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Divin, Instit. IX

LES MIRACLf:S D'APOLLONIUS DE TYANE. 195

sance magique; rien n'est mieux établi que cette réputation.

Qu'était-ce donc que la magie aux yeux des anciens? Apollonius va nous l'apprendre lui-même. Ayant à se purger de ce crime devant Domitien, il a dû naturellement en rappeler l'idée. Or, son discours nous apprend d'abord que la magie est l'art de forcer les puissances infernales à faire la volonté de l'iiommej et que ses opérations consistent surtout à tromper au moyen d'apparences dépourvues de réalité, ce quf^ nous appeloiis d'un seul mot : des prestiges. « Si Vespasien, disait Apollonius, m'avait cru magicien, il m'aurait dit : Force les Parques et Jupiter de me déclarer empereur, de produire pour moi des signes trompeurs, par exemple, de mofttrer le soleil se levant à roccident et se couchant à l'orient. » Et plus bas : « Les magi iens sont pour moi de faux sages; car faire croire ce qui n'est pas et faire douter de ce qui est, tout cela je l'atiribue à la crédulité de ceux qu'ils trompent. » L'intervention des dieux infernaux, c'est-à-dire des démons est marquée un peu plus loin. « Quel est le magicien qui invoquerait Hercule? Les misérables de cette espèce aiment mieux attribuer les événements à leurs fosses et aux dieux infernaux. » Les fosses creusées étaient, avec d'autres cérémonies, un moyen d'évoquer les démons.

Pour préparer leurs sortilèges, les magiciens recherchaient la nuit, la solitude et le mystère. Cette précaution avait surtout pour raison de cacher des crimes atroces. Car ces malfaiteurs ne se contentaient pas de faire naître des illusions, des hallucinations dans les yeux des personnes faibles ; ils prétendaierit lire l'avenir, et, pour s'en rendre capables, ils ofiraiënt aux démons des sacrifices infâmes. « Les magiciens, dit Philostrate, et je les tiens pour les derniers dès hommes, se vantent de changer les destins, les ims en faisant violence à des idoles, d'autres par des sacrifices barbares, d'autres par des enchantements

OU des onguents. C'est l'art que plusieurs d'entre eux ont déclaré posséder lorsqu'ils étaient devant les tribunaux. » Voilà pourquoi Apollonius, accusé d'avoir conspiré avec Nerva, doit se défendre d'avoir coupé en morceaux un enfant, pendant la nuit, lorsque la lune était en décroissance, afin de forcer la Parque de rouler l'empire dans le fuseau de la destinée de Nerva. En résumé, la magie opérait ou semblait opérer des effets merveilleux, en se mettant en rapport avec le démon par des moyens criminels. C'est ainsi que les anciens la comprenaient, et c'est pour cela qu'ils la soumirent aux châtiments les plus sévères.

Chose curieuse! Apollonius se défend en maintes circonstances d'être magicien, et il fournit lui-même les arguments qui prouven^qu'il remplit les conditions de cette profession coupable suivant sa propre doctrine. Nous n'avons que l'embarras du choix. An moment où, sur l'ordre de Domitien, il était chargé de liens, Apollonius dit à l'officier de l'empereur : « Si tu me crois magicien, comment pourras-tu me lier? et si tu me lies, comment dis-tu que je suis magicien ? » Ainsi, d'après Apollonius, un magicien ne peut être enchaîné, ou du moins, s'il se laisse faire, il se débarrassera de ses chaînes et il s'échappera, quand il le jugera bon. Or Damis étant venu voir son maître dans sa prison, lui fit cette question : « Quand serez-vous libre? Apollonius répondit : — De par la volonté du juge, aujourd'hui : de par la mienne, àl'instant. » Et, ce disant, il tira l'une de ses jambes des entraves où elle était prise, puis il ajouta : « Ceci pour te prouver que je suis libre ; sois donc tranquille. » Après quoi, il se remit dans les ceps. Ce n'est pas tout; trois jours après, Apollonius est amené devant Domitien, qui lui fait subir un interrogatoire insigniliant, l'absout et l'invite à un entretien privé. Apollonius refuse cet honneur pour éviter les embûches de ses ennemis qui entourent l'empereur, et il met Domitien au défi de se saisir de sa personne. En effet, il disparut à

l'instant, laissant l'empereur et la cour dans la stupeur. Ceci se passait avant midi ; le même jour, le soleil n'était pas couché qu'il rejoignait Damis et un autre disciple dans les environs de Pouzzole, à cinquante lieues de Rome.

Eusèbe fait, au sujet de l'anecdote des entraves, une réflexion qui vient ici fort à propos. Il rappelle d'abord ces paroles de Philostrate : « Alors, pour la première fois, Damis déclare qu'il reconnut clairement que la nature d'Apollonius était divine et supérieure à celle de l'homme. En effet, sans offrir de sacrifice, sans se servir de prières, sans parole aucune, il s'était moqué des entraves, puis il avait remis sa jambe et se comportait en tout comme s'il avait été vraiment enchaîné. » De là Eusèbe conclut que les merveilles opérées précédemment par Apollonius sous les yeux de Damis étaient magiques. En effet, Damis, luimême le constate dans ses Mémoires, en avait vu un très grand nombre ; mais aujourd'hui, pour la première fois, il reconnaît la nature supérieure de son maître à ce signe qu'il a opéré un prodige sans avoir recours aux procédés des magiciens, qui sont les sacrifices, les invocations et les enchantements. Donc ces procédés avaient été employés précédemment par Apollonius, sans quoi Damis n'aurait pas attendu jusqu'à la très médiocre merveille des entraves pour reconnaître la nature divine d'Apollonius.

Philostrate ne s'inquiète nulle part de montrer que les merveilles opérées par Apollonius diffèrent de celles des magiciens; il conviendrait volontiers que, à ce point de vue, l'identité est parfaite. Son unique souci est de persuader que les procédés étaient tout autres. D'après lui, Apollonius aurait conquis son pouvoir merveilleux au moyen de la philosophie pythagoricienne et de ses pratiques du silence, de l'abstinence de la chair, de l'usage des vêtements de toile, et le reste. Ce pouvoir, il se Tétait pour ainsi dire incarné; c'était sa chose, c'était lui-même : il était par là devenu le maître direct de la nature. Le magicien est loin

d'avoir un empire de cette sorte ; il est obligé de recourir à Finterventioii d'aî?ents extérieurs au monde, des puissances infernales, et il ne l'obtient qu'en exerçant une sorte de violence sur ses auxiliaires : delà, les sacrifices, les invocations, les enciiantements. Telle est la thèse de Pliilostrate ; malheureusement, il n'a pas su l'établir. Quand Apollonius fait quelque prodipje, presque toujours, suivant son biographe, il prononce à demi-voix des mots inintelligibles : n'étaient-ce point ces formules d'invocation efc d'enchantement que répétait alors le préteqdu thaumarturge? Quand aux sacrifices infâmes. Philostrate nous ayant prévenus qu'ils étaient toujours accomplis dans le plus profond mystère, s'est par cela même retiré le droit de disculper Apollonius de ce chef. Il a donc succombé sous la tâche qu^il s'était imposée.

De nos jours, l'on croit peu à la magie, l'on ose à peine s'en occuper au point de vue de l'histoire ou de la philosophie, de crainte de passer pour un esprit faible en traitant sérieusement des extravagances. Quand ce sujet se présente au courant de la plume. Ton en rit et l'on s'en moque. Cependant les plus intrépides rieurs du monde ne prouveront jamais que la magie soit une chose impossible dans la réalité, qu'un homme pervers ne puisse se mettre en rapport avec Tesprit du mal pour opérer des choses étranges. Quant à nous, chrétiens, l'autorité des Saints Livres ne nous permet pas d'hésiter sur ce point ; car il est parlé plusieurs fois des magiciens, comme, par exemple, dans TExode, oii Moïse confond les 'magiciens de Pharaon, et dans les Actes des Apôtres, où Simon le magicien, le père des simoniaques, est maudit avec son argent.

Pour Apollonius de Tyane en particulier, ses contradictions, la faiblesse de son apologie, l'impuissance de son panégyriste, le genre de réputation qui a longtemps entouré son nom, tout concourt à rendre très probable l'opinion qui le considère comme un véritable magicien. De

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nos jours, il aurait été un GaT;lio.tro ou un Mesiner, p-^utêtre un Allan Kirdec. Nous avouons que nous incluons vers cette manière de penser. Toujours esl-il qu'en introduisant cette donnée dans le problème historique de sa vie, on le résout avec la plus grande facilité.

Tout n'est pas vrai, tout n'est pas faux daus la vie du magicien ; c'est un mélange de faits orlinai es, de mensonges, de prestiges et de faits étranges, revêtant une apparence générale qui donne à l'ensemble une sorte de caractère surnaturel. Un compère n'est pas in lispensable, mais il est fort utile. Si celui-ci est crélide, impressionnable et sot, il sera on ne peut mieuK préparé pour son rôle. Tel fut Darais pour Apollonius. Philost;-ate le consi 1ère comme un secrétaire, comme un historien filèl\ Philostrate n'a pas absolument tort ; Damis couche par écrit ce dont, par bonne foi, il croit avoir été le témoin. Mais, grâce aux secrets de son art, Apollonius lui a fait prendre pour des choses réelles les fantômes de son imagination.il était comme un « excellent sujet » entre les mains d'un (( habile magnétiseur », et il a cousu en une seule pièce ce qu'il a vu « dans son état de veille » à ce qu'il a vu « dans son état de sommeil. »

Sur ces données, nous rangerions volontiers le voyage des Indes et le voyage en Ethiopie parmi ces voyages imaginaires dont les « magnétisés » présentent un si grand nombre d'exemples. ïarchas et ses Brahamanes, ses trépieds et ses nègres d'airain, la visite des Gymnosophistes, l'orme parlant et le satyre enivré, n'ont jamais eu d'existence sinon dans le cerveau surexcité, enchanté peut-être, du pauvre Damis. Nous soupçonnons cependant Philostrate d'avoir mêlé, au prétendu récit de Damis, certains contes qui couraient parmi le peuple au sujetde l'Inde et de l'ilithiopie et que, par défaut total decritique, iltenaitpourvrais. Gomme il avoue avoir puisé à plusieurs sources, l'on est en droit de penser qu'il n'aura pas négligé les sources populaires. -

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Le concours de Damis n'était pas même nécessaire pour l'apparition d'Achille. Apollonius raconte ce qu'il a vu tout seul, c'est-à-dire ce qu'il lui plaît de raconter. Rien n'est aussi peu sur qu'un tel témoignage. Le récit du thaumaturge est évidemment une fable qui ne ferait pas honneur au plus médiocre romancier.

La peste d'Éphèse doit être jugée d'autre sorte. La statue d'Hercule, qui fut érigée dans cette ville en souvenir de sa délivrance et que l'on y voyait encore du temps de Philostrate, prouve qu'il s'agit ici d'un événement historique pour le fond. Mais toutes les circonstances de ce fait, comme elles sont rapportées par le biographe, ne méritent pas un égal crédit. Le transport instantané d'Apollonius de Smyrne à Éphèse, l'apparition et l'exécution de la peste sous les traits d'un mendiant qui se transforme en chien, l'annonce même de la cessation du fléau, ne sauraient s'expliquer, supposé qu'il y ait là quelque vérité, par des moyens naturels. Pour nous, le transport nous parait être une fable, le vieillard lapidé une hallucination de Damis, et la prophétie l'effet d'une communication de l'autre monde.

Quant à ce dernier point, il semble certain qu'Apollonius reçut des informations d'une source suspecte.

Nous avonsrapporté, d'après Philostrate, comment Apollonius connut à Éphèse, oii il se trouvait, l'assasinat de Domitien le jour même où ce crime était commis à Rome. Le fait présente des garanties d'authenticité. DionCassius, contemporain de Philostrate, le raconte en des termes qui supposent des documents tout autres que ceux dont s'est servi le biographe d'Apollonius. « Apollonius de Tyane, dit l'historien, comme on l'a su dans la suite de ceux qui se trouvaient dans les deux endroits, au même jour et à la même heure qu'on tuait Domitien, monta, soit à Éphèse, soit ailleurs, sur une pierre élevée ; et ayant assemblé beaucoup de monde, il s'écria : « Fort bien, Etienne l Etienne, «courage! Frappe ce meurtrier. Tu l'asfi'appé, tu l'as blessé,

« tu l'as tué ! » Quoique bien des gens trouvent la chose incroyable, cependant c'est un fait ! La vue à distance à travers les obstacles est impossible pour les yeux de l'homme, mais elle n'est pas impossible pour le magicien, en ce sens qu'un autre voit pour lui et le fait parler comme s'il voyait. Ce que l'on raconte de la double vue des somnanbules ou bien est un conte, ou bien suppose une intervention de quelque agent d'une nature supérieure à celle de l'homme. Ce fut, pensons-nous, le cas de la double vue d'j\pollonius à Éphèse, et c'est ainsi que s'expliquent les nombreuses prédictions dont son histoire est remplie.

Du reste, il importe de le remarquer, dans presque tous les miracles d'Apollonius, les divinités infernales, comme disaient les anciens, interviennent d'une façon ou de l'autre. Les exemples que nous avons rapportés en font foi. Ceux que nous avons passés sous silence offrent presque tous le même caractère. On y voit une empuse qui, sous les traits d'une femme, abuse du philosophe Ménippe ; un lion habité par l'àme d'Amasis, roi d'Egypte ; un enfant mordu par un chien, parce qu'il est possédé par l'àme de Télèplie l'Abyssin, qui est voué au malheur.

La délivrance du jeune Athénien, rapprochée d'un passage de l'Évangile, crée une difficulté au'il importe de résoudre. Notre Seigneur semble dire (S. Luc, XI) que les démons ne sont pas chassés au nom du prince des démons. Apollonius aurait donc prouvé qu'il n'était pas magicien par cela seul qu'il a délivré le démoniaque d'Athènes. Mais l'interprétation des paroles de Notre Seigneur à laquelle nous avons fait allusion n'est pas exacte. Accusé par les pharisiens d'être l'instrument de Belzébub, il s'en défend par ce principe qu' « un royaume divisé en lui-même ne saurait subsister, » et non en disant qu'un démon ne peut être chassé par un autre démon. Ce n'est pas un acte en particulier qui divise un royaume, quoiqu'il semble en contredire la politique. Les oppositions de détail peuvent

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n'être qu'apparentes et reatrer parfaitement dans les desseins du prince. Ce n'est point par quelques expulsions de démons inférieurs que le royaume de Satan sera ébranlé, il peut se faire qu'il en soit même consolidé. Mais Notre Seigneur attaque les puissances infernales de tous les côtés à la fois, il porte ses coups au cœur de leur empire : une observation même superficielle de sa vie suifit pour en convaincre. Donc, c'est le comble de l'absurdité de l'accuser de faire des miracles au nom et par la vertu de Salan ; car c'est supposer que Satan lui-même travaille à sa ruine totale. Ce n'est point le cas d'Apollonius, car ce malheureux emploie toute sa vie à purifier, comme il dit, les rites des sacrifices, c'est-à-dire à promouvoir le culte des faux dieux, à faire la besogne de l'enfer. L'expulsion du démon qui lui est attribuée, si ce n'est pas un conte, n'a été opérée que par la vertue de quelque prince des démons, in principe dœmoniorum.

Cette intervention des esprits du mal ne se remarque pas dans l'événement qui passe pour le plus grand des miracles d'Apollonius. Nous voulons parler de la résurrection de la jeune fille, pendant ses funérailles. Mais ce miracle est à peine un fait merveilleux. La pluie, dont quelques gouttes se convertirent en vapeur lorsqu'elle tomba sur le visage de la prétendue morte, prouve que la chaleur vitale, que la vie n'avait pas disparu. La jeune fille était en léthargie; l'historien lui-même l'affirme implicitement : il ne dit pas qu'elle était morte, mais qu'elle paraissait morte. Apollonius eut le mérite de le reconnaître et peut-être celui de prévenir un grand malheur. Eut-il recours à quelque moyen occulte pour faire cesser une crise dangereuse ? c'est possible, mais rien ne nous oblige de le croire. J

Arrêtons-nous. Ce que nous avons dit doit suffire et au-1 delà pour faire apprécier la légèreté d'esprit de ceux qui opposent, avec sérieux, à Jésus-Christ, Apollonius de Tyanc, Ce personnage, qui serait oublié depuis longtemps, si Tim-

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piété n'avait taché de s'en faire une arme, fut un magicien ou un fourbe. Notre travail conduit logiquement et rigoureusement à cette conclusion. Si, par respect humain, l'on reculait devant un aveu de magie, l'on encourrait alors une obligation qu'il serait bien difficile de remplir : l'on devrait trouver le moyen de concilier la fable qui, dans ce cas, composerait toute la vie d'Apollonius, avec la sincérité manifeste de Philostrate, et avec la sincérité forcée, jusqu'à un certainpoint deDamis ; l'on devrait expliquer la réputation plus que suspecte laissée par cet aventurier après sa mort et le culte qui lui fut rendu dans beaucoup de villes comme à un personnage divin ; l'on devrait de même donner une raison plausible des témoignages enthousiastes que lui ont rendus Dion GassiuSj Eunape et d'autres écrivains sérieux. C'est une tâche, nous avons la simplicité de le croire, sous laquelle on succombera nécessairement, si l'on n'a d'autre ressource que l'hypothèse de la fourberie.

Du reste, répétons-le, il importe à l'historien de savoir au juste ce que fut dans l'histoire un personnage historique ; maisjlecontroversiste n'apas besoin des'attarderàces discussions d'un intérêt très relatif. Il vous plaît de dire qu'Apollonius fut un feurbe. Fort bien, nous ne demandons rien de plus. Ses miracles sont des contes, et par conséquent n'ont plus aucune valeur. Que l'on ne parle pas du philosophe. Son manteau de toile était un manteau: il annonçait, mais ne couvrait pas un philosophe. Jamais homme ne fut moins digne de ce nom. Il est impossible de déterrer, dans les pauvretés qu'il débite avec une verve intarissable, le moindre aperçu sur les grandes questions qui font l'objet de la philosophie. Avec unecrudité de langage que l'on ne supporterait plus aujourd'hui, Eusèbe compare Apollonius jouant au Pythagoricien, à l'àne couvert de la peau du lion. Rien n'est moins redoutable à la vérité. Si les incrédules continuent à s'y laisser prendre, ils nous feront rire, mais ne nous feront pas peur.

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