‹ Le Mirliton (volume 3)Chapitre 52 sur 243 · PRINTEMPS MODERNE · texte numérisé non relu

PRINTEMPS MODERNE

Le cher printemps, encore une fois revenu, Pourchassant les brouillards neigeux a grands coups

1 d'ailes.

A pavoisé l'a;ur infini du ciel nu

De fleurs d'acacias et de vols d'hirondelles.

Or, ce n'est plus le temps pour les jupon-: ouattès, Et les velours pesants de ses robes à queue N'étant plus de saison, madame, revête^ Quelque jupe légère et bien tendrement bleue.

Reprenez ce chapeau de paille, tout garni

De tulle, et qu'un bouquet de roses accompagne;

Les sous-bois sont baignés de soleil a Rosnr;

Si vous voule^, partons ensemble à la campagne.

Les roses de l'Avril ont des parfums troublants, Les oiseaux par les bois s'entent des villanèlles. Les chèvrefeuilles verts et les liserons blancs Montent en s'enlaçant au sommet des tonnelles.

Et la neige fleurit aux branches du pécher. Et l'herbe des talus nous prône les caresses; Cela serait exquis, vraiment, d'aller cacher Sous les premiers lilas nos premières tendresses.

Et de faire lever, dociles éi nos voix, Les aubes de bonheur longuement espérées. En couvrant du mystère ineffable des bois Le mystère divin des amours ignorées.

Georges COURTELINE.

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