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LE Mllt' [TON
Après unquadrille,que1questours de valse, et je vais faire un tour dans les salons... Duglacis jouait et perdait... C'est une véritable passion que le jeu chez Duglacis. . et il perd toujours... Malgré ça, il s'acharnait ! Ma foi ! j'eus pitié, je prends son jeu... je gagne... Je continue... je gagne!... Duglacis, lui, était sorti prendre l'air... il étouffait ! Vous me croirez si vous voulez : à huit heures du matin, je lui avais gagné cinq cents louis!... — Je le cherche...
Presqueà la portede ma femme que j'avais oubliée, je le trouve...
— Eh bien ? me dit-il.
» — Eh bien ! voi^à cinq cents louis ! C'est mon cadeau de noces !
Et je les lui remets.
C'était bien ma faute, n'est-ce pas, si j'étais resté à jouer jusqu'à huit heures du matin ?... Eh bien ! ma femme n'a jamais voulu entendre raison... Elle prétend que c'est Duglacis qui en est cause !... Et, depuis, elle ne veut plus entendre parler de lui !... Alors, pour ne pas lui faire de peine, je finis par faire comme elle veut... Je ne lui en parle plus. . A quoi bon la chagriner ? Elle est si prévenante pour moi, si bonne, si affectueuse !... Ainsi, tenez ! Elle a su tout de suite que j'aimais à aller le soir, après dîner, à mon cercle, aux Pieds-Plats.., Elle m'a dit :
— Mon ami, je ne veux pas que tu t'imposes de privations pour moL^-ll n'y a rien de mauvais comme les vieilles habitudes qu'on rompt...
Et quand neuf Heures sonnent, elle me renvoie tout doucettement.... J'arrive au cercle. Je trouve Duglacis qui perd...
coJiime toujours... Alors, selon nos conventions, il se lève. ..je prends son jeu et je gagne... Lui s'en va parce qu'il est toujours dans les affaires... et qu'il a à travailler... Seulement il revient vers une ht- ure ou deux du matin, voir comment le jeu se comporte... puis nous rentrons... lui chez lui... moi chez moi.'|-- trouve ma fe me qui dort pai iblem ut... le sommeil de l'innocence... e- nous recommençant le lendemain... Cela nous apporte d'à sez beaux bénéfices... Vous voyez donc clairement que si je joue, ce n'e-t qne par amitié pour lui et que moi, quoi que puisse prétendre mon neveu, je ne buis pas joueur... D'un a .tre côlé, la Sagesse des nations est idiote, quand elle dit: « Heui euxau jeu, malheureux en femmes ! » j'en suis la vivante preuve. — El maintenant, capitaine, je vous uffre votre revanche.
Oscar Méténier.
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Spectacles et Concerts
24 /'et rier l^'jr,.
PARIS
On voit que nous sommes en carême. Semaine maigre s'il en fut : une seule première â se mettre sous la déni, Celle de Pêcheur d'Islande, drame tiré du roman si connu et si poignant de Pierre Loti, par M. Tiercelin.
Maigre succès aussi, comme il faut presque toujours s'y attendre d'ailleurs d'une pièce inspirée d'un livre. Los raisons en seraient longues & donner et je ne puis ici que les constater.
si l'œuvre par elle-même n'a pas eu le don d'emballer le public de la première, il est incontestable que la mise en scène et les décors ont rallie tous les suffrages et font le plus grand honneur à M. l'orel.
Parmi les interprètes, il convient de tirer hors de pair Mme Marie Laurent qui a eu de superbes moments et M. Guitry qui a donné belle allure au rôle de Yann. Fabrice Lésion.
Ba-Ta-Clan — La partie concert a été quelque peu délaissée, mais citons néanmoins le grand succès de La prière du soir qui est redemandée à Paulus, chaque fois, et de Stiv Hall, dans ses imitations d'Yvette Guilbert, Mlle Davigny est très bien avec L'Ouvrier parisien, et .Mlle Damoy nous a montré Le Trottin avec une certaine recherche. Guicbard avec l'Homme détient, et Bornas avec V Aiijuilleur, ont eu beaucoup de succès. Première représentation de Békanzin ou la prise de Kana, grande pantomime en l acte et 2 tableaux. Le scénario a été fait avec beaucoup d'art, et la musique qui est délicieuse a été très goûtée. Un en ressent tour à tour, la gaité, la passion, l'abandon, l'abattement, l'illusion et... la réalité. Pierrot, épris d'un fol amour pour Colombe est évincé par l'amoureux, de dépit il s'engage pour le Dahomey, où nous le voyons successivement dans la brousse, au camp des Amazones et à la prise de Kana, où il est décoré de la croix d'honneur et retrouve Colombe, qui, elle aussi, est partie comme cantinière pour le retrouver. Vous devinez la fin, Pierrot obtient la main de Colombe, et le rideau tombe avec le crépitement d'une fusillade très nourrie qui précède et termine la prise de Kana. L'interprétation a été très bridante: Antony a su donner au personnage de Pierrot tous les accents comiques et... émus, dont il excelle à nous présenter la physionomie avec un talent unique. Mlle liagani, engagée spécialement, mime très bien Colombe et est charmante en cantinière. Vifs applaudissements pour AI. Balazy et Mme Roland qui ont été bissés dans le pas de l'Amazone qu'ils dansent comme de vrais... dahoméens. MM. Gosset, Max Morel, Daubreuil, Guichard, Komas et Luigi, Mines Augusla et Latouche ont été également très applaudis. E. Brunet.
Casino de Paris. — Mme Edmée Lescot recueille chaque soir les applaudissements des nombreux spectateurs venus l'entendre interpréter ses chansons cosmopolites; Mines FanreetBerthotsont acclamées dans Trois maris pour une femme, La marche des séminaristes et La marche au solfège. Les llajade, produisent toujours leur effet accoutumé, ils n'ont qu'à paraître et aussitôt la salle entière part d'un long éclat de rire. Les troupes Goudet (équilibristes) et Benedetti (jeux Icariens) exécutent leurs différents exercices avec une ad et une agilité très remarquables. Les Darly dansent un quadrille, qui, nous l'avons dit déjà, rappelant à
Feu de chose prés La lourdes miracles donnée an dernier aux Ambassadeurs — décidément il fait école. — Les divertissements pantomimes l'Impalpable et La fin d'un monde terminent joyeusement une soirée dont le programme est des mieux composés. Léo Denis.
Concert Parisien. — Mmes IL Brun, Auffray et Nancy dans leurs dernières créations : Les hommes me gobent, A l'Andouillette, La sœur de l'orphéoniste et On n'est uns île bois récoltent de
nombreux bravos. ïvette Guilbert, interprète avec tout l'art du bien dire qu'on lui reconnaît et dont elle seule, a le secret: /.'■ Serrurier, Les Vierges, Belleville-Ménilmontani et "" Bois de Boulogne;
une moisson d'applaudissements est sa ré, n
MM. Cbambot et Charlus chaleureusement acclamés dans: .sï tu t'/igurei qu'tes comme y faut, Qui veut des plumes, Amour et musique et Les plaisirs de viiitjt ans. Clovis est désopilant lorsqu'il
vient nous narrer les mésaventures de sou five
O'clock et qu'il a perdu son passe-partout. Beschal continue à désopiier l'auditoire av( i co-
cher de l'Eurbaine et Je suis Bruyant. Paris- Gàudriole, obtient toujours un vif succès pour la beauté de ses décors panoramiques. le jeu et la gnité de ses nombreux interprètes. La sémillante N'ava el le compère Clovis se chargent d'ailleurs, de vous faire paraître le temps bien court. Léo Dkms.
Eldorado. — Mlle St-Lot peut dire qu'elle tient le public dans sa... manche quand elle se fait entendre. Mlles Denelly , d'Estigny et Montcharmont, donnent trois chansons dont les titres réunis semblent offrir la formule d'uu paradis terrestre selon Mahomet-Fin de-Siècle : La rie est belle, Vive la cocotte, les Deux sexes!'.! Mme Blanche Tarnot nous promène eu bateau, àimni du Mitho, et Mlle Polaire nous fait recommencer l'agréable Partie de canot de la semaine dernière. MM. Lucien, Blondel, Chevalier et Plébins, M Mes Irène Henry et Bonnaire viennent, Bannière en tête, interpréter de vieilles connaissances toujours applaudies. Et c'est Kam-Hill qui termine triomphalement la série des chansons. Ensuite vient la revue, très respectable pièce qui mourra centenaire et que remplacera bientôt, joué par toute la troupe, un vaudeville de trois jeunes auteurs d'avenir. — \h\ lapin d'honneur est offert à la daim; qui découvrira le nom de ces trois nouveaux mousquetaires. IL Darsay.
Européen. — Un début et une rentrée Le
début, celui de Mlle Berty (que de muas en y, mon Dieu!), dont la voix fraîche, aux agréables calises, est aimable à entendre; mais Mireille est un peu difficile pour votre jolie gorge, Mademoiselle, et je vous préfère de beaucoup dans la chanson de la Femme de Xarcisse — M> ! nh ! ça fait toujours plaisir. Et puis, pourquoi cette rutilante
robe jaune pour chanter Mireille:' Si Mireille
vous voyait,ello ne serait pas contente. La rentrée, c'est celle de Duileuve, qui a retrouvé pour Ixs Mollets noirs son public enthousiaste. Mlle Delevêque est bien sémillante dans La Lettre à ma. Mie et Verli ne l'est pas moins dans l'Oreiller et la Leçon de. Biniou. Deux rayons de soleil que ces deux gentilles blondes, l'une un peu pâle : soleil de printemps, l'autre doré : soleil d'automne. Mme Mazedier nous rappelle à l'affreuse réalité du trottoir par ses silhouettes de lill<
joie de désespoir pourrait-on dire plus ji
ment, car lion Gigoto est empreint d'une mélancolie qui donne bien l'état dame de ces malheureuses. Léo Bert est fougueux avec le genre patriotique: La Lettre du Dahomey lui a valu de chaleureux rappels. Béhanzin y est a ment flétri. Kelui est un Bruant pris sur le vif. Lutin et pour la bonne bouche, joli duo
gons de VillarSf admirablement chanté' par Mlle Etosetti secondée par M. Delacroix. Une seule remarque, pourquoi Mlle Posetti appuie-t-elle tant sur les a et prononee-t-elle - jamais » 1 70e de la Revue, pimpante et rajeunie ; nés nou-
velles. A. Lia -son.
Nouveau-Cirque.— M. Donval ne s'endort pas sur ses lauriers. Aux attractions déjà si puissantes du Kanguroo-boxeur et de la jolie /,'. Paris-Clown dans laquelle on admire chaque soir
lu ballet des chrysanthèmes — il vienl d'ajouter
a programme, au auméro tout S tail sensa
tkmnef.- Darling et ses lions, dont l'immense
■ dans toutes Les mé ires,
vient de faire une rentrée triomphale. Tout le monde regrettera certainement le nombre rcstreint des représentation qu'il peul accorder.
Pépinière.— l'as do changement* notables au
Îirogramme. Signalons, cependant, L'audition de Hlle Darmelle, une jeune artiste, douée d'uni' voix fraîche et sympathique, et d'une bonne diction. Succès et rappels. Nous espérons <i11(' |:l Direction nous procurera le plaisir de L'entendre et de L'applaudir encore. M mes Darris, Debay, Nri/.i, Délïy-Mo, Morcelli, Sellier, Walsy, et MM. Ransard, Gombert. Maxim, Renneval, Âlbens, Brunin obtiennent leurs succès habituels. Monsieur et Madame Vermillon, vaudeville des plus gais et des plus accidentés,de M. Legray, est leste menl enlevé par MM. ïïelt, Durafour, Gonibcrt et Mmes Fabre et Debay. Maxime Roger.
Scala. — Mlles Ilda et Laroche, des jeunes pei"« sonnes fidèles... à leurs chansons ne nous offrent rien de bien nouveau. Elles n'imitent pas Mlle Blanche Raymond qui fait la Fêté à Chaillot en compagnie du Tirli-1 irlu de Lecourt. Les transformations de M. Vignais ne nous réchauffent qu'imparfaitement. — Ah! quel frisquet! — mais ces transformations mêmes n'auraient-elles pu donner à Mlle Blockette l'idée de se métamorphoser en amazone pour interpréter, ainsi qu'il convient, la Légende de Béhanzin, — c'est du moins ce que m'a soufflé L'espiègle petit Bob, toujours à cheval sur les convenances. Mlle Madeline Dowe, heureusement de retour... au nid, personnifie agréablement V élégance 'parisienne, « la voilà bien la civilisation », comme dirait Mathias. Les Hobret-Lehman, dans Merci bien et la Retraite se passent la réplique, que Mme Bessard donne Au rossignol. Mme Stélani, pour nous montrer deux ombres chinoises, nous conduit chez le photographe avec ses trois voisines, toutes les quatre charmantes. M. Marins Richard récolte de sérieux, bravos dans la Goutte à boire. Avec l'excellent Gaudieux, la goutte est bue et e'est une vraie joie d'entendre cet artiste détailler Rin dzin blin et la Lettre à Catherine — lettre recommandée. .. aux amateurs de drôleries. La petite Laurence Parfait est parfaite, mais seulement quand elle chante de gentils couplets. Enfin Mme Paula Brébion est acclamée, chaque soir, dans V'ià les soldats, une chanson qu'il serait plus agréable d'entendre détailler à la lueur de la veilleuse. Jeudi, nous avons eu la première représentation du Carnaval conjugal, opérette-folie en un acte de MM. Lebreton et Moreau, des vétérans de la victoire, musique du célèbre maître Albert Petit. Il s'agit d'une Mme Boulinot (Jeanne Bloch) qui trompe son mari (Libert) avec son cousin Gondolin (Maurel, ce gaillard-là connait toutes les bonnes fortunes); de son côté, M. Boulinot trompe sa femme avec l'ancienne maîtresse de Gondolin. Et tous ces cornards se trouvent, un certain soir, à souper en cabinets particuliers dans le même restaurant. Providence, voici bien de tes coups! Un garçon de restaurant (M. Battaille) et un usurier (M. Mathias,) corsent l'action, mais tout finit par s'arranger, grâce à l'intervention d'un faux commissaire, Faribol (Hobret), grâce surtout à deux coupures importantes : la romtuice, de Mme Bloch, et le duo-valse, de la même Mme Bloch et M. Maurel. Nous avons constaté tout ù l'heure que les époux se réconciliaient, espérons qu'ils auront beaucoup d'enfants, nous voulons dire beaucoup de représentations.- H. Darsay.
PROVINCE
Bordeaux. — Folies-Bordelaises. ■— Débuts sensationnels de Miss Mabell Stuart, danseuse serpentine, créatrice du genre au Folies Bergères de Paris. Les plus chaleureuses ovations accueillent
bais 1rs soirs cette artiste et bis [et rappels pieu* vent j foison. Triomphe des Jaquet et Mothu dans buis scènes réalistes. M. Jaquel est notamment applaudi dans Grelotteux, et tous nos compliments à M. Mothu pour Douce Ivresse.V.w par L'agence Paul Diuon. Succès toujours croissant de Mlle Marthe Lys. qui détaille avec liuessc L'associe et Le Mollet de Rose. Mes rires d'amour sont exquisement roucoules par Mlle < 'dette. Toujours très en faveur Mlles Dolia et Bérangère. Très goûtées Mlles Berty et Norville. Nos félicitations à Mlle Musette Gilbert. M.Moiroud adroit
à nos éloges pour sa création On n'est jamais trop vieux. Après l'Enfant du chemin de fer, nous avons eu L'occasion d'applaudir M. Moret,du Théâtre Français, dans M. Choufleuri restera chez lui le... où M. Dclmas est d'une supériorité incontestable.
Alcazar. — Cet établissement n'a vraiment pas de chance. La revue, après quelques représentations, a été suspendue pour cause d'insuccès. La troupe Se vérin est remplacée par la troupe Frnnky et une mauvaise imitation de danse serpentine termine le spectacle. A . I Jévré.
Calais.— Aux Variétés, M.Gavel prépare de grandes transformations pour la saison prochaine.Sous le nom de Folies-Bergère, cet établissement devient concert à grand orchestre, galeries, loges, promenoir, etc. Bravo ! En attendant, sa petite troupe marche gentiment. Succès constant pour les duettiste Collettys et pour le nègre burlesque Loos. A citer : Albertine bicot, Miss Jessy, et les danseuses anglaises Winnie et Anny Loustale.
Au concert du Saumon quelques amusants chanteurs giguistes anglais et une romancière qui ne manque ni de talent, ni de voix.
Eldorado. — C'est devant un nombreux public que l'homme serpent a fait ses débuts, samedi soir ; aussi, les applaudissements ne lui ont-ils pas été ménagés. Les Dorval ont été fort applaudis dans leurs duos Paul et Virginie, Rosière et Pompier, duos qui ont été redemandés, tant leur succès est grand. Mlle Paulinette obtient tous les soirs un immense succès dans ses chansons, principalement dans le Vin de Marsala. Mlle Régis dans ses. chansons comiques fait plaisir. Mlle Vernet, romancière, recueille également des applaudissements,nous lui conseillons,cependant,d'apporter un peu d'attention sur sa prononciation. N'oublions pas, non plus, Mlle Georgette dans ses chansons excentriques. Mlle Stanislas s'acquitte très bien de sa tâche d'accompagnateur: P. Paul.
Cannes. — Vendredi, 17 février, il y a eu une grande représentation de gala au Casino de Cannes au bénéfice de M. A. Noël, administrateur, avec le gracieux concours de M. H. Petit, de la Scala, de Paris, et de M. Denis, du Palais de Cristal, de Marseille. M. Petit n'a plus à être vanté; il a, à Cannes, comme à Paris, fort amusé le public dans le rôle de Poporel de la Commode de Victorine, comédie-vaudeville de MM. Labiche et Martin. Il était très bien secondé, d'ailleurs, par MM. Noël Gubisol, Survil et Mmes Noël, Manauzy, Marie Croze et Bonheur. Dans la partie concert, parlons de Mme Manauzy, dont la voix souple, d'une grande étendue, vocalise sans fatigue et avec méthode. Très applaudie dans le Hautbois et deux valses chantées. Mme Noël, chanteuse d'opérette, a de la voix et sait s'en servir. M. Gubisol, baryton, son nom, sa voix chaude, ses gestes expressifs disent son origine méridionale; il chante avec feu et conviction : le Retour du Dahomet, la France et les matelots. M. Survil, comique réaliste, ne copie nullement les chanteurs de Paris; il nous a fait entendre une nouvelle création de : Ma gigolette et de Je te vas jeter une pierre. A signaler aussi : Mlles Marie Croze, Bonheur et Léo. La seconde partie de la représentation a été remplie par l'amusant et incomparable ventriloque Stiev-Nard et ses. 10 sujets.
Casino des Fleurs. — Nous apprenons que Mme Sarah Bernarhdt donnera deux représentations les samedis 18 et ^5 courant. Au programme : Frou-Frou et Phèdre. Dans notre prochain numéro nous donnerons un compte rendu détaillé de ces deux soirées. A. Buisson.
Douai. — L'Alcazar a fermé ses portes; et Fernande/, après une tournée de deux mois, va nous revenir comme régisseur de la Ville japonaise, nn nouveau concert à grand orchestre et qui fera merveille, dit-on.
A VFden, adieu de Mlles Marcelle Duval et Régina Delattre. — Adieux fleuris s'il en fut. — L'orchestre des dames françaises va nous quitter aussi. C'est fort dommage, car le genre plaisait beaucoup. On applaudit toujours Gabriel kestel qui fait triompher Bruant et ses chansons réalistes, et Ben- Zarah, une danseuse orientale qui ne manque pas d'originalité. Mlle Germaine, après quelques semaines de repos hien gagné, vient de faire sa rentrée et a retrouvé Les sympathies de ses habitués. A signaler aussi Mlle Ernestine une vraie « Cocotte cosmopolite « et le petit Pernaud toujours en verve. On annonce les débuts des frères Armand que nous avons eu l'occasion d'applaudir au Casino de Faris. « Fn route » la dernière composition de Jean Switters est redemandée chaque soir. Intérim.
Quelques critiques formulées par le Mirliton ont,
Earait-il, déplu à quelques-uns, comme le disait très ien dernièrement un de nos collaborateurs, le Mirliton est un organe indépendant, dans lequel il ne suffit pas d'être abonné pour avoir du talent; pour ceux qui ne sont pas contents, il y a une chose plus terrible que les critiques, c'est le SILENCE — nous saurons en user. P. P.
Grenoble. — Casino. — Cette semaine ont eu lieu les débuts sensationnels des : Donatos unijambistes. Rien de curieux, en effet, comme de les voir sauter, danser un chahut infernal, cabrioler et retomber toujours d'aplomb sur leur pied. One légende est déjà établie sur ces singuliers personnages : On dit qu'un seul des Donatos est naturellement infirme et que l'autre s'est fait couper la jambe droite pour ressembler à son frère. Oh ! Rivier, voilà bien de tes coups !! Fredy a fait sa rentrée au milieu d'une salve d'applaudissements; très bien dans ses têtes politiques et ses chefs d'orchestre. Une jeune débutante, Mlle Bethly, a affronté la rampe samedi. Un peu timide, mais la voix est juste, du rcste,avec un professeur tel que I. Nove, on doit devenir artiste en peu de temps. Du courage, Mlle Bethly, et vous arriverez. Le bal du Mardi-Gras a dépassé de beaucoup en recettes celui des années précédentes. La salle était littéralement comble. Aussi, notre sympathique maestro Nove a-t-il déployé tout son entrain habituel pour faire pirouetter les élégants Pierrots et Pierrettes qui s'y étaient donné rendez-vous.Le bal n'a cessé qu'à 5 heures du matin, au grand regret des danseurs. Débuts de Mlle Sparelly, chanteuse légère,et rentrée deMlleNaïda.
Mi-Bemol.
Le Havre — Folies-Bergère. — Nous sommes toujours dans la revue de Oh! aïe ! aïe ! on ne parle pas encore de la dernière représentation, nous en sommes à la GGme; c'est un fort joli succès pour les auteurs; on n'avait pas eu encore au Havre une pièce avec une si grande continuation de représentations. Cette semaine, le couple Nerson et Petit nous l'ait ses adieux ; ils sont engagés à Marseille; ils vont être remplacés par le trio phocéen, dont on dit grand bien. Les Hacker et Lester, les véloeipédistes-acrobates, sont en grande faveur; leur équilibre sur leurs machines et leurs sauts périlleux sur ces instruments sont vertigineux. Quant à la nouvelle scène ajoutée du scandale dans la salle, faite par MM. Nerson et Milcamps et Mines Montigny, Baya et Genève, ce n'est qu'un éclat de rire tout le temps qu'elle dure.
Moulin-Rouge. — Cette semaine a débuté Mlle
Flavigny, la chanteuse de genre que nous avons déjà entendue ici, il y a quelques années, à l'Alcazar et
qui v avait laissé de bons souvenirs; les Aubin-
Leonel, le couple danseur et chanteur, est toujours acclamé, et les trois Beram's obtiennent un légitime succès. Emile Pbr.
Limoges. — Alcazar. — M. Delpret, le sympathique régisseur de l'Alcazar, vient île nous quitter
pour se rendre à Saint-Etienne où l'appelait un engagement. Son départ a laissé d'nnanlmes régi aux habitués de l'établissement. M. Lestino, le comique nain, vient de débuter; nous lui prédisons un grand succès. Représentations de Mlles Pascal et Wekita, très intéressanles dans leurs excentricités
musicales. Mlle Niarquin, forte chanteuse, triomphe chaque soir. On ne se lasse jamais d'entendre une
artiste de cette valeur. Prochains débuts de Mlles
Bellac et d'Angles. Sincères félicitations à M. Léonce Barret et à son excellent orchestre.
Martial du Treuil.
Marseille. —Palais de Cristal. — Débuts acclamés de la famille Oée Mée dans leur merveilleux pot-pourri aérien, et de Mlle Volncy, du Moulin-Bouge, rappelée dans La Valse des Cocus. Mlle Martine chante magistralement La Retraite aitj; Flambeaux. Les Gimel - Strit, les parfaits duettistes, se font rappeler dans La Marche des Vieux Tableaux. Adorable, la superbe Blanche Leprince dans l'Huissier /in de .Siècle. Débuts de Gouget, le premier champion monoeyeliste du monde ; de Mme Jeanne, l'Ârlésienne excentrique: Deschamps. créole; Paula Deschamps, comique, et de Mmes Gill-Bert et Pontier, jeunes comiques, tous engagés par M. Richaud, correspondant spécial du Falais de Cristal.
Alcazar. — Les débuts de Mlle Duclerc, des Folies-Bergères, ont été très orageux. Comme il y a deux ans au Palazzo, cette artiste s'était mis à dos le public marseillais, elle a été accueillie en scène de telle façon, qu'elle a dû de suite résilier son engagement. Cela est vraiment regrettable, car Mlle Duclerc est une nature, et elle est douée d'un talent très original. Débuts acclamés de Mlle Jeanne Duga, chanteuse légère. On annonce de nouveaux débuts et les prochaines représentations de Bruant. Armand Duca.
Montpellier. — Spcssardi et ses ours, dont le succès est allé grandissant, ont terminé dimanche dernier leurs comiques et impressionnantes représentations. L'attraction du jour est en ce moment D'Jelmako, dans ses surprenants exercices sur le câble tendu. Le personnel lyrique a subi et va subir encore quelques modifications. Mlle Rozals, la chanteuse comique excentrique,
3ue tout le monde a applaudie, a fait ses adieux, et e jolis adieux, jeudi soir. Vendredi, c'était le tour de Mlle Cazalis, la jolie petite diseuse travestie, toujours fêtée et adulée. Vous voudriez peut-être savoir par qui ï Curieux, va! Peu après, adieux des Lafont-Dorsay et de Mlle Rosensteel, trois artistes aimées du public. Jeudi soir, Mlle Saint-Pol a l'ait de bons débuts. Elle a su, ce ne lui est pas difficile, s'attirer du premier coup les bonnes grâces de chacun. Autant pour Mlle Aveline qui a débuté vendredi. Rhcyal a eu un cheveu dans son existence artistisque. Un malentendu, un instant de mauvaise humeur ont failli lui coûter quelques déboires aux Variétés. Tout s'est arrangé pour le mieux dans le meilleur des cales-concerts, et maintenant il j«.uit, en pleine
liberté, du succès auquel il a droit, .le suis le premier à applaudir à cet heureux et juste dénouement. Rheynal finit le 15, et, le 16, débuts Mévisto aine, auquel on peut prédire un succès
sans précédent. Pense/, donc, il vient aV(
répertoire de Montoya. Autant dire que tous les étudiants seront là.. .et moi aussi. Mlles Duchamp, Andrée et de Carsac (elle est rentrée en grâce), sont bien en cour. <>u m'annonce, pour le 11 février, ROSCO et ses cochons savants. Ce sera, drôle. Paul Hissoa.
ETRANGER
Barcelone. — Je voudrais pouvoir vousadi
pondancea plus nombreuses et pins suivies. M;iis. les artistes français défilent si rapidement sur dos deux établissements Folies Berg\ rès et I tés, que c'est i peine si on a le temps de se former une idée de leur genre et de leur talent, et de les
Pouvoir apprécier à leur juste valeur Peut-être à avenir serai-je plus heureux. Quant à l'JEden el à VAlcaaar, il n'y a pas d'artistes français et je doute fort « pie les exploits de nos compatriotes puissent intéresser les lecteurs du Mirliton.
Don Pkdro.
Londres — L'ancien pensionnaire de l'Alambra, Pred Leslie,es1 mort laissant près d'un demi million de francs gagnés en une douzaine d'années; il avait été le créateur du Rip-Van-Vilte qui a fait sa réputation. A l'Alambra, Ganivet, the funny Frenchnian (Le français drolatique), ainsi s'intitule ce grotesque qui pourrait mieux faire avec sa voix que acrobaties de singe en délire. Les ballets de Jacobi, puisque la musique en est le principal ornement, continuent le succès de ce magnifique établissement.
A l'Empire, la troupe des Schaffer est revenue ave.- un nouveau clou : Plazsa de Tovros, qui obtient par son originalité et l'excellence des acrobates un succès extraordinaire. Coborn, le Paulus anglais. obtient tous les soirs au Palace, un très grand succès dans ses nouvelles créations. Le nouvel établissement de l'Oxford est un grand succès, la troupe y est excellente. Un accident qui s'est terminé d'une façon fatale pour Mlle Blanche Blanchard, une jeune française de 17 ans en représentation au cirque de Leicester, a jeté la consternation parmi les spectateurs. Elle est tombée du trapèze d'une hauteur prodigieuse et en dehors du filet, elle est morte sur le coup. Pour ne pas finir sur cette note triste, M. Sutton, le directeur de l'Alambra, a mis à la disposition de l'équipe française du • Football » les deux grandes loges de ce magnifique établissement; l'orchestre les a salués à leur arrivée par la Marseillaise, — bien que nos compatriotes se soient fait battre, ou peut-être pour cela, ils ont été reçus avec beaucoup d'enthousiasme.
Brandy-Soda.
Le Mirliton est en Vente à
Paris, dans tous les kiosques.
Anvers, dépôt du Petit Parisien, Marché aux Souliers.
Bordeaux, chez M. Graby, 11, rue des Piliers de Tutelle.
Bruxelles., chez MM. Istace et Kats, passage du Prince, 5.
Calais, chez M. Pauicels, rue Royale.
Douai, chez M. Vaquez, rue du Cloître Saint- Pierre.
Havre, chez M. Tenaillon, 20, rue de la Bourse.
<ges, chez M. Grilliere, place Denis-Dussoubs.
Lyon, chez M. Chon, 16, rue des Archers.
Marseille, au kioque Dumont, rue de No'ailles.
Aimes, chez M. Huissier, 9, rue Racine.
Orléans, chez M. Thiédu, place du Martroi,
Poitiers, à la Direction de l'Eldorado.
Rouen, chez M. Gaucher, 90, rue des Carmes.
Toulon, chez M. Raybaud, libraire, rue de l'Intendance; dans tous les Kiosques et au Casino. Toulouse, au kiosque Ancelin, avenue Lafayette.
CHEMINS DE 1ER
ni.
Paris à Lyon et à la Méditerranée
Billets d'aller et retour à prix réduits.
La Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée délivre toute l'année, sur son réseau, des billets d'aller et retour de ire, 2e >'t 8e classes, avec prix comportant une
réduction de ;.'ô pour cent sur les prix ordinaires: De ou pour Paris, dans un rayon de oui) kilomètres, De ou pour les gares de Lyon et celles de Marseille; dans un rayon de 250 kilomètres;
De ou pour les chefs-lieux de département et localités assimilées, dans un rayon de 150 kilomètres;
I i pour les chefs-lieux d'arrondissement et localités assimilée-, dans un rayon de 75 kilomètres.
Chemin de fer d'Orléans
Voyages aux stations thermales, hivernales el balnéaires «les Pyrénées et <lu «iolte de
Gascogne.
La Compagnie d'Orléans, d'accord avec celle du Midi, vient d'adopter de nouvelles mesures en vue de facilite des voyages aux Pyrénées et sur les bords du golfe d Gascogne. e
1 • La durée de validité des billets d'aller et retour, individuels, de toutes classes, réduits de 25 0/0 en Ire classe et de 20 0/0 en2' et 3' classe sur les prix du tarif général, vient d'être portée de 10 à 15 jours, non compris les jours de départ et d'arrivée.
En outre, la durée de chacune des deux périodes de rolongatlon qui sont accordées aux voyageurs moyen- Pnaut le paiement, pour chacune d'elles, de 100/0 dé ia valeur du billet, ett portée de 5 à 10 jours.
2' Les billets d'aller et retour de famille à prix réduits, de Ire et de 2" classe, dont la durée de validité est de 33 jours non compris les jours de départ et d'arrivée, devaient anciennement comprendrean moins trois personnes.
Or, une réduction de 20 0/0 6ur les prix du tarif général est accordée, actuellement, aux familles de deux personnes ayant à parcourir une distance d'au moine 500 kilomètres, aller et retour compris.
Ces divers billets sont délivrés, toute l'année, à toutes les stations du réseau d'Orléans, pourvu que la demande eu soit faite au moins 4 jours à l'avance.
Chemins de fer de l'Ouest
Les communications entre Paris et Londres sont assurée dans chaque sens, par quatre services rapides:
par Calais et Douvres
Les départs de Paris ont lieu à 8 h. 20 et 11 heures du matin (Ire et 2e classe), et à 7 heures 45 du soir (Ire classe seulement), et les arrivées à Londres à 5 h., 7 h. 15 du soir et 6 heures du matin.
Les départs de Londres sont fixés à 8 h. et 11 h. du matin (ire et 2e classes), et à 8 h. du soir (Ire classe seulement) et les arrivées à Paris à 5 h. 41, 7 h. 40 du soir et 5 h. 50 du matin.
par Boulogne et Folkestone
Le départ de Paris a lieu à 9 h. 40 du matin (Ire et 2a classe) et l'arrivée à Londres à 5 h. du soir.
Le départ de Londres est fixé à 9 h. 40 du matin (Ire «t 2e classe), et l'arrivée à Paris à 5 h. 57 du soir.
La Culotte
On causait, en joyeuse compagnie, chez Noémie Vasseur, de la mésaventure récemment arrivée à Marthe Brion.
— Vous savez, l'acrobate du Cirque qu'elle avait enlevé? eh bien ! il vient de lever le pied après avoir emprunté à sa ravisseuse une rivière de diamants.
— Ma foi ! ce n'est pas mal fait, dit un gilet à cœur, on n'a pas l'idée de ça, se toquer d'un saltimbanque !
— Permettez, interrompit un journaliste, il faut tenir compte de l'ascendant qu'exerce sur l'esprit de certaines femmes le maillot des athlètes et j'estime la pauvre Marthe excusable jusqu'à un certain point. Le clown le plus laid possède une cassette toute pleine de billets parfumés. Les plus insensibles ont capitulésous le charme de ce séducteur irrésistible, le maillot !
— Notre ami a raison, dit Noémie Vasseur, le grand coupable, c'est le maillot; on pourrait ajouter aussi, c'est la culotte. J'en sais quelque chose. J'ai eu, moi qui vous parle, un béguin pour un dompteur. C'est, du reste, le seul, que j'aie jamais eu à me reprocher. Ce qui rend impardonnable Marthe Brion, c'est l'habitude.
Ce fut un cri dans toute l'assistance.
— Quoi! Noémie Vasseur, un béguin!
Noémie Vasseur, cette femme d'affaires !
— Mon Dieu! oui, comme les autres.
— Ça vaut la peine d'être raconté?
— Oh ! mon Dieu ! c'est bien simple. Vous vous souvenez bien de ce dompteur qui fit courir tout Paris il y a quelques années et qui avait un nom italien, Giacomo Galeotti, je crois. J'eus comme tout le monde, envie de le voir. J'y allai avec le comte Kaskine, vous savez, le diplomate russe qui avait une perruque si extraordinaire et dont nous avons ri tant de fois. Galeotti opérait au Cirque d'Hiver. On amena la cage au milieu de la piste. Il y avait là-dedans des lions, des lionnes dontles rugissements etles bonds désordonnés me firent passer un frisson dans les moelles. Galeotti apparut. 11 avait un dolman bleu-ciel à brandebourgs, des bottes à glands d'or et une culotte, oh ! mais une culotte blanche et si collante ! Il salua légèrement, se fit ouvrir Ja porte de sûreté et subitement il apparut au milieu des fauves, rugissant de plus belle, sous un jet de lumière électrique et dans une pose héroïque. Une véritable apothéose ! La culotte resplendissait, blanche comme la neige. Je ne pourrais pas vous raconter les exercices qu'il fit exécuter à ses animaux. Il les fouaillait à coups de cravache en poussant des cris rauques : — Ici, Brutus ! Sautez, Néron! Doucement, Sul-
(i) Extrait de " Le Beau Monac " par Oscar Méténier, i volume, chez Charpentier et Fasquelle, éditeurs, 1 1 , rue de Grenelle, Paris.
tan!... Comment, mademoiselle Saïda, vous faites la méchante! Venez m'embrasser non! vous ne voulez pas? C'est très mal, ce que vous faites là ! Oh! mais, mademoiselle Saïda a toujours le sourire sur les lèvres! un sourire encourageant! A bas les pattes, Saïda!
Et Saïda, grondante et l'oreille basse, venait se coucher aux pipds du dompteur, superbe dans son dolman dont les dorures scintillaient. La salle entière trépignait, moi je ne voyais que la culotte, la culotte blanche déplus en plus resplendissante...
Des sauts de barrière, des sauts à travers des cerceaux de papier, des cerceaux enllammés, des coups de pistolet, la fumée de la poudre, et par-dessus tout cette odeur de fauves, étrange, : grisante... — je me demande pourquoi, — puis l'obscurité complète avec encore des coups de feu et, tout à coup, un réveil aveuglant de lumière, le dompteur couché sur Saïda, la lionne indomptable, avec autour de lui les lions soumis, rampants. Moi, je ne vis encore que la culotte, qui m'aveuglait.
Galeotti sortit de la cage, fit trois saluts, envoya à l'italienne des baisers à la foule et disparut au milieu des acclamations.
Je restais émue, anéantie, comme brisée par le spectacle auquel je venais d'assister, sans me rendre compte du sentiment que j'éprouvais.
Toujours est-il qu'au café du Cirque, je griffonnai deux mots sur une page de mon carnet, que je mis sous enveloppe, et je forçai Kaskine à porter mon poulet. 11 rechignait, le pauvre comte, mais enfin il s'exécuta. Pour le récompenser je lui donnai congé et je rentrai chez moi, toute énervée.
— Il était de bonne composition, votre Russe, interrompit le journaliste.
— Il n'avait aucun mérite à cela, continua Noémie, il était dressé.
— Vous donniez rendez-vous à l'Italien;?
— Parbleu! et pour le soir même ! Mais vous allez voir. Rentrée chez moi, je fis préparer rapidement un petit souper dans le salon bleu ; je fis brûler des parfums. J'avais mis un magnifique peignoir de dentelles et étendue sur ma chaise longue, j'attendis... oh! pas longtemps! A une heure du matin, on annonça Galeotti. J'étais émue, tremblante... Je n'ai pas dû être plus émue, le jour où... Tassons. Galeotti entra. D'abord je crus me tromper, je pensai qu'il m'envoyait un commissionnaire.
Il ôta son chapeau, un chapeau d'Auvergnat; vous savez, un chapeau mou à larges bords. C'était bien lui! Il était frisé, pommade comme un garçon coiffeur, et Dieu me pardonne! il sentait le musc. Instinctivement, je baisssi les yeux. Il n'avait pas de culotte, mais un pantalon !. . un pantalon qui me parut tout diôle, un pantalon à pattes, je crois! Ah ! non ! jamais ! Il riait, et je m'aperçus qu'il lui manquait des
dents sur le devant. Je lis des efforts terribles d'imagination. Il me devint impossible de retrouver sous cet accoutrement e monsieur qui faisait sauter la terrible Saïda. La position était embarrassante.
J'avais fait venir ce garçon et je n'étais plus émue du tout, mais du tout, au contraire! Cependant l'Italien qui, du reste, ne me parut plus Italien à partir de ce momentlà, se rapprochait de moi insensiblement. Il avait exhibé mon poulet... Il le tournait entre ses mains en balbutiant :
— Madame, vraiment... je suis confus...
J'ai reçu ce soir... ce billet... et...
Cependant il fallait prendre un parti.
Heureusement, j'ai la décision assez vive. Je fus cynique :
— Monsieur j'ai été émerveillée aujourd'hui par les exercices que vous avez fait exécuter à vos fauves avec une audace à laquelle nous ne sommes pas accoutumées...
Galeotti s'inclina.
— Et j'ai cherché un moyen de vous témoigner ma reconnaissance pour l'émotion très vive que vous m'avez fait éprouver. Un cadeau, votre amour-propre de gentleman eût pu en souffrir.
Galeotti s'inclina de nouveau.
— Voici donc le parti auquel je me suis arrêtée. Ici, je rassemblai tout mon courage.
— Vous savez qui je suis... Une entrevue sollicitée et accordée par moi coûte vingt-cinq louis. Je vous ferai le prix d'artiste ; pour vous, et une fois seulement, ce sera cinq louis...
Le dompteur releva la tête et ouvrit la bouche, mais il ne put trouver un mot. Du reste, sans lui donner le temps de se reconnaître, j'ajoutai:
— Je suis heureuse de vous donner ce témoignage de sympathie et si, comme j'en suis sûre, puisque vous voilà, cet arrangement vous agrée, nous allons faire honneur au souper que j'ai fait préparer. De cette façon, j'aurai fait taire tous vos scrupules... Pas un mot, n'insistez pas ! Je n'accepterais pas un franc de plus !
— Et il a payé ?
— Comment s'il a payé! Mais je l'espère bien, répondit Noémie, et j'ai eu bien du regret le lendemain de n'avoir pas demandé davantage, car, ajouta-t-elle en soupirant, ça valait plus de cinq louis! Et voilà l'histoire du seul béguin de ma Jvie.
— A votre place, dit le journaliste, j'aurais voulu voir si une nouvelle représentation m'eût produit l'impression du premier jour.
— J'ai eu, mon cher, cette curiosité.
Eh bien ! rien du tout, pas ça! Quand un béguin est passé, voyez-vous!... Le bonhomme m'a paru en bois, les bêtes m'ont fait l'effet de ces chiens qu'on vend chez les marchands de jouets et dont on presse le ventre pour les faire japper, et quant à la culotte, je ne l'ai plus revue.
Oscar Méténier.
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