E SONT* LES DOUZE ARTICLES DE LA FOI CRESTIANE
«grai commenchent les articles de la foy crestiane, que i^Bchascun crestien doit croirre fermement, que autrement il ne puet estre sans *, puisqu'il a sens et raison.
Et sont douze, selonc le nombre des douze Apostres qui les eslablirent à tenir et à garder, à tous cheux qui
* Ce «onl. — Ce, ici — dem£me qatcht, i li ligne luivante.
* Soi»; «aJt>u«.
veulent estre sauvés ; dont le premier appartient a les autres deux ensuivans au Fix , le quart an Esperit. Quer chest fondement de foy, croîrre en la Saincte Trinité : chest, el Père, el fils, el Sainct * Esperit, un Dieu en trois personnes. Or sont contenu ches articles el credo que les douze Apostres firent , dont chascun i mist du sien. * — .
Ce prnnitr C^rtick-
jrittE premier article est tel : « Je croi en Dieu , le Père WSf tout-puissant, Créateur ' du chiel et de la terre » — En che doit on entandre qu'il fist les créatures qui sont au chieJ et en terre. Chest article i mist Sainct Pierre *.
* El P^re, d Fix, etc. ai, nel, de PlUlien.
* H n*est pas focile de préciser Tépoque où l'Eglise crut deyoir assigner à chacun des Ap6lres la rédaction des articles du credo qui les concernent ici. Rufin le lait au V* siècle.
* Cràiteur; dans d'autres endroits, Pauteur écrit crëofour. — On ottservert souvent cette lutte du dialecte méridional qui fut ab- Aort)é par la langue d'otl; elle se trahit encore dans ce livre.
^ L'on con^t pourquoi, dans le système de Rome, le premier article
Ce seront C^rtick*
BE secont apartient au fils, quant à sa déité ou essence ; chest à dire, en che que il est , et est tel. — Je crois ihucrist nostre Segnour fils Dieu le père. En chen doit-on entendre et croirre que il est semblable et égal à Dieu le père, en toutes choses qui apartiennent à la déité ; et est une meisme chose avec le père, fors la personne, qui est autre que la personne du père — . Et chest article y mist Sainct Johan TEvangelistre — .
da sjrmbole est attribué à Simon-Pierre : mais, en y regardant de près, on doit remarquer que cette église eût dû attribuer à Simon-Pierre le second plutôt que le premier, attendu que PApôtre avait déjà formulé de bouche ce grand fondement de la foi , lorsqu'il répondit à Jésus- Ciirist (Matth. XVI, 16) : Tu est le Christ, le fils du Dieu eivant. — U même profession de foi sortit des lèvres de Thomas ; lorsquMl s'écria en voyant les plaies de Jésus : Jf on Seigneur et mon Dieu ! On eût pu loi attribuer tout aussi bien ce second article.
Ce sxxÏBmt Qirticle-
.E sixisme article est de la résurection — chest que, au tiers jour de sa mort , pour acomplir les Escriptures, resuscita de mort à vie , et s'aparut à ses deseiples, et leur prouva sa résurrection en moult de manières. Chest article i mist Sainct Thomas — .
Ce septisme Oirtirlc-
|E septisme est que , au carantisme jour de sa résurection, quant il ot mengié avec ses deciples, devant
els tos monta es chiex , chest à dire , seur tous les chiex.
Chest de seur toute créature qui est es chiex , jusques
à la destre Dieu le Père où il siet. Chest article i mist
Sainct Bartelemieu.
purgatoire. \\ est vrai que cette dernière doctrine ne fut admise dans réglise romaine qu'à une époque bien postérieure à celle où Ton imagina d'attribuer à chacun des douze Apôtres un des articles du Symbole. — Grégoire 1^, à la fin du sixième siècle, avait commencé à proposer le dogme du purgatoire. Ce ne fut qu'au Concile de Florence, ift39, qu'il passa en article de foi.
Ce l)uitiBnte C^rtick-
|E huitisme article est, qu'il vendra jugier les vis et , les mors au jour du jugement , et les bons et les mauvais , et rendra à chascun selonc che qu'il ara déservi en diest âècle — . Che sont les articles qui apartienent au Fis. Chest article i mist Sainct Mathieu — .
tt neuowme C2Vrttrie-
.E neuvisme article , et les autres après , apartienent au Sainct Esperit. Chest article est que, nos devons eroirre que le Sainct Esperit est Tamour et le don du père et du fils , de qui nous vient tout le bien de grâce. Qu'il est un meisme Dieu , une meisme chose avec le Père et le Fis. Chest article i mist Sainct Jaques, le frère Sainct Sy mon * .
* Jaques, le frère Sainct Symon. — On a vu Jaques et Jean, fils de Zébédée, indiqués précédemment comme ayant formulé , Pun le second , l'autre le troisième article du Symbole. — Celui dont il est ici question est donc Jaques, fils d'Alphée. — L'auteur en fait un frère de St.-Simon (qui doit être Simon le Cananite) , et de Saint-Jude, qui sera Fauteur de la dernière des Epttres, lequel pourtant ne se dit
— ÎO —
Ce Mxisme C2Vrttdt
|E dhjsme article est Id : Je croi saincte Eglyse général et la communion des Sains, et de tous les prudommes qui sont et seront, jusques en la fin du monde, assemblés en la foy iuchrist. Et en chest article sont entendus les sept sacremens de Sainte E^yse : baptisjne, confirmation, le sacrement de Tautel, pénitenche, ordre, mariage, la saincte derraine unction. Chest article i mist Sainct Symon.
Ce oit^me C2Vrttcle-
.£ onzisme article est croirre remission de péchiés , ique Dieu donne par la vertu des saincts sacremens
de. Saincte Eglyse. Chest article i mist Sainct Jude, le
frère Sainct Symon * — .
être frère que de Jaqaes , sans nommer Simon. — Rien ne justifie, dans les diverses énumérations des disciples du Sauveur, rapportées par les Evangélistes , celte consanguinité de Simon avec Jaques, fils d'Alphée, et Jude.
* S'il s'agit ici de Tauteur de la dernière Epltre, il est curieux de lui voir attribuer le fondement de la rémission des péchés, basé sur
^£ ilouzisme article est croirre la général résurrection des cors, et la vie perdurable ; che est la joie de paradis qae Dieu dourra à cheus qui le serviront par foy, et par bonnes euvres.
Chest article donne à entendre son contraire : chest la paine perdurable que Dieu a appareillée as dampnés.
Chest article doit estre entendu en tele manière : que chascun, soit bon, soit mauvais, sera au jor du Jugement resusdté de mort à vie , en son propre cors où il ara vescu , et rechevra son guerredon en cors et en ame, sdonc che que il ara deservi en cheste vie. Et pour che, seront les bons glorefiés en cheli jour, en cors et en ame, ai vie perdurable. Et les mauvais seront dampnés perdurablement en cors et en àme. Et qui che ne croit pas, il est en péril d'avoir dampnation, et du cors, etdel'ame. Chest article i mist Sainct Marc TEvangelistre ^
les sacrements que Téglise romaine a cru pouToir ajouter successi- Yement, et dans des temps bien postérieurs à ceux où Tirait St. - Jude, aux deux seuls sacrements institués par Jésus-Christ lui-même.
* Sainct Marc l'EvangelUtre, — L'auteur, en nous annonçant qu'il allait nous transmettre Tœuvre des douze Apostres, à chacun desquels réglise romame attribue un article du credo, a lieu de nous
clonner , lortqDe , dans son énamératioa , il ne fait pas mention de HaUbias, ni de Lébbée, qu'il remplace par Jnde et Marc. • — Pour être conséquent, le système qui proposa la tradition de la composition du credo par les douie, eût éù n'en omettre aucun , e( surtout, Caire ressortir la primauté de Pierre. — Ou bien, il eAt lallu n'attribuer cette Œurre qu'aux hommes dont nous avons les écrits, k l'exclusioii de Philippe, de Bartbélemi, de Jaques, fib de Eébédée ; d'André, de Thomas, de Simon, dont nous ne possédons rien. Haâ mettre au nombre des douze des hommes qui n'en étaient pas , poor en Mer ceux qui en faisaient partie, c'est une laute qu'il fallait au moins éviter, si l'on voulait appuyer la tradilion, d'ailleurs contestée à bon droit, que le credo, tel que nous l'avons, ait pu être l'ouvrage des douie. On sait assez les causes de sa formation succes»ve , causes qui n'existaient pas toutes du temps dee douie.
i cohmeace des vices qui so>t les sept péchiés mortiex . et premièreme:vt en général, et
APRÈS , ES ESPÉCI AL , DE Cil ASCtIV .