seulement l'effet des paroles prononcées par de saints personnages, de l'imposition des mains entourée d'un certain cérémonial religieux : elles ont été dues encore à l'emploi d'onctions, de talismans, d'amulettes, de charmes, dépourvus eux-mêmes de toute vertu médicale, mais qui en empruntaient une de l'influence qu'ils exerçaient sur l'imagination des malades. Des personnages païens, des hérétiques, ont opéré des guérisons de la sorte. Pyrrhus, l'empereur Adrien, Vespasien guérirent des malades par des attouchements. »

Nous sommes fort loin de refuser à l'imagination une action vraiment étonnante sur le système nerveux, laquelle lui permet d'opérer quelquefois des espèces de prodiges. Nous faisons même la part très large à l'influence médicatrice de cette faculté. Mais nous nous gardons bien de croire qu'une assertion générale comme celle de M. A. Maury, qui est celle de beaucoup de médecins, répond à tout. L'on s'expose aux plus désagréables surprises lorsqu'on descend de ces principes promulgués d'autorité pri-

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