LA MORT TOTALE EST UNE ILLUSION
Oui, les morts, tant qu'il y aura des vivants, continueront à être présents au milieu de nous ; mais ce sera par l'intermédiaire des vivants eux-
IfS LE MIRACLE MODERNE
mêmes. De même que nos corps sont le prolongement de leurs corps, nos âmes sont remplies aussi de leurs âmes ; nous leur devons toute Texistence» l'extérieure et Tintérieure. La mort, prise dans le sens de Tanéantissement complet, est donc une illusion.
Cette vérité, grave et réconfortante, nous pourrions Toublier dans la fièvre des époques, qui se suivent en se transformant, et dans la multitude innombrable des humanités qui apparaissent avec des* expressions rajeunies et différentes. Mais si Ton s'examine soi-même attentivement, et, surtout, si Ton prend garde à certains organismes particulièrement « transparents » % et que les spirites ont appelé des médiums, nous sommes bien forcés de reconnaître la présence assidue de ces absents, toujours efficace, quoique éloignée. Les défunts sont la grande réalité profonde et durable de Thumanité momentanée et qui s'écoule. Ceci, nul ne saurait le nier. Mais la personnalité elle-même des disparus, selon la faculté plastique des « automates psychologiques», peutjeter encore sa faible, sa vacillante, sa surprenante lueur , — et apparaître, comme en un excellent acteur apparaît le type qu'il représente. J'instste, pour qu'il n'y ait pas d'amphibologie sur ce point.
* Je veux dire que leur personnalité seconde apparaît à traders les fissures et les ébranlements de leur moi normal.
LES MIETTES DES MORTS i^
LA MAISON ET LA PHYSIONOMIE d'uNE EXTATIQUE
La <c Society for psychical research », en ÀDgleterre, a eu la chanee de tomber sur plusieurs excellents médiums, et, entre autres, M" Piper, susceptible de l'entraîner aux. déductions les plus aventureuses.
M" Piper habite, non loin de Salem, une petite ville près de la mer où, vers 1692, une vingtaine de personnes furent condamnées à mort pour crime de magie. Cette fois, les sciences occultes n'ont pas porté malheur à la voyante, qui a autant et plus de séances qu'elle ne peut en donner, et qui reçoit pour sa peine à chaque « transe » dix dollars. Heures extraordinaires où elle dévêt sa personnalité et n'est plus que le porte-parole des « invisibles ». La gare de Salem est sans cesse envahie de visiteurs *. En hiver, un traîneau les attend pour les conduire à la petite maison de bois où habite la voyante. C'est une bourgeoise américaine, d'esprit cultivé et raisonnable, avec des goûts littéraires très classiques. Elle est blonde, a aujourd'hui une quarantaine d'années, et paraît déjà un peu épuisée
* Depuis, la S. for P. R. l'arrachant à ce métier, kii assura la vie matérielle, afin de se réserver ce merveilleux instrument.
par le sport psychologique; ses yeux sont inquiétants, aigus et fixes, comme chez certains sujets, quand ils ne sont pas somnolents et éteints. Sa transe, c*est-à-dire son profond sommeil magnétique, ne différerait pas beaucoup des phénomènes de cet ordre que nous avons pu observer en France.
M" Piper s'endort elle-même, sans magnétiseur ; et ce procédé, qui permet généralement une clairvoyance plus étendue, est toujours accompagné de secousses plus énergiques. C'est à peu près ainsi que s' « entrançaient » Miss Florence Cook, l'ancien sujet de sir William Crookes, (aujourd'hui M'^ Corner) et Lina, avec qui j'expérimentai « l'extériorisation de la sensibilité » et les suggestions musicales.