De Incarnat. Verhi
Le rationalisme n'est pas embarrassé par tant de témoignages et par des témoignages aussi irréfragables. Passe pour le fait, dit-il ; mais on s'est trompé sur la nature de la maladie et sur la nature de la guérison. Maladie et guéri son tout est ici naturel. Le maladie, fort connue dans les hôpitaux, sous le nom de démonopathie, n'est qu'une névrose, comme Tépilepsie, ou l'hystérie. La guérison n'est autre chose que l'effet d'une commotion favorable du système nerveux produite par l'audition d'une parole qui frappe l'imagination. « C'est par un moyen analogue, dit à ce sujet M. A. Maury, qu'une mère ou une nourrice calme les douleurs légères de son jeune enfant, en feignant de gronder la bête qu'elle accuse de produire la démangeaison dont se plaint la petite créature. On frappe l'imagination de l'enfant et la douleur disparaît. L'enfant croit que la bête qui le mord est partie, et il cesse de pleurer *. » Nous craignons bien que le rapprochement imaginé par le trop fécond écrivain ne soit trouvé puéril à plus d'un titre. Soyons sérieux.
« Les démoniaques de l'histoire ecclésiastique, dit-on, étaient des épileptiques, des hystériques ou des aliénés. » Raisonnons suivant cette hypothèse. Si cela est vrai, que s'ensuivra-t-il ? Il s'en suivra que les démoniaques étaient, sauf un petit nombre de cas, incurables. La thérapeutique a certainement fait des progrès depuis les premiers siècles du christianisme ; or qu'a-t-elle appris au sujet des névroses ? Rien, rien, rien. Quelques-unes guérissent ; demandez à la médecine pourquoi ? Elle reste muette. Or, qu'on le remarque bien, ce n'est pas une fois, deux fois, cent fois, mais toujours, mais infailliblement que les démoniaques étaient guéris par les chrétiens ; et cela pendant quatre siècles, à une époque où cette maladie était extrêmement fréquente. Vous dites : « il n'y a pas là de