SECTION II
L'extase des mystiques,
Nous l'avons déjà fait remarquer, la plupart des médecins classent aujourd'hui les mystiques parmi leurs hystériques ^ C'est une usurpation, et Topinion qui en est le
1. « Bien des saintes et des bienheureuses n'étaient autre cliose que de simples hystériques. Qu'on relise les détails de la vie d'Elisabeth de Honarie, en i207 ; de sainte Gertrude, de sainte Brigitte, de sainte Catherine de Sienne, en 1347 ; de Jeanne d'Arc, de
prétexte, est fort dangereuse au point de vue religieux. Nous pensons que cette manière de voir n'a, au fond, d'autre raison que l'esprit d'incrédulité qui souffle d'une manière si déplorable et si peu scientifique dans les régions de la science. Car on ne peut s'expliquer autrement que des hommes graves établissent des conclusions sérieuses sur des observations superficielles.
L'extase des mystiques (nous ne parlons ici que de ceux que l'Église approuve) est un phénomène à double face, si l'on peut ainsi dire ; elle est intérieure et extérieure. En d'autres termes, elle s'accomplit au dedans de l'àme, et elle est accompagnée de certains ettets dont le corps est le sujet, de phénomènes sensibles. C'est précisément à cause de ces efTets extérieurs que l'on confond l'extase avec la crise hystérique. Nous allons voir que, même à ce point de vue, l'assimilation n'est vraiment pas fondée.