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LES MAXIMES MIRACULEUSES

Flaubert avait donc expérimenté la cure etl'empoisonnement intellectuel. Il aurait été certai-

nement intéressé par les petites imageries, évocatrices d'idées, que fabrique M. Henry Wood.

C'est le plus subtil et le plus net de ces professeurs de la pensée, qui souvent ne veulent pas livrer « leur truc » dans son ensemble et à tous, parce que, sans doute, ils ont plus de profit à le vendre fragmentairement à chacun en particulier...

Avant d'expliquer le procédé des « cures idéales », quelques commentaires préliminaires sont attendus.

Je me rappelle avoir lu, dans les Annales des sciences psychiques^ une observation médicale très pittoresque qui, relatée dans la Revue des Bévues^ frappa Francisque Sarcey. C'était intitulé à peu près : « Lourdes chez soi. » Il s'agissait d'une malade trop affectée pour pouvoir faire un voyage jusqu'aux Pyrénées. Ce voyage fut remplacé par une série de suggestions habiles : la construction, dans son parc, d'une grotte semblable à « la grotte miraculeuse », et la convocation des paysans des environs, pour simuler les processions de Lourdes. Ainsi on sut si bien persuader la malade, qu'elle se crut effectivement dans la ville de Bernadette et guérit brusquement.

Avec M. Wood, ce n'est plus Lourdes chez soi, mais dans sa poche. Un petit livre suffît pour

nous guérir. Oh ! le bon grimoire ! Sur cliaque page de gauche vingtH^inq lignes à peu près de méditation. Chaque page de droite, que ferme le liseré d'un tableau, enserre la maxime bienfaisante en un léger encadrement, comme pour empêcher la pensée de s'échapper ailleurs. Au centre, en caractères longs et gras, les trois ou quatre mots de la formule idéale, que, selon la parole du maître, il faut ce absorber ».

MÉTHODE PRATIQUE, (PHYSIQUE ET PSYCHIQUE) POUR (( ABSORBER » LA MAXIME QUI GUÉRIT

Voici les recommandations que j*ai traduites textuellement de Tanglais :

« 1^ Retirez-vous chaque jour dans un appartement tranquille et demeurez seul dans le silence. -^ 2^ Prenez la position la plus reposante possible, dans un fauteuil commode, par exemple ; respirez profondément et plutôt rapidement pendant quelques minutes, puis laissez se détendre votre corps, car, par analogie, il rendra votre esprit plus facilement passif et réceptif. — 3^ Fermez la porte de vos pensées au monde extérieur et aussi écartez toute sensation physique et toute idée d'imperfection. — 4** Appliquez votre esprit à la méditation qui est sur le côté gauche de la page et, par une lecture attentive et répétée, absorbez la vérité qu'elle con-

tient. Ensuite placez à une distance convenable des yeux la suggestion qui est sur la page de droite et fixez-la pendant dix à vingt minutes. Vous ne devez regarder autre part que lorsque vous vous êtes donné pleinement à cette idée, et si elle remplit tout le champ de votre conscience. — 5° Fermez les yeux pendant vingt ou trente minutes au plus ; gardez devant Tœil de l'esprit la formule suggestive, afin qu'elle pénètre tout votre organisme. — 6** Appelez-la dans votre mémoire à chaque heure de veille pendant la nuit. — T Si les désordres à combattre sont chroniques et tenaces, il ne faut pas se décourager de la lenteur du progrès, ni quand il y a des hauts et des bas.

« Absorbez les formules idéales avec constance tant qu'il en est besoin. La cure n'est pas magique et instantanée, mais se développe et croit selon les lois naturelles. Les formules « idéales » se réaliseront en leur temps.

« Nota, — Quand le pouvoir de « focaliser »

l'esprit sur les idées est développé (quelques semaines suffisent pour cela), l'usage des textes visibles ne sera plus nécessaire. Ils servent pour l'éducation de la faculté de concentration. »

Il est seulement • regrettable que les anglosaxons ne paissent sépctrer cette psychologie pra-

tique du mysticisme protestant. L'usage médicinal de l'Ancien Testament, avec ses maximes extraites des psaumes ou bien des affirmations comme : « Guérir est biblique » (Healing is biblical). « Je le veux, sois pur » (I will be thou clean). — « Je suis l'enfant de Dieu » (I am god's child) — laisserait complètement indifférent ou même dégoûterait vite un malade un peu positif. La force et la nouveauté de cette méthode d'exaltation supérieure, c'est d'être laïque. Sinon autant retourner à l'ascèse des théologiens et aux « exercices » de Loyola.

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