Carmin, liv. IL
saut aux fidèles : « Vous avez appris, dit-il *, que dis-je! vous avez vu vous-même commeqt un grand nombre de malheureux soi^t délivrés du démon. »
Ce n'est pas tout. Les Pères sont tellement convaincus de l'autorité irrésistible des chrétiens sur les démons qu'ils ne craignent pas de provoquer leurs adversaires, les empereurs mêmes à la mettre à l'épreuve. Saint Cy"? prien dit à Demétrianus, esprit fort de son temps : « Que ne viens-tu les entendre et les voir (les démons), quand nous les forçons d'obéir et que nous les torturons à coups de fouets spirituels, quand en les tourrpentant par de simples paroles, nous les chassons des corps qu'ils possèdent, quand gémissant et criant, à la manière des hommes, rendus sensibles aux fouets et aux coups par la puissance 4ivine, ils confessent le jugement futur. » Saint Athanase ■ adresse un appel à tous les incrédules : « Qui^ conque, dit-il, souhaite faire 1 épreuve de nos paroles, qu'il vienne, qu'il se transporte au milieu des prestiges, des oracles, des œuvres magiques de l'enfer, qu'il fasse seulement un signe de cette croix que ces gens tournent en ridicule, ou qu'il prononce le noni de Jésus-Christ, aussitôt il verra les démons ep fuite, les oracles muets et tout l'art magique en défaut. » TertuUjen est plus hardi encore. Il dit dans son Apologétique, adressée, comme Ton sait, aux premiers magistrats de l'empire ; « Mais laissons les renseignements pour les faits... Produisez ici, devant vos tribunaux, un homme qui spit, de l'aven de tons, possédé du démon : nn chrétien, le premier venu, donnera ses ordres à l'esprit, et celui-ci avouera avec autant de vérité qu'il est un démon, qu'ailleurs il se donne faussement pour nn dieu. » Il termine ce passage en disant que, si le démon refuse d'obéir, il consent à ce que le chrétien paye de sa vie sa témérité.