MISERE EN MÉNAGE
A la petite fenêt'
Qu'est au pied de mon lit
J'entends le rossignol
Qui dans son chant me dit
Dors lu, cœure mignonne,
Dors-tu. cœure jolie?
(bis)
Le premier jour de noces On quitte la famille.
Adieu donc, père et mère Frères, sœurs et amis.
Dors-tu, cœure mignonne, Dors-tu, cœure jolie ?
J'entends le rossignol Qui dans son chant me dit Tout' filf qui se marie Se met en grand souci.
Dors-tu, cœure mignonne, Dors-tu, cœure jolie ?
Adieu donc, père et mère, Frères, sœurs et amis; Je m'en vais en ménage Avecque mon mari.
Dors-tu, cœure mignonne, Dors-tu, cœure jolie?
Tout' fill' qui se marie Se met en grand souci.
Le premier jour de noces On quitte la famille.
Dors-tu, cœure mignonne, Dors-tu, cœure jolie?
Je m'en vais en ménage Avecque mon mari, Ce n'est pas pour un an Ni pour un an et d'mi.
Dors-tu, cœure mignonne, Dors-tu, cœure jolie?
Ce n'est pas pour un an Ni pour un an et d'mi.
C'est pour pendant sa vie Pendant la mienne aussi.
Dors-tu, cœure mignonne, Dors-tu, cœure jolie?
LE CABARET DU MIRLITON
EST SITUÉ PRÈS DE
L'ELYSÉE MONTMARTRE
Le plus chouette bal de Paris
EN VENTE
AUX BUREAUX DU JOURNAL Les six premières années du " MIRLITON 1 volume broché 15 , ,
Envoi franco, contre mandat pusle, à l'adressé de M. ARISTIDE BRUANT, 81, Boulevard Rochechoicart, Paris.
Le Gérant, Aristide BRUANT.
Imp. Pairault 4 C', 3, Passage Nollet.— Paris
façade de la rue Thénard n'a pas manqué à cette tradition. Venus presque tous du pays bourguignon, les potaches senonais possèdent deux qualités principales, auxquelles les vins généreux de leur pays ne sont pas étrangers : la franchise et la gaieté. Aussi la camaraderie gaie et franche a-telle toujours été très enhonneurparmi eux.
Aristide Bruant, le chansonnier populaire, l'auteur de Dans la Rue, le fondateur du Mirliton, qui m'en voudrait de dire trop haut ici tout le bien qu'il faut penser de lui, est toujours resté fidèle à ces bonnes traditions du ba^ar senonais: c'est, et cela on peut le dire bien haut, un camarade " modelé ", il a le culte du LabaJens.
Partant de ce sentiment, il a estimé qu'à côté du banquet de l'association des anciens élèves du lycée de Sens, lequel à lieu chaque année le premier samedi de Décembre, et qui conserve malgré tout, un caractère un peu froid et quasi-officiel — on y endosse l'habit — il y avait place pour une réunion plus intime qui pourrait se faire une fois aussi chaque année en été.
L'habitation qu'il occupe sur le sommet de la Butte Montmartre, à quelques pas de " sa ferme " et qu'il désigne sous le nom de " Son Château des Saules " possède un jardin superbe, comme les archi-millionnaires seuls peuvent s'en offrir un semblable dans l'intérieur de Paris. Là, au milieu d'un fouillis de verdure, loin des bruits de la rue, on se croit réellement à la campagne. C'était le lieu de réunion tout indiqué.
L'année dernière, une première tentative avait pleinement réussi, sept Labadens avaient répondu à l'appel. Cette année, on fut treize — on était quinze à table à cause des superstitieux. — Six invités s'étaient excusés au dernier moment, ce sont les camarades : Jullemier, Deligand, Alachy, Pelletier, René Bourgoin, et Mantelet.
Les Labadens présents étaient : Aristide Bruant, Roze des Ordons, Dr E. Renard.
L. Mortier, L. Colomb, H. Coppin, Ed. Collière, Lacam, Devinât, Belin, Maurov, G. Collière, Darcy.
Le banquet des Labadens était définitivement fondé.
Tout s'est d'ailleurs réuni pour donner à la petite fête de cette année un cachet tout particulier de charme et d'entrain. Une journée splendide, avec un soleil radieux, dont le feuillage des grands arbres du ;' Château " adoucissait la trop vive ardeur, avait permis de dresser le couvert dans Y Avenue des Tilleuls.
Pour laisser au banquet des Labadens son caractère de véritable camaraderie, il a été convenu dès le principe qu'ilse ferait toujours sous la forme de Pique-Nique.
Aristide Bruant fournissant la table, les couverts, les liquides, le pain, le sel, sans compter le^ radis et les salades de ses jardins, chacun s'était ingénié pour sa part contributive.
Je n'entreprendrai certes pas de racon-
ter par le menu ridem de ce festin, mais je ne puis passer sous silence le charmant petit cochon, originaire de Bourges, offert par notre camarade S' Ange Roze. Son apparition sur la table eut un succès fou, et la faveur bleue qui ornait sa belle petite hure servit à créer un ordre nouveau qui ne déparait pas même les boutonnières déjà garnies du ru!) in rouge ou du ruban violet.
Une mention spéciale doit être aussi accordée à la mayonnaise du Dl Ernest Renard, c'est d'ailleurs un spécialiste en la matière.
Faut-il dire enfin que le sel et le piment furent jetés à poignées dans la conversasation aussi bien que dans les plats. Les vieux souvenirsdulycée revinrent en foule, depuis le père Eternel, et le père Prost, jusqu'à Denis dit Carotte, Chien-Balle dit Jouffroy, le Pessiot et tutti quanti, et les bonnes blagues d'autan, les incendies dans les gouttières, les chahuts piqués au dortoir, inutile d'y insister. Sur la proposition d'Aristide Bruant, un toast spécial fut porté à Chien-Balle qu'on se promit d'inviter pour le banquetde l'année prochaine, ce qui nous rajeunira encore davantage.
Le banquet des Labadens étant déclaré fondé, à l'unaminité on désigne comme président d'honneur notre camarade Roze qui avait fait le voyage de Bourges, tout exprès pour se joindre à nous, comme président effectif, Aristide Bruant, et comme secrétaire, le camarade Henri Coppin. Il fut également décidé qu'on leur adjoindrait un comité composés des camarades Ernest Renard, Mortier, et Collière frères.
Pour compléter la fête, Aristide Bruant avait fait venir son personnel de chanteurs du Cabaret du Mirliton, mais je n'ai pas besoin de dire que c'est lui-même qui fut mis le plus à contribution pour nous dire ses ceuvr s, à commencer par la Marche du il f00 de ligne, jusqu'au " Bois de Boulogne " son dernier grand succès.
Comment ne pas parler, avant de terminer ce récit, de la " conduite " qui fut faite à notre camarade, le capitaine Roze, obligé de nous quitter avant la fin de cette fête ? C'est en sonnant aux champs que toute l'assistance voulût l'accompagner jusque dans la rue Cortot, et ce fut une vraiemarche triomphale dontlesMontmartrois se souviendront longtemps.
On ne se sépara définitivement que fort tard dans la soirée, en se promettant bien d'être tous exacts au banquet de l'année prochaine -qui est d'ores et déjà fixé au dimanche de Juillet précédant la fête nationale.
Avis à ceux de nos camarades, les Labadens qui voudront prendre part à cette fête de famille, car la place disponible étant en somme limitée, il y aura beaucoup d'appelés, mais peu d'élus, comme dans l'établissement voisin qui n'est pas au
coin de la Eutte.
Un Labadens (A. Q)