Encyclop. Didot, art. Extase
3o8 LES CONTREFAÇONS DU MIRACLE.
tien dans un organisme, ne peut avoir 1 jeu sans que l'exercice d'autres fonctions, dans le même orejanisme, soit parallèlement affaibli et même paralysé. C'est une loi dont la vérification est journalière. Une diprestion laborieuse empêche le travail intellectuel, et Tappli^ation soutenue de l'intelligence empêche le jeu de l'estomac. La somme de forces dont dispose un organisme vivant, est mathématiquement limitée : si donc la dépense augmente en un point, il faut qu'elle diminue dans les autres; de même, par exemple, qu'on n'augmente pas l'éclairage, au moyen d'une même quantité de gaz, en un lieu spécial, dans un palais, sur une place publique, sans diminuer proportionnellement 1^ lumière dans le reste de la ville. Il ne faut pas s'y méprendre : dans ses opérations même les plus intellectuelles, les plus dégagées des sens, l'àme use encore du ministère de l'organisme et ne peut naturellement s'en dispenser, ce qui la soumet à la loi de la dépense et de l'équilibre des forces mécaniques. L'insensibilité et la paralys'e accidentelle, peuvent donc être un effet très naturel d'une exaltation des puissances intérieures de l'âme. On connaît le fait du prêtre Restitutus dont parle saint Augustin. Chabanon dit de lui-même * : « Deux fois, au bruit des orgues et d'une musique sainte, je me suis cru transporté dans le ciel, et cette vision avait quelque chose de si réel, j'étais tellement hors de moi tout le temps qu'elle a duré, que la présence même des objets n'aurait pas agi plus fortement. ^
La quantité de force n^est pas la même en tous. Il y a des personnes dont on dit que, sans être malades, elles ont un tempérament faible. Or, c'est surtout en ces natures délicates que l'imagination et les facultés affectives s'exaltent et appellent à elles la plus grande part des forces organiques, d'où résultent des défaillances et, en un sens, des