ALHAMBRA
Décor frêle où pleura une reine moresque, Plafonds à la persane et lustres andalous, Retrait mystérieux sculpté comme un bijou, Labyrinthe couvert de fines arabesques !
Promenant son ennui d'amante romanesque Derrière ces vitraux scellés et ces verrous Ah ! quel soir que celui d'automne triste et doux Où parvint auprès d'elle un cœur chevaleresque
Dalles rouges encor d'un meurtre furieux ! Dernier sourire, hélas, dans un dernier adieu, Et tumulte bientôt recouvert de silence.
Le harem a gardé l'odeur fade du sang,
Et comme en un caveau on respire en passant
De ces deux amants morts la tragique présence.