‹ Le miracle moderneChapitre 133 sur 171 · DE LA DESTINÉE · texte numérisé non relu

DE LA DESTINÉE

La psychothérapie a mis en pratique sur une échelle étendue les principes de la « pédagogie suggestive » et de « l'orthopédie mentale ». Elle est issue des expériences et des doctrines de

* Je ne saurai recommander assez un livre admirable et excellent de M. Jules Payot, « l'Ëducation de la volonté » (Félix Alcan). Tout homme, décidé à équilibrer sa vie et à la rendre laborieuse et féconde, doit s'en rapportera ce livre. La psychothérapie et Torlhopédie mentale démontrent d'une manière irrésistible combien cet écrivain, ce penseur a vu juste.

Gharcot, de Braid, de Liébault. Elle a même retenu quelques méthodes de nos bons vieux magnétiseurs en simpliûant les théories des devanciers, et en prenant à chaque système ce qu'il a d'excellent.

Daus ces cliniques, où Tantique psychurgie semble renaître, se déroulent mille drames, susceptibles de passionner à la fois les romanciers mondains et les moralistes austères. Salles studieuses, machines électriques, étagères remplies de cerveaux ; çà et là quelques instruments propices au sommeil ; les plâtres ou les photographies des maîtres de la psychologie moderne et de remarquables ce sujets » ; un canapé, quelques bancs et des chaises, encombrés par les naufragés de la destinée, — ce qui revient à dire, la plupart du temps, parles victimes d*un caractère trop ingrat ou d'une constitution trop nerveuse.

Dans ce laboratoire hospitalier, j'ai vu affluer pauvres et riches, qu'égalise la douleur, — eafants vicieux et dégénérés, femmes névropathes, hommes qu'une passion misérable et incoercible a en quelque sorte excommuniés du monde, morphinomanes, joueurs, ivrognes, voleurs, pervers, et parfois les disgraciés, où l'idée du crime s'éveille. On pourrait les rassembler tous sous la même appellation. Ce sont, je Tai dit, « les pauvres de volonté. »

On a beaucoup parlé des pauvres de cœur et des pauvres d'esprit, on a oublié les plus infortunés, « les pauvres de volonté. » Ceux-ci sont les pires des malheureux. Ils souffrent et font souffrir, traqués par des impulsions irrésistibles ou arrêtés par d'inexplicables inhibitions. Ils n'ont ni la force de s'élancer au moment nécessaire, ni la faculté de s'arrêter quand il le faut. De la paresse et de l'inertie, ils passent à une coupable agitation, à laquelle il leur est impossible de surseoir.

Pour beaucoup d'entre eux, à qui l'exercice du raisonnement et les pratiques de Thygiène physique et mentale ne sufGraient pas pour guérir, la suggestion et même Thypnose deviennent utiles, sinon nécessaires, au début de la cure du moins.

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