‹ Le Mireour du monde: manuscrit du XIVme siècle découvert dans les archives de la commune de LaChapitre 11 sur 14 · ESTRE AMENDÉE ; QUER ELLE EST TANTOST COMPÉRÉE · texte numérisé non relu

ESTRE AMENDÉE ; QUER ELLE EST TANTOST COMPÉRÉE

Foie emprise est où il gist molt de périls et de coust, et de paine.

Tèles sont les empnses de ceus que on apèle preus et hardis au siècle ; qui cors et âme mètent en péchié , et en paine, pour un petit de los conquerre ; quer molt est vain, et petit dure

Mes vertu fait Tonime de grant cuer et de sage emprise, quaht elle fait homme (qui n'est fors terre) si hardi, qu'il ose emprendre si grant chose, comme est le royaume des cieus à conquerre, et tous les deables, qui tant sont fors , à vaincre.

Qui n'a vertu n'a pas grant cuer; comme celi qui a grant paour de nient. Tiex sont ceus qui tant doutent les maus et les adversités du monde , et qui ont paour de perdre ce que on ne puet longuement tenir.

Celi n'a pas grant cuer qui pour nient le donne; comme font ceus qui donnent leurs cuers à amer les biens de fortune, qui, en vérité, ne sont nient au regart des vrais biens de gloire.

Dont, tiex gent sont aussi comme l'enfant qui plus aime un mireor que un royaume, une pomette que tout son eritage. Mais vertu donne grant cuer adroit; quer vertu fait le ciel conquerre, le monde despire, grant fais

*■ Autres traces de vérification qui nUndiquent pas une traduction.

de pénitance porter, et tous les maus du monde sourporter, etliément soufrir et pour Dieu endurer, et à tous les assaus du déable contrester.

Et si comme dist le sage Sénèque : (< Nient plus n*ont de pooir encontre vertu grietés S meschéances, doleurs, ne quenque vertu puet manecier* et faire, que ont goûtes de pluie en la mer. Vertu fait home hardi comme lyon, fort comme olifant , ferme et durable comme soleil qui tous jours queurt et n'est onques lasse » .

Dont, il n'est proesce fors que en vertu. — .

ÎBe vxait 0egnoitm

ussi n'est-il vraie Segnourie fors que en vertu.

ICrans Sires est ce li à qui tout le monde sert. Tèle Segnourie donne à homme grâce et vertu ; quer èle met Tomme esperituelment en son droit estât où il fu fais premièrement.

* Grietés, grief lés; souffrances, peines du cœur et de l'esprit.

* Maneder; menacer, exposer à ....

L'omme fu fait en tel honeur et en tèle Segnourîe, qu'il estait Segneur de toutes les créatures qui sous le ciel estoient; à qui toutes choses obéissoient, et à qui rien ne peuvait nuire : et c'est le droit estât à homme, et sa Segnourie. Mais ceste Segnourie perdi il par péchié, ne recouvrer ne le puet, fors par vertu. Vertu esliève homme en haut , et li met le monde sous pié , et le fait converser el ciel.

Vertu fait plus adroit l'omme Segneur du monde que le roy n'est de son royaume; quer des biens du monde il a tant comme son cuer désire. Il y a son usage et sa soustenance, et tant comme il en veut avoir, plus soufisamment que n'a li roys.

Quenques ont les bons et les mauvais, tout est sien. Quer de tout fait son preu, et de tout loe Dieu et mercie ; et plus l'en aime, et crient, et sert, en ce que il voit et croit et connoist que toute créature esl faite pour li servir*

Après , il a un autre empire bel et grant, sans lequel nul n'est à droit Segneur: quer il est empereur de li meisme, c'est de son cors et de son cuer, lesquels il justise et tient en bonne pais, et dont il fait sa volenté. Quer son cuer est si joint à Dieu et à sa volenté, que quenques Dieu fait li est bel, et fortement li agrée. Et pour ce a il tous jours le cuer en pais , et le gouverne selonc la volenté Dieu. Et de quenques Dieu fait à son cors, grâces li rent et molt li plaist. Et c'est la Segnourie que vertu donne à celi qui Ta. De quoi parole Seneque qui dit ainsi

«Grant honneur et grant empire te dourrai; soies Empère de toi-meisme » .

Hé Dieu ! tant a de roys et de barons par le monde cpii ont chastiaus , citiés et royaumes, qui ne sont mie Ségneurs de leurs cuers ; quer il les tourmente souvent ou par ire , ou par mautalent , ou par convoitise , ou par desirier qu'il ne puevent accomplir.

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PRÈS, n'a vraie franchise, se il n'a grâce et vertu. ,Dont se tu veus savoir que est franchise adroit d'homme, tu dois savoir et entendre que homme a trois manières de franchises ; l'une de NATURE, Vautre de GRACE, l'autre de GLOIRE. .

La première est franche yolenté , par quoi il puet eslire et faire franchement ou le bien ou le mal. Geste franchise tient il de Dieu si franchement , que nul ne li en puet tort faire; ne trestous les déables d'enfer ne pourroient volenté d'omme efforcier à faire péchié, sans son aceort. Quer se homme faisait le mal du tout mal gré sien , il n'y arait point de péché ; quer nul ne pèche

en ce que eschiver ne puet, si comme dist St. Augustin. Et ceste franchise ont tous hommes ; mes èle est liée es effans, et es fols, et es forsenés qui n*ont mie usage de raison par quoi il sachent eslire le bien du mal.

Geste franchise se toit Thome en grant partie , quant il pèche mortelment; quer il se vent pour le délit du péchié et se rend au déable, et devient serf au péchié , si que il ne s'en puet pas geter à sa volonté que il a ja aservie, se la grâce de Dieu ne li aide.

La seconde grâce que les preudhommes ont en cest siècle, les quiex Dieu a franchi, par grâce et par vertu, du servage au déable et de péchié, est: que il ne son sers ne à or, ne à argent , ne à leur charoigne , ne as biens de fortune que la mort puet tolUr.

Ains ont le cuer si eslevé en Dieu, que il ne prisent le monde un bouton, et ne doutent ne roy, ne comte , ne meschéance , ne pourté , ne mort. Quer il sont ja demi mort , et ont le cuer dessevré du monde que il béent , et désirent la mort comme fait le bon ouvrier son paiement, et le gaaigneur son aoust, et cens qui sont en tourment de mer bon port, et le prisonnier sa délivrance et le pèlerin son pays. Et ceus sont parfaitement frans, comme on puet estre en cest siècle ; quer il ne criègnent ne ne redoutent nule rieiis fors Dieu, et sont en grant pais de cuer ; quer il Font assis en Dieu , et sont ja en paradis par desirier. Et tèle franchise vient de grâce et de vertu.

Mais encore, toute franchise n*est fors servage, au regart de la tierce franchise que ont ceus qui ja sont du

cors délivré du tout, et avec Dieu sont en sa gloire. Cens sont vraiement frans ; quer il sont délivrés de tous tourmens, et de paour de mort, et de péchié, des périls du monde, et des las de misère, et de toute paine du cors et du cuer, sans retourner; desquèles choses nul n'est franc en cest siècle , tant soit parfait.

IBe Dtaie noblesse.

[ui la seconde franchise de grâce et de vertu avoir îporra, à grant noblesse en venra.

La vraie noblesse vient du cuer gentil. Certes nul cuer n'est gentil qui n'aime Dieu; dont il n'est noblesce fors en Dieu servir et amer, ne volenté mauvaise fors du contraire , c'est de Dieu courroucier et de péchié faire.

Nul n'est adroit gentil de la gentillesse du cors; quer, quant au cors, tous somes fis d'une mère : c'est de terre et de boe dont nous prismes tous char et sanc. De ces costé nul n'est adroit gentil ne franc. Mais nostre droit père est le roy du ciel qui fourma le cors de terre, et cria l'ame à sa semblance et à son y mage.

Et tout aussi comme il est du père charnel qui molt

est liez, quant son fis li ressamble: ainsi est-il de nostre père du Ciel, qui, par ses escriptures et par ses messages, ne nous fine de semondre et de prier que nous mettons paine de ressambler à li. Et pour ce, nous envoya-il son benoit fils Ihucrist en terre , pour nous aporler le vrai exemplaire par qui nous serons réformés à son ymage et à sa biauté , comme sont ceus qui habitent en la haute cité du ciel, ce sont les angles et les sains du paradis, où chascun est de tant plus haut et plus noble comme plus noblement porte ceste bêle ymage. Et pour ce, les sains hommes en cest siècle mettent tout leur cuer et leur paine à Dieu connoistre et amer, et leur cuer du tout espurgier ; quer de tant comme le cuer est plus net , de tant voit-il ceste bêle face Dieu plus apertement.

Et com plus le veoit apertement, et plus l'aime ardaument, tant li ressamble-il plus proprement ; et ce est la vraie noblesce que Dieu fait. Et pour ce dist trop bien St. Johan Tapostre «Que adont seron nous fis Dieu, et li ressambleron proprement , quant nos le verron apertement; ce sera en sa gloire, quant nous seron en paradis.» Quer ichi nul ne veoit à descouvert la biauté Dieu ; mais aussi comme parmi un miroir » si comme dist St. Pol. «Mais adont nous le verrons face à face clèrement. » —

Hé Dieu! comme sont loins* de cèle hautesce ceus

^ Loim; pris ici adjectivement.

qui se font si nobles de eeste poure hauiescê qu'il ont de leur mère la terre, (qui porte et nourrist les pourdaus aussi bi^Di comme elle fait les roy&,) «t se vantait de leur gentillesse pour ce queilcuident estre 4e gentil Iignie«. Et cestui parage sevent trop bien conter, et à TausU'e côté ne resgardent mie dont (d'où) leur vient la vraie noblesce et le gentil parage.

Il deussent regarder à leur vrai exemplaire Ibucrist qui {dus. ama et honoura sa mère que onques^ ne €st autre homme* Et cpiant on li dist (cSire, vostre Hière^ vos cousins vos demandent», il re^ndit («Qui est ma mère, et qui sont mes cousins? Quiconques fait la volente mon père du ciel, il est mon frère, et ma soear^ et ma mèr^»-rr-.

Quer c'est le noble costé et le gentil parage dont vient et naist au cuer yraie ivoire ; aussi, comme de l'autre noblesse, orguel et yaine gloire, .et vapité. .. . '/-^ .

Comment vertu tet pourfitabie.

jL est nul bien honnorable à droit, fors vertu et icharité, c'est l'amour de Dieu. Et, que il ne soit nul autre bien pourûtable, ce nous tesmoigne St Pol

qui dit ainsi « Se j'avoie tanl de sens en moi , que je seusse toute clergie, et tou^ langages, et parlasse aussi bien comme puet parler homme ou angie ; et ^e Je seusse les secrès et les conseus. Dieu, et livrasse mon cors è martire, et donnoie quenque j'ai as pourés, et faisoie par miracle le^ montaignes sallir d'un lieu en autre ; se

je n'ayoie la vertu de charité , tout ne me vaudroit riens ».

Or esgarde ci, que St Pol à cui on doit bien croirre, nos a ci nommés les plus grans biens que home puet faire , et qui plu$ puevent valoir et profiter : ce sont peneances de cors et martyre soufrir, poures âidier, pécheurs cQnvertir, et science de tout langage. Et ^t que tous ces biei[i3> sans charité, ne valent rien. Et, se tîex biens ne valent, comme vaudront autres biens mendres? Ce meisme§ pues-tu veoir par raison ; quer piéee-a on dit 2 tant vaut li homs, tant vaut sa terre. Et c'est aussi voir que Patrenostre. Quer, combien que l'omme ait de biens temporeus, comme sont or et argent, ou biens esperituels, ou natureus, comme sont ars et engiens, sens et clergie, force et proesce et autres biens, comment dirai-je que il li profitent , quant il en est plus cruelment dampné , pour ce que il n'use mie à droit des biens que Dieu U avait preste pour gaaignier?

Après, se il fait euvres corporel , comme font ces laboureurs, ou ces menestrex ; ou, se il fait euvres éspérituels , comme sont : jeûner, orer, poures vestir, haire porter, et ce soit sans charité ; à drœt parler, ne li vaut

nient. Quer ja, pour ce, plus de mérite vers Dieu n'ara, ains ara anchies, s*il meurt, dampnation, elseradampné.

Mais celi qui a vertu et charité parfaite de quenques Dieu li envoie en cest siècle , de tout fait son preu , de tout conquier grâce et gloire.

Charité est la bonne marcheande qui par tout gaaigne, et nule fois ne pert. Toutes les bones denrées èle achate, et fait tout sien ; et nepourquant , èle a tous jours son denier arrière, c'est Vamour du cuer qui est le denier Dieu dont on achate tous les biens du monde. Et toute voies, remaint-il* tous jours en Taumômère.

Amour a en tous lieus ses ventes. Charité gaaigne en toutes querèles; la victoire a en toutes batalles. Elle fait que autant vaut à l'un jeûner un jour, comme à l'austre un carresme. Elle fait que, autant vaut à l'un un denier que il donne, comme à l'autre cent Uvres , et une Patrenostre dire, comme à l'autre un sautier. Et ce n'est pour autre raison, fors pour ce que tant vaut Tomme, tant valent ses euvres. Quer, tant comme il a plus vraie amour, tant gaagne-il plus chascun jour.

Amour si est le pois en balance St. Michel. Quer nule autre chose ne puet peser, quant vient à prendre chascun son loier, fors que amour et charité. Et , pour ce , di-je qu'il n'est nul bien pourfitable , à proprement et à droit parler, fors bêle amour et charité.

* Remaner, rester, demeurer.

<8ltue Dertn tfA bien trop bélitoble*

ussi comme Dieu fist homme de cors et d'âme, [aussi li a-il donné deux manières de biens déli-

tables, pour son cuer à li attraire en cui sont tous les vrais délis.

Les uns biens viènent par dehors, et par les cinq sens du cors : par veoir, par oïr, par flairier, par gouster, par taster.

Ces cinq sens sont aussi comme un conduit par ont ^ les biens délitables du monde querent au cuer, pour déliter, et pour h aléchier as vraies délices qui sont en Dieu amer. Quer tous les délis du monde que ont les cinq sens , ne sont que une goûte de rousée , au regart de la fontaine de la grant mer dont tous ces biens descendent. La goûte de rousée, quant on le voit de loing, resemble une pierre précieuse ; mais quant on le cuide prendre, èle chiet à terre , et devient nient. Aussi est-il des cinq sens, quant on les cuide prendre. Quant on les

^ Ont; où; (unde). Dont; d'où.

pense, et figure, et désire, moult apparent * précieus; et quant on les tient, tantôt sont perdus, et deviennent nient, et songes.

Pense du délit d'antan * et du songe d'à nuit, tu verras que tout est un. Tantost passent, et tost anuient, et en nule manière saouler ne puevent.

Et se en une goûte a tant de douceur , quele est la douceur de toute la fontaine? Et pour ce, li sage et li saint home en cest siècle , de quanques il voient et saveurent des biens dèlitables de cest monde, îoent Dieu, et plus en convoitent Tamour de li. Et com' plus yoient les goûtes douces, plus désirent venir à la fontaine. Et pour ce que il sèvent bien que com' plus aime-on la goûte, plus oublie^on la fontaine : et, coin*, plus plaist la douceur du monde, mains desire-on la douceur de Dieu; pour ce, tout le mains qu'il pueyent, il prennent et usent des dèlis charnels, et des déduis qui par les cinq sens viènent.

Hé Dieu ! comment sont fols et bestes, qui sèvent bian que cors d'ome est la plus poure créature et la plus vil qui soit , et que l'esprit de l'omme , c'est l'âme , est la plus noble chose , et la plus haute créature qui puist estre ; et nepourcant, il puevent cuidier que plus soient

* Apparent^ apparer, apparier, appareiller ; paraître. Plus lard, apparoir.

* D'antan, antan, antax, anten; l'an passé, le temps écoulé (ante annum).— D'antan, usité dans notre patois^

dous et délitables les biens qui par le cors viainent, que ceux qui viennent par Tesprit, qui sont vrais biens, et purs et permanables, et puevent le cuer saouler et aemplir. Tiex biens donne Dieu à boinme en cest siècle, quant il li donne pais de cuer, et victoire de ses aiiemis, et gloire de conscience; quani il li raempBst le cuer d'amour et de joieesperitucie, etTenyvrede douceur mervelleuse^ id que il ne se pùet contenir, ne li mdsme sentir.

De tel joie et de td délit nùle samblahee né nnle compereson ne puest estre trouvée es joies ne es délis de cest monde, qui ne sont mais que goûtes, au regari de la fontaine de douceur. Cési b fontaine dont nostre Sire parole en TEvangile. « Qui bervra , disMI , de Fyaue que je U dourrai> èle devendra une fontaine qui le fera sallir eïi la vie perdurable». C'est la fontaine de joie, et de douceur, et dé charité , qui {met aempUr et saouler le cuer, miex que nul autre qui soit.

De eeste fontaine avait tasté David qui disoit en son Sautier « Hé Dieu ! comme est ore grande la multitude de ta douceur que tu gardes à tes seijans , et donnes à tes amisi » . Et certes, qui arait bien tasté et assavouré cèle douceur que Dieu domae à ses amis , il despiroit tous les délis et toutes les joies de cest monde ; et si esliroit, et retenroit la joie espérituèle, et feroit aussi comme celi qui bulète la ferine qui dessévre la fleur du bren , et comme celi qui fait huile, qui en prent la craisse pure, et laisse la grosse substance. Quer joie de cuer qui vient de Dieu amer, est vraie Joie , et parfaite ; si comme dist

le proverbe « que nul n'a parfaite joto, se èle ne vient d'amer ».

Geste joie est apelée en TEscriptore oyie ; si emnme dist nostre Sire par le Prophète, « Je domie, dist-il, oyle de joie, pour pleur » .

C'est joie pure et vraie , fom pleur de pénitanee. De cest oyle sont enoyns ce» que Dieu a fait roys et Ségneurs du monde, et de eus meismes. Et adont est Tome parfait erestien, quant il est oins de cest très saint eresme. Quer, dccresme est dist Crist; et de Crist est dist cres* tien^ Et qui est oint de tel oignemens , c'est de joie et d'amour de Dieu, il vit en Dieu, et Dieu en li, si comme dist St Johan l'apostre. Et c'este vie de crestien, c'est, à droit parler, vie d'omme. Et c'est bonne vie, et beneurté, que crestien doit querre et desirier, pour acquerre vie perdurable, Quer, il n'est mie en vie, mais en langueur, qui tous jours vit en cures, en pensées, en angoisses. Et ce n'est mie vie d'omme, mais de beste qui toute la volenté de sa char veut faire.

Ne ne r'est mie vie d'onune, mais d'enfant qui or pleure, et or rit ; or est aise, or est mal aise ; or est iriés *, or est en pais ; or est en joie et en feste , or en tristrèche.

* Iriés, s'airer, s'airier, s'errer, sHrier; se courroucer, s'emporter, se jeter sur quelqu'un (irasci).

« Li rois s'aïre, si l'esgarde, Vilain-, fet-il, li maus feu farde ! »

Fahle de maie honte.

Dont, qui veut bonne vie mener si clère qu'il ait le vrai bien, adontara-il vie honorable, délitable, etpourfitable; adont vivra-il comme home, c'est à dire, sagement, seriement*, joieusement. Sériement, sans courrous : sagement, sans erreur : joieusement, sans doleur. Et tèle vie a-on , ou par grâce , ou par vertu ; et nenne autrement.

' Sériement. Sert, seriz; joli, doui, paisible, lent, graye. Sert, le soir (sero) d'où nous avons serein , rosée après le coucher du soleil.

«Ami, chantez! • s'il lui respondit moult bumblement que, pour eulx deux se vouloit acquitter. Alors , à vois basse et série, moult doucement en commença de chanter >.

Jtoman de Gérard dt W«t>ert.

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