‹ Le miracle et ses contrefaçonsChapitre 57 sur 123 · Liv.XVl · texte numérisé non relu

Liv.XVl

a. ÂUic. 42.

un volumft d'eau aussi considérable que le Marsyas et le Méandre à leur confluent. Ils allèrent encore plus loin, après avoir adressé des prières aux Dieux.

« ... A environ cinquante stades, ils entendirent une autre cataracte ; mais celle-ci faisait un bruit qui n'était pas supportable : l'eau tombait de montagnes plus élevées et en un volume double de la précédente. Damis dit qu'il fut, ainsi qu'un autre des voyageurs, tellement assourdi, qu'il revint sur ses pas et pria Apollonius de ne pas pousser plus loin ; mais Apollonius, sans se déconcerter, s'avança vers la troisième cataracte. A son retour il rapporta ce qui suit : Au dessus du Nil, s'élèvent en cet endroit des pics de huit stades au plus; en face, la rive est formée d'un rocher découpé d'une manière impossible à décrire; les eaux viennent s'y briser en tombant des montagnes, d'où elles roulent dans le Nil, bouillonnantes et toutes blanches. Ce que l'on éprouve en présence de cette nappe d'eau, qui est bien plus considérable que la précédente, le bruit qu'elle produit et que les montagnes répercutent, tout cela fait qu'on ne peut qu'avec peine contempler cette chute \ » Nous ne voulons pas faire remarquer ce que ce récit renferme d'extravagant à un point de vue général. Contentons-nous de rapporter le témoignage d'un savant contemporain qui a réellement observé de ses yeux les fameuses cataractes.

« Sur les deux rives du fleuve, écrit Ghampollion, s'élèvent les deux culées d'une montagne tranversale que son cours a coupé presque à pic pour y former son lit; ce lit est inégal, parsemé de pics plus ou moins élevés plus ou moins rapprochés, formant des écueils, dont quelquesuns sont de grandes iles. Ces pics s'élèvent au-dessus des eaux et barrent le Nil dans tous les sens. Arrêté contre ces obstacles, le fleuve se refoule, se relève et les franchit;

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