‹ Le mirador; drame en un acte et deux tableauxChapitre 23 sur 33 · O'ITO · texte numérisé non relu

O'ITO

Ah ! tu étais là ?

ROBERT

Je suis arrivé à temps pour entendre prononcer mon nom et j'ai répondu.

LE SERGENT, riant.

Vous étiez allé faire un tour dans la rizière ?

ROBERT

Je reviens du mirador.

LE SERGENT

Du mirador? En voilà une idée, ça n'était pas encore votre tour de faction?

ROBERT

J'ai voulu tenir un instant compagnie à celui qui monte la garde... et puis... j'ai rêvé, à l'endroit où est tombé notre infortuné camarade.

IVAN, lugubre.

lU où nous tomberons tous, les uns après les autres.

OTTO

Il est gentil, lui ; quand on l'écoute, on reprend tout de suite confiance.

LE SERGENT

Tu n'as qu'à ne pas l'écouter, Otto. Après-demain. . . demain, peut-être, nous aurons du renfort. D'ailleurs vous, Robert, n'êtes-vous pas libérable ?

ROBERT

Oui, demain matin.

LE SERGENT

Il faudra donc bien qu'on vous évacue sur la ville, pour vous rapatrier.

ROBERT, avec émotion.

Me rapatrier. (// tombe dans nne profonde rêverie).

IVAN

Bah ! pour les hommes, comme nous, c'est peu intéressant, (à Robert) n'est-ce pas ?

OTTO, à Ivan

Parle pour toi. L'ami Robert est peut-être enchanté denous quitter.

LE SERGENT

Que cela soit ou non, ce soir pour la dernière '^ois il prendra la faction sur le mirador.

IVAN, de pins en pins hignbre.

A l'heure où les balles arrivent.

LE SERGENT

Ce qu'il est embêtant, celui-là, avec ses façons de parler toujours funèbres. (A Ivan.) Vous deviez être croque-mort, vous, dans le civil ?

IVAN

Non.

OTTO

Qu'est-ce que tu étais alors?

IVAN

Médecin.

LE SERGENT

C'est la même chose.

ROBERTj^ relevant la tête.

Puisqu'il faut prendre la faction, on la prendra. {Cri an dehors : Malte là 1).

LK SERGENT, prêtant l'oreille.

Du nouveau.

(Cri an dehors: Ilallc-là ou je fais feu).

J,E SKRGKM', .s<' levant.

Debout ! {Tons se dressent et empoignent les fnsils). {Une voix an dehors: Ami ! Franco ! Marsouins 1)

HOHKKT

Marsouins 1 Du renfort sans doute !

LE SERGENT

Oiistc! la petite famille, allons recevoir dignement notre ren!Lort.(Moiweinenl vers la porte. Théodore paraît).

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