PREFACE XI
donné Tapparence surnaturelle. Je pense que la démonstration est définitive; mais, comme la philosophie dont je suis le disciple ne reconnaît rien d'absolu, elle ignore si les lois naturelles recevront jamais un démenti. Pour le moment présent, elle est sûre qu'elles n'en ont point reçu. Les miracles sont comme les faits de magnétisme animal, de tables tournantes ; ils ne prennent naissance que dans un milieu qui y croit d'avance. Je ne doute pas qu'en certaines circonstances données, très limitées d'ailleurs, il ne se fasse à Lourdes des guérisons effectives, comme il s'en faisait chez le zouave Jacob. Je n'ai jamais recommandé le zouave, je ne recommanderai pas davantage les eaux de Lourdes *, »
C'était tout. De la sourde-muette, pas un mot. La lettre du savant incrédule, bizarre, embrouillée, pleine de contradictions, offre du moins un exemple naïf, spontané, des procédés en usage parmi les libres penseurs, quand ils sont mis en présence des miracles. Ils mêlent tout, afin de condamner tout en bloc.
On voit que M. Littré partageait encore le préjugé des anciens médecins au sujet du magnétisme. Peut-être, s'il eût vécu plus longtemps, la leçon que la Faculté vient de s'infliger à elle-même l'aurait-elle rendu plus réservé : il aurait compris qu'après avoir eu le malheur avoué de se tromper aussi lourdemen t, l'assurance en ses propres lumières sied beaucoup moins que la modestie.
M. Littré, médecin, parle comme les médecins ; mais il