‹ Le miroir de la vieChapitre 12 sur 62 · INTRODUCTION. XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XVII

vraient faire leur orgueil. C'est la grandeur de Fart que de conserver, çà et là, des traces d'une multitude d'êtres utiles, bons, et quelquefois beaux quos fama obscur a recondit. Cette inconnue, c'est la bourgeoisie un peu étroite, un peu défiante, un peu attachée, mais saine, mais énergique, mais persévérante, qui a fourni à la nation les nouveaux cadres, les cadres solides de sa réorganisation, quand elle n'était plus qu'un troupeau épars. Cette inconnue, c'est la masse innombrable des forces anonymes que ne mentionne aucun Livre d'Or, mais qui, survenant au soir des grandes batailles sociales, sauvent tout quand on croit que tout est perdu. Cette inconnue, c'est la France même que l'Histoire, dans son culte des Héros, a complètement oubliée.

On comprend, alors, pourquoi ni les Pays-Bas ni la France n'ont péri. On comprend que, dans le même pays et à la même époque, il y a des vies dont les agitations sont passionnantes à décrire et qui défraient seules toute l'histoire et toute la littérature, et qu'il y a les vies, par milliers, par millions, qui, n'ayant d'autres traits que ceux du labeur quotidien, ont échappé le plus souvent à l'attention des historiens, des romanciers, des

poètes, et n'ont jamais occupé que les peintres :

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