‹ Le Mirage perpétuelChapitre 6 sur 28 · ALHAMBRA · texte numérisé non relu

ALHAMBRA

Décor frêle où pleura une reine moresque, Plafonds à la persane et lustres andalous, Retrait mystérieux sculpté comme un bijou, Labyrinthe couvert de fines arabesques !

Promenant son ennui d'amante romanesque Derrière ces vitraux scellés et ces verrous Ah ! quel soir que celui d'automne triste et doux Où parvint auprès d'elle un cœur chevaleresque

Dalles rouges encor d'un meurtre furieux ! Dernier sourire, hélas, dans un dernier adieu, Et tumulte bientôt recouvert de silence.

Le harem a gardé l'odeur fade du sang,

Et comme en un caveau on respire en passant

De ces deux amants morts la tragique présence.

Page 1