Œuvres posthumes
extases. « Il y a des personnes d'une complexion faible, dit le P. Séraphin *, d'un caractère mou et d'une sensibilité spéciale, qui savent bien soutenir les touches ordinaires de la grâce, mais qui, à la moindre touche un peu extraordinaire de cette grâce divine, faiblissent, pâlissent et succombent par la véhémence de l'affection que leur frêle tempérament ne saurait supporter. C'est là un évanouissement naturel... qui peut arriver à Toccasion d'une cérémonie touchante... Quelques gouttes d'eau de senteur suffisent pour faire reprendre Tusage des sens à ces sortes de personnes. »
Mais il est des circonstances où les natures les plus vigoureuses sont obligées de faiblir. Suarez en donne la raison psychologique. « Les sens externes, dit-il ^, ne peuvent opérer sans la coopération du sens interne, qui est le sens commun ou l'imagination : car, bien que l'objet visible soit devant les yeux tout ouverts et que rien au dehors ne fasse obstacle à l'exercice de lavision^ si l'attention de l'imagination s'applique à un objet, l'on ne voit rien par le sens. Le sens externe ne peut rien sans l'influx du sens interne, mais la réciproque n'est pas vraie, et le sens interne n'a nul besoin du sens externe dans son opération. » L'imagination fortement occupée peut donc paralyser l'exercice des sens extérieurs. Maislesopérationssupérieures de lame, ses affections surtout, peuvent absorber toute l'activité de l'imagination, et par conséquent, provoquer très naturellement les phénomènes que l'on prend pour l'extase, et qui ne sont que des conséquences accidentelles d'une opération surnaturelle, de l'extase proprement dite.
Le miracle consiste précisément à soutenir les puissances extérieures contre ces défaillances naturelles. Le miracle