‹ Le miracle et ses contrefaçonsChapitre 94 sur 123 · Div, Instit. II · texte numérisé non relu

Div, Instit. II

démons hurlent de toute leur force, torturés par la voix des chrétiens dont ils se disent flagellés et brûlés. Julius Firmicus ^ rappelle aux païens que la parole des chrétiens est vraiment pour les démons un fouet, un feu qui dévore d'une flamme invisible. Saint Hjlaire dit ^ : «Ces natures invisibles et insaisissables, les lidèles les torturent, les déchirent, les brûlent rien qu'avec la parole. » Ces métaphores reviennent sans cesse sous la plume des Pères, témoignage évident d'un fait qui devait fréquemment se reproduire et que saint Gyprien décrit de la sorte ^ : « On les voit alors, rien qu'à notre voix et par l'opération de la Majesté invisible, lacérés de fouets, brûlés par le feu, s'allonger sous la douleur qui s'accroît, hurler, gémir, supplier, dire d^oii ils viennent, quand ils s'en iront... Ils disparaissent tout d'un coup, ou s'évanouissent peu à peu. « Tertullien, dans un langage d'une hardiesse étrange *, déclare que les chrétiens, s'ils voulaient se venger, n'auraient qu'à se retirer et à laisser libre carrière aux esprits imnjondes qui possèdent leurs ennemis. Il était impossible de constater d'une manière plus saisissante que, de son temps, les cas de possession étaient extrêmement communs, que ces cas se présentaient chez les païens et que les chrétiens avaient généralement le don de guérir ces maladies infernales.

La puissance dont les chrétiens avaient l'étonnante disposition n'avait pas besoin, pour s'exercer, d'un appareil compliqué comme ceux des thaumaturges païens. Une invocation, le nom de Jésus-Christ prononcé, le signe de sa croix, la seule pvésence d'un homme qui croyait en lui, suffisait pour mettre le démon en désarroi et lui faire prendre la fuite, G^était bien, comme nous l'avons dit,

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