‹ Le miroir de la vie (volume 3)Chapitre 12 sur 57 · S K NS S LA S · texte numérisé non relu

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7) S'HLIATELVN SA ANAVA VIT

ou moins protégés par les anachorètes et par les saints dans leurs ermitages. Saint Godric cachera un cerf dans sa cellule; saint Colomban recevra les écureuils dans les plis de sa coule; saint Gérasime retirera l’épine de la patte du lion. Aux dieux chasseurs, aux dieux tueurs d'êtres vivants succède le Dieu charmeur, le Dieu apprivoiseur « qui étend sa miséricorde sur toutes les créatures ».

Aussi, est-ce le monde entier, sous ses espèces les plus diverses et les plus singulières, qui vient saluer l'Enfant dans les ruines d’un palais antique comme l'unique espérance et le salut. Ces ruines mêmes sont un hommage à la crèche. L'histoire veut qu'elle fût plutôt dans une grotte creusée à même le rocher, ce que, dans le midi de la France, on appelle une « balme » ou une « baume », et les visions de Catherine Emmerich forüfient cette donnée : « C’est dans une fissure de rocher qu'est né l'architecte du firmament. » Mais l'artiste n’a pas accepté ce décor. Il a toujours peint une étable ou plutôt un hangar, fort propre et en très bon état chez les Primitifs italiens; troué, ruiné chez les allemands, mais ordinairement fait des ruines d’un majestueux édifice, « comme la petite cabane de notre expérience est faite des débris du palais de nos illusions ». Ce palais est ce que le peintre avait de plus riche et de plus puissant sous les yeux au moment où il peignait : maison hollandaise à pignon dentelé, château gothique à fenêtres en amandes, ou portique dont l’acanthe grecque semble plus morte encore du voisinage des lierres qui la rejoignent : mélange infiniment pittoresque

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de voûtes à claire-voie, de tours éventrées, dé chevrons décharnés, de pierres disjointes et de dalles déchaussées d’où jaillit toute une flore imprévue. Et, par les trous du chaume, on voit filtrer étoile.

Au dernier plan, enfin, parmi les mamelons ronds comme des mamelles, au delà des pâturages où sont répandus Îles troupeaux, au delà des gradins des vignes, au bout des eaux serpentines avalées par : les ponts, et du long ruban blanc des routes avalées par les portes, l'amateur d'architecture peint la ville aux mille fenêtres, les palais ou les châteaux encore debout, mais que le souffle divin va renverser, la civilisation triomphante et la société organisée que la Bonne Nouvelle va dissoudre. Ces villes, heureuses dans la lumière, ne l'ont pas entendue. Elles poursuivent leur vie coutumière sous ces toits lointains. Nul ne se doute de l'événement qui s’accomplit. Les sages disent : Il ne viendra plus de prophètes! le monde est trop vieux; les mystères de Mithra sont les derniers. Platon, Pythagore ont tout dit. Le ciel ne visite plus la terre. Les Dieux se sont retirés. Et voici qu’à côté d'eux, dans le village, le : Sauveur naît. Le salut vient du milieu même du peuple, des plus basses classes et des plus ignorantes, là où les philosophes d'aujourd'hui et de toujours n'iront Jamais le chercher. Le peuple a entendu le premier et le premier a compris le cri des anges. Ce sont les plus ignorants qui savent. Ce sont les moins clarrvoyants qui voient. Et dans l’Esthétique des Noëls, la meilleure place est faite à « l’Adoration des Bergers ».

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