‹ Le Mirage perpétuelChapitre 5 sur 28 · DE PHILIPPE DEUX · texte numérisé non relu

DE PHILIPPE DEUX

Sépulcre lourd posé sur un sol convulsé Qui subit malgré lui ce maître héréditaire L'Escurial écrase, et l'âpre monastère Tient encore des serfs autour de lui pressés

Dans l'ombre de ses murs un peuple minuscule Comme une ruche grise est venu se blottir, Mais les moines, d'en haut, le regardent mourir Avec leurs yeux profonds emplis de crépuscule,

Car le geste et le bruit ici sont superflus,

Ces longs couloirs pavés de somptueuses dalles

Se sont accoutumés aux glissantes sandales

Et depuis trop longtemps du fer n'y sonne plus ;

Marbre et granit, piliers monstrueux et coupole Campagne douloureuse, oliviers amaigris, Cyprès noirs, aloès, et platanes flétris, Tout collabore au sombre et pénétrant symbole

Triste et grave comme un despote détesté, Dans ce cloître, jadis, est mort le dur monarque, Et cet Escurial en porte encor la marque : Charnier que les corbeaux ne devraient point quittera

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