LES RÊVES AUTHENTIFIÉS DE M. DIEULAFOY
Un soir, chez la comtesse Diane, dont l'esprit, du moins, grâce à ses « maximes », ne mourra pas, je conversais avec M. Dieulafoy et sa femme, la docte exploratrice. Nous en vînmes à parler clairvoyance et pressentiment.
<( Quoique mon système nerveux soit des plus normaux, me raconta M. Dieulafoy, j'ai eu dans ma vie deux phénomènes télépathiques très nets. » Et, comme je le priais de me les confier, il continua:
« Nous habitions dans le Midi, à Pimpertuisat,
près de Toulouse. Une nuit, je rêvai d'un beaufrère habitant Bordeaux, et avec qui nous étions en relations espacées. Il m'apparat très malade. Le lendemain, je partis pour ma tournée de service, et je trouvai, à Toulouse, une dépèehe m'annonçant que mon beau-frère était mort cette nuit-là.
« En une autre circonstance, rentrant de Paris à la campagne chez nous, après une journée de fatigue, je m'endormis. Et j'eus ce songe. Nous donnions à la maison, impasse Conti, une grande soirée. A plusieurs reprises, des civières, où reposaient des corps rigides, traversèrent le salon. A mon réveil, tandis que je racontais ce cauchemar à M"'^ Dieulafoy, mon homme d'affaires entra. Il nous apprit que notre métayer et sa fille s'étaient noyés cette nuit à récluse du canal. On les avait portés dans la maison sur des brancards, semblables, en tous points, à ceux de mon rêve. »
M. Dieulafoy ajouta qu'il n'avait jamais vu les victimes de l'accident. Le phénomène télépathique, comme inclus dans l'atmosphère ambiante, n'en avait pas moins réussi \
* Nous possédons aujourd'hui des milliers et des milliers de faits télépathiques sérieusement contrôlés ; pour me limiter je n'ai choisi que des spécimens typiques de genre différent. Ainsi j'espère avoir démontré la plasticité de cette faculté de pressentiment, sommeillant d'ordinaire en nous.