‹ Le Mirage perpétuelChapitre 4 sur 28 · CORDOUE · texte numérisé non relu

CORDOUE

Ils avaient dit : « La Mec que est ville d'autrefois, Bâtissons la casbah de ia vallée heureuse. Nous ferons oublier Bagdad la Merveilleuse Et l'Islam Rayonnant supplantera la Croix.

Puisque c'est notre Dieu qui dans les Cathédrales

A l'Espagne vaincue a imposé son joug,

Il en faut témoignage et que sur leurs genoux

Les Chrétiens prisonniers viennent poiir les dal

Pour que tout l'Occident en parût mieux dompté Le Calife ordonna l'universel pillage, On fit venir des colonnades de Carthage Et de Grèce les fûts du temple d'Astarté.

Les palais anciens, les cloîtres, les chapelles, Rien ne fut épargné pour l'honneur du Coran Le jaspe, le porphyre et tout l'art mulsuman Firent de la Mosquée une Cité nouvelle.

Echiquier précieux qui jusqu'à l'infini Déroule par milliers ses courtes paraboles, Arcades, chapiteaux, volutes et consoles, Vaste forêt de colonnettes en granit.

Telle subsiste encorla divine Mosquée, D'un art solide et fin vestige colossal, Caprice fastueux d'un rêve oriental, Symbole de conquête et preuve d'épopée.

O Ville de Lueain et de Sénèque enfant, Quels drames ont marqué ton histoire tragique, Ville latine, musulmane et catholique, Bas:ue brillante dans une mare de sanç !

Bien que les orangers et les tendres platanes Te soient encore une atmosphère de parfums, Où donc est ta puissance et ton orgueil défunts O Cité que le Monde appelait Capitane !

La brise désormais passe comme un soupir Sur tes rives encor par le temps embellies, Et -ur les flots déserts du Guadalquivir, Tout le ciel se reflète avec mélancolie.

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