‹ Le miracle moderneChapitre 103 sur 171 · COMMENT ON DEVIENT THAUMATURGE · texte numérisé non relu

COMMENT ON DEVIENT THAUMATURGE

J'ai deviné que Foccroule m'avait présenté comme un quasi-adepte. Louis Antoine s'apprivoise. C'est un microcéphale, les cheveux coupés très ras, une barbe de l'avant-veille, et je ne sais quelle teinte grisâtre sur toute sa personne, provenant sans doute de Tâge, qui a décoloré ses cheveux et ses regards, de cette fumée aussi qui remplit tout Jemeppes, habille les êtres et les choses. Il parle avec une certaine difficulté, soit que le français ne lui serve pas de langage habituel, soit que sa nervosité, toujours en éveil, donne un tremblement à ses paroles.

— Faites excuse, me dit-il, je ne pourrais vous répondre qu'après L'avoir consulté. Je ne fais rien sans Lui,

Louis Antoine parle ainsi mystérieusement

de ce guide dont il ne sait pas très bien le nom, qui est tantôt pour lui Tâme du curé d'Ârs, tantôt celle du docteur Demeure, dont les portraits au crayon pendent aux murs de la salle d'attente, à côté de placards contre l'alcoolisme. Cet « esprit » ne me fut sans doute pas hostile; car presque aussitôt le guérisseur, sachant que j'avais à prendre le train suivant, me regut dans la chambre des miracles.

— // m'apparaît, me dit-il, comme un nuage lumineux, lorsque je dois réussir ma cure; mais quand ceux qui viennent à moi n'ont pas la foi, monguides'en va, je « deviens seul »... je puis si peu de chose par moi-même.

— Vous n'êtes donc pas magnétiseur?

— Si; mais je ne suis devenu v1*aiment Louis Antoine que lorsque je « m'ai acquis » la foi. C'est la foi qui nous guérit. Si nous croyons que nous allons cesser d'être malades, la maladie s'en va. Nous sommes guéris selon notre foi.

Plus j'ai réussi, plus j'ai eu confiance; et par conséquent plus j'ai réussi encore.

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