LA TÊTE DE COCHON
Lézard
On prend di s magnièr' à qniu;e .;/;-.. /'/.s on grandit sans Qu'on li s /. rde :
Ainsi, moi, faim' ben roupiller^ J' peux pas travailler.
• • m'emmerde.
J'en foutrai jantaï eun' secousse,
Mcin pas dans /,/ r</;;.s.\,
Ni i/.iiis rien.
Pendant que Vsoir ej' fais ma frapc, Ma soeur fait la r'tapc
Et c'est bien :
Aile .1 pus d' daron, pus J' daronne, Aile a pus personne Aile a qu' moi.
Au lieu d' sout'nir ses prie ,t mère, A' soutient son frère, Et pis... quoi ?
Son maquet, iMst mon camarade :
V veut ben que 1" fade
Avec eux.
Aussi j'1'aim' mon beau-frère Ernesse Il est à la r'dresse
Pour nous Jeux.
Ej' m'accup' jamais dû ménage.
Ej' /'suis lib' , ej! nage Au dehors, Ej' vas sous les sapins, aux buttes, Là, j'allong' mes flûtes Et j' m'endors.
On prend des magnièr' à quinze ans.
Pis ou grandit sans Qu'on les perde :
Ainsi, moi, faim' ben roupiller.
J'pcux pas travailler , Ça m'emmerde.
Aristide BRUANT.
EXTRAIT DES HISTOIRES DU
COLONEL RAMOLLOT
En vente chez tous les libraires et marchands de journaux ainsi que dans les gares de chemins de fer.
10 cent, le numéro hebdomadaire.
I Souvenir de la retraite Je Russie)
Dimanche; il pleut à torrents.
— Non <k- non ! s'est par trois fois écrié 1111 ancien qui n'esi pas content, qu'on 1... pas tant seulement un pékin dessusse le trottoir .!...
1 suffisamment indiquer, qu'a moins d'être enragé, il n'y a pas moyen de songer a --unir d'un temps pareil.
Puisqu'on est obligi de rester au quartier, les hommes ont pense que la toilette serait inutile, et ils trimballent leur ennui dans les chambrées, vêtus d'un néé simple... et de mauvais goût. Les rirds ont la ressource de la cantine, pour straire, mais les pauvres diables... !
derniers dorment à moitié, quand L'un d'eux, pris d'une idée lumineuse, s'écrie : Si tant seurement qu'on raconterait une péquite histoire !
La proposition est accueillie avec enthousiasme, tout le monde demande une histoire, mais voilà : personne n'en sat: ! Hnfm Frisquet se dévoue, mais à condition qu'on lui donnera du tabac, parce qu'il n'en n'a pas. et qu'il ne peut rien raconter quand il ne fume pas. 11 est comme Frisquet
On se cm ise, h tabac arrive et Fr. commence :
— L'histoire du célèbre La Ranice qu'il est vraiment que mon sac, au devant de celle-ci qu'il m'a été racontée par un vieux qu'il en est même invalide, décoré, manchot et autres.
C'était du temps dé l'ancien, qui s'avait occasionné d'affaire de tout ça qu'il en avait été en Russie et mille /.'endroits remarquables de carnage et vaillance.
Mais va tè faire f...! marmite renversée... ! nettoyé... ! si bien que ça s'appelle : Retraite de Russie, quoi !
Les hommes y f... le camp d'une manière tout autre et rapidité, dont il en faisait un n... de D... de froid si tel que les estâmes v /'en éternuaient comme de la chose de s'avoir enrhume le baldaquin. Xugez un peu de pour les hommes !.. .
dans cette n... dé D... de retraite que l'invalide qu'il est mon ami, il s'en revenait avec un canvrade, quand qu'ils trouvent pinces par des b... de cavaliers ennemis.
Ilsf... lé camp, turellement, mais on les poursuit, et le- cam'radi le premier,
se voit couper la tête d'un coup de sabre. Ce pauvre diable qui n'aimait pas ça y regarde sa tète qui roulait loin de lui. v dit n...
de D... ! et v tombe en criant : Adieu, mon pays ! vive l'Empereur ! et y se f... u.ie poignée de main en signe d'amiquié.
L'auie chien reçoit un coup de 'pistolet qui ne le... touche pas, mais comme c'était un mali'n, y tombe et fait le mort.
Voilà mesn... de D... qui poursuivent leur chemin et qui disparaissent. L'invalide qu'il n'avait rien y se relevé de pour 1 . r s . il court ramasser la tète de son cam'rade, et vivement il la lui recolle dessus le trognon, mais sans faire attention; voilà-t'v pas qui la lui f... à l'envers !
Le sang qu'il avait coule y s'arrête, et comme v gelait si tant, voilà la tête qu'il se ressoude.
N... de D... qui dit le cam'rade, je sais pas ce que j'ai, mais... ça ne va pas, ça ne va pas du tout !
Et tant qui voulait f... le camp, y 1... le camp à l'envers !
Ah If... qui dit l'invalide en remarquant que l'ami v n'avait pas la figure à l'ordonnance, ça va pas v être commode, \ va ialloir tâcher moyen de trouver le cérurgien ! En attendant la chose, y prctul son cam'rade dessus son dos, et lé voilà parti par un péquit n....dè D... de chemin de mon sac.
On se f... si tellement tan' de torgnoles, canonnades et autres, que les bourgeois s'avaient aussi f... le camp, pour s'abriterdè l'inconvénient dé massacre et désagréments vraiment tout autres, si bien que l'invalide qu'il est mon ami, il trouve en route une maisonnette abandonnée.
Voilà mon n... de D... qu'il entre, et qui trouve une marmite qui se dandinait tranquillement à coté d'un fourneau allume.
Les pavsans effrayés s'avaient aussi f. .. lé camp, sans prendre lé temps de nettoyer le frichti.
L'invalide place son ami prés de la cheminée pour lui faire prendre un péquit air île feu, pendant qu'il va chercher du bois dehors, mais voilà-t'v pas que la chaleur décolle le bonhomme, et sa tète y t... le camp dans la marmite.
N...dè D...! qui dit, ce que ça \ a recom mencer cette sale histoire? Comprenez, il clan pas content.
De pour lors, il cherche dans la marmite, mais comme il y voyait pas bien clair, voilà mon animal qui se trompe, v tire une tête dé cochon qui trempait dans l'eau, et v se la n f... sur le trognon.
t loinrne elle ne voulait pas tenir, il sort, et le froid lui régèle de nouveau la tête
dessus le COrpS.
L'invalide qu'il était rentre d'un autre
côté, qu'il avait rien vu, et qui dit : Tiens, il
est aile l'aire un tour ; et sans s'occuper de
i. v I... la marmite dessus le \icu. OÙ qui
fait cuire h tête de son cam'rade.
Qu'a bouillait c'était rien ça, quand son ami v revient dans la chambre,
F...! qui dit l'invalide, ce que tu te 1... du monde ! où que tu as pris cette tête-la, b... dé farceur ?
De pour lors Iè cam'rade, quand il a vu qu'il avait fait erreur, y faisait une gue île que c'était rien ça, mais cette fois plus movendè sanger : sa tête était cuite.
11 a vécu longtemps avec sa tête de cochon, mais ce sangèment de physionomie lui a fait considérablement du tort dedans la bourgeoisie, même qu'il en a manqué, ce qui parait, un mariage superbe avec une particulière, qui disait cependant attendre son retour dans ses foiliers.
11 n'a pas pu rengager dedans l'armée, et ce qu'il est vraiment surprenant, c'est que depuis lé jour qu'il aévu sa tète de cochon, il ne pouvait plus" que parler anglais.
Charles Leroy.