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cette agglomération de sectes. Dès les premiers jours de la réforme, le fanatisme s'était donné libre carrière parmi les Anabaptistes. On sait que ces hérétiques formaient des bandes nombreuses qui ravagèrent l'Allemagne et qui tinrent en échec les armées de l'empire germanique. Pour soulever les foules, Storck, Muncer et les autres chefs de la révolte prétendaient obéir aux ordres du ciel, qu'ils recevaient par des révélations directes. Il n'est pas douteux que les prophètes se croyaient tous les premiers, étaient l'objet de communications célestes : bien des faits ne permettent pas de penser autrement. Pour n'en cit^r que deux, rappelons l'acte insensé de ce malheureux qui détermina son frère à se laisser couper la tête, afin de renouveler ainsi le sacrifice d'Abraham qui lui était ordonné par une vision ; mais l'ange ne parut pas, et la tête fut réellement coupée dans une réunion de parents et d'amis, tout joyeux d'un si grand honneur. Rappelons aussi l'aventure du fanatique de Fulde qui promit de marcher sur l'eau. Le peuple accourut pour être, témoin du spectacle, et le thaumaturge se noya tenant dans les bras un petit enfant que sa mère lui avait confié afin de lui donner part au miracle. L'histoire ne nous a pas transmis ces merveilles avec des détails qui en permettent l'examen circonstancié. On ne peut que les apprécier en bloc. Luther lui-même les a très exactement jugés dans sa lettre aux Anabaptistes. « Ne me dites point, écrit l'hérésiarque, que des révélations particulières vous autorisent. Hé! comment le Seigneur pQurrait-il confirmer par des prodiges, le larcin, le meurtre, le brigandaL et l'usurpation du droit des magistrats * ? » Luther avait raison, mais il ne prévoyait pas qu'il condamnait à Tavance d'autres fanatiques qui le regarderaient comme l'un de leurs patriarches.