LE LANGAGE IGNÉ DE LA FORGE
Louis Antoine m'explique qu'il était ouvrier lamineur. Le feu où dansent les païennes salamandres, la fumée qui forme la corporalité des fantômes influencèrent lentement cette âme.
ignorante mais en correspondance avec Tunirerselle nature, qui aime chuchoter à Toreille des simples ses secrets.
Il me conta la chose de sa voix grise aussi, Toilée, avec des arrêts brusques et des intermittences.
— Quand on rentrait chez soi en reyenant de la forge, on avait quelquefois le souvenir de toutes ces étincelles dans les yeux. Pendant la nuit, en dormant, elles ressemblaient à des étoiles. Ces étoiles me disaient : « Ecoute bien, Louis Antoine, et comprends. Le feu de la forge rend le fer malléable et alors l'homme en fait tout ce qu'il veut. Ton âme est un feu aussi. Nous lui donnerons le pouvoir de repétrir la matière, la chair des autres; et les sourds entendront et les boiteux marcheront. »