BALLADE DES MOINEAUX FRANCS
Sans souci du unit ni au soir, Gais enfants de la fantaisie.
Dédaignant les coups d'encensoir Fuyant aussi l'hypocrisie,
Devant le beau l'âme saisie, Ne lisant pas les feuilletons Dont le concierge s'extasie, Comme les oiseaux nous chanton
Oh ! nous n'avons pas grand savoir, Nous n'aimons que la poésie, Seule, elle sait nous émouvoir La science étant trop moisie :
Et nous voyons, sans jalousii , Les savants aller à tatous .
Plus libres dans notre hérésie Comme les oiseaux nous chantons.
Pour un teint blanc, pour un œil noir Nous sommes pleins de courtoisie Et même d'amour, sans déchoir ; Mais le coeur tôt se rassasie, Et craignant la paralysie Nous revenons éi nos moutons * Loin, très loin de la bourgeoisie Comme les oiseaux nous chantons.
I Y VOI Prince, grise^-VOUS d' ambra:
des vers de mirlitons ; Exclus de la troupe choisie Comme les oiseaux nous chantons.
GRASSOUIL1 l i
VIEILLES CHANSONS
Le départ du Grenadier
Guernadier que tu m'affliges, En m'apprenani ton départ.
Va dire i ton capitaine Qu'il te laisse en nos cantons, Que j'en serai ben aise,
Contente, ravie, De t'y voir en garnison.
Ma Fanchon, sois-en ben sûre, Je ne l'oublierai jamais; C'est ton amant qui te l'jure, Et crois ben qu'il n'aura pas
Le cœur assez coupable,
Perfide, barbare, D'oublier tous tes attraits.
Guernadier, puisque tu quittes Ta Fanchon, ta bonne amie; Tiens, voilà quatre chemises, Cinq mouchoirs, un' pair' de bas.
Sois-moi toujours fidèle,
Constant, sincère, Je ne t'oublierai jamais.
Un placement en actions de 26 fr. au porteur
Les actions de la Société l'Union des Mines d'or sont à recommander à la petite épargne aussi bien qu'aux gros capitalistes.
Ces actions quisont au porteur et qui sont cédées à 26 francs nets par la caisse des Mines, nous semblent appelées à un grand succès et à une forte hausse.
Qu'on se rappelle les plus-values énormes de 10, 15 et 30 fois la valeur nominale de certaines valeurs minières émisesà Londres.
Il n'y a aucune raison pour que pareille fortune n'échoit pas à l'action de l'Union des Mines d'or, sorte de Société d'assurances mutuelles par le mode adopté pour sa constitution et son fonctionnement.
Après la répartition, ces actions seront cotées aux Bourses de Londres, Paris et Bruxelles.
Les premières maisons de banque de Londres reçoivent les souscriptions ; l'Impérial Bank, établissement de premier rang, couvre l'émission de son patronage et a ouvert ses guichets. Pour qui connaît les principes serrés des grands établissements de Londres, le concours de tels établissements et la participation active de Brokers de premier ordre, suffisent à indiquer la correction parfaite de l'organisation de la Société de l'Union des Mines d'or — la
valeur de ses affaires — l'avenir de toutes ensemble et de chacune d'elles — et par suite les plus-values légitimement espérables.
Le classement des actions de 26 francs de la Société l'Union des Mines d'or se fait dans de bonnes conditions.
11 faut bien reconnaître que le patronage puissant qui couvre cetteémission lsi pour quelque chose, et même pour beaucoup, dans le succès obtenu en France par la Caisse des Mines, chargéeplus spécialement du placement de ces titres ; mais cependant il faut aussi constater l'attrait de ce petit titre de 26 fr. au porteur.
L'action de Tharsis, qui a été assez longtemps au-dessus de 200 francs, est une action de 30 francs. Celle de Rio-Tinto qui, en 1881, valait 800 francs, est un litre de 200 francs. L'action de Sheba, d'une valeur nominale originaire de 2=, francs, vaut aujour d'hui plus de mille francs.
L'action de l'LTnion des Mines d'or n'est que de 26 francs, et deux des merveilleuses affaires qu'elle doit au directeurde la Caisse des Mines, M. Ricarde Seaver, suffiront à la fortune de cette Société, à quadrupler le prix de ses actions si elles donnent seulement la moitié de ce que les polémiques des journaux anglais et français, à l'occasont des annexions récentes du Bechuanaland et du Transvaal, et a l'occasion des démêlés de la couronne d'Angleterre avec les concessionnaires du Pays de Galles, laissent prévoir.
LeGérant: Aristide BRUANT.— Imp. du Mirliton, F. Gaudois, 1 1 . Rue Condorcct, Paris
Quatrième année N° 52 Paix : 10 centimes
Novembre 1888
PARAISSANT TRÈS IRRÉGULIÈREMENT UNE DOUZAINE DE FOIS PAR AN Paris UN AN : 3 fr. Bureaux : Boulevard Rochechouart, S4, au Cabaret du Mirliton. Départ. UN AN : 5 fr.
Directeur : Aristide BRUANT
SOULAUDS
Dessin de Jean Caillou.
Ile quoi? De quoi? tu lai-* lu malin;- par'que tV« pleine... mais <;*a t*arri\e qu'un* loin par mois i:iriilis que moi i"«*u<-. plein tous les soirs.
LE MIULITON
LE CABARET DU MIRLITON
EST SITUÉ PRÈS DE
L'ÉLYSÉE-MONTIYIARTRE
Le plus chouette bal de Paris
Ramollot, paraît régulièrement chaque semaine par numéros de 16 pages, illustrés de nombreux dessins très humoristiques.
En vente chez tous les libraires et marchands de journaux ainsi que dans les gares des chemins de fer.
10 cent, le numéro hebdomadaire.
FANTAISIES
LES SEPT PECHES CAPITAUX
Cotier
Psil .'... viens ici, viens que j' t'accroche,
V'ià l'omnibus, faut démarrer !
Ruinât .'... r'iul' donc, hé! tel' de boche !
Tu vus p't'êt' pus t'melte à tirer
Au cul? T'en ai assez d'ia vole?
T'as déjà soupe du mélii r ?
Vais lu peux pus en faire un aute ,
Te v'ià comm' moi ; le v'ià cotier.
Diu! quèqu'tu fsais dans la jeunesse?
T'as p' tel' ben couru à Long champs.
T'as p't'êt' été l' cheval d'Ernesse Quand ï la donnait dans les camps; Hein, mon colon, tu fsais la gueule, Tu marquais l'pas aux porte-sac, Aujourd'hui, c'est moi que j' t'engueule : Psit ! viens ici, lié ! Cavaignac.
Qu'qu tu r'gard' ? eun' jument qui pisse, Ça if fait donc eucor' de l'effet?
Vrai, j' Saurais pas- cru si novice,
Les feuun's!... tiens... (il crache) v'tà l'effet qu'ra m'fait. Viens, mon salaitil. i iens, guide à gauche, T'es trop vieux, va, pour dérailler, D'ailleurs, c'est pour ça qu'on t'embauche : Tu n'es pus bon qu'à travailler.
Ça t'élonn'...? ben vrai, lu m'épates:
C'est lu vi'... faut porter V licou Tant qu'on tient un peu su' ses pâlies El tant qu'on peut en foute un coup.
El pis après, c'est lu grand' sorgue.
Toi. tu t'en iras chez Afaquart, Moi, j'irai p't'êt' ben à la morgue, Ou ben ailleurs... ou ben aut' part.
AmsiiDE Bruant
EXTRAIT DES HISTOIRES DU
COLONEL RAMOLLOT
Cette amusante publication, rédigée par notre collaborateur et ami Charles Leroy, créateur du type aujourd'hui si populaire du Colonel
S'crongnieugnieu! j'suis pour la r'ligion : n'suis pas une tourte qui m'f.... d'tout comme d'aucuns pourraient s'i'installer dans l'système; d'abord je n'sais pas c'que c'est, j'ny comprends rien, mais j'connais assez d'choses , puisque j'connais tout, pour ignorer çui-ci. Pour lors j'dis qu'la r'ligion a du bon, s'ment ça n'empêche que je n'coupe pas dans un tas d'foutaises qu'on imbibe aux p'tils enfants, tendez bien c'que j'vous parle?
J'comprends qu'la r'ligion vous défende de voler, puisque la police vous f... d'dans v'ià c'que j'appelle un bon conseil; il y en a d'autres, n'sais plus lesquels, mais ça n'fait rien. C'qui m'fait gondoler d'pitié, colère et autres, c'est c*te f... histoire de péchés capitaux.
Signifie: péchés capitaux? Et r'marquez qu'tout ça c'est des n.... de D.... d'péchés d'mon sac, comme lequel le militaire ne peut pas s'en passer à moins d'n'étre qu'une f... tourte.
Ainsi t'nez prenons-les par ordre, et c'mençons par: