‹ Le miroir de la vieChapitre 16 sur 62 · INTRODUCTION. XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXI

De tout temps, il fut moins surveillé par l'Église, par le prince ou par la faction. De même qu'un homme surveille moins ses gestes que ses paroles et moins les jeux de sa physionomie que les travaux de ses mains, de même un prince ou un doge prend moins garde à la façon dont on le peint qu'à celle dont on le raconte. Il tolère plus facilement une ride à son front qu'une médisance dans sa biographie. Il se défie davantage de son historiographe que de son peintre.

D'ailleurs, fût-il aussi méfiant de l'un que de l'autre, il laisserait encore paraître dans son portrait nombre de témoignages importants, faute de les apercevoir. Il ne se doute pas des révélations que son aspect physique peut contenir pour les physiologues de l'avenir. Il ne prévoit ni Camper, ni Lavater, ni Charles Bell, ni Charcot, ni le Dr Richer, ni le Dr Duchenne de Boulogne, ni le Dr Galippe, et Louis XIV ne se doute pas que la cire fameuse de Benoist, en révélant toute la dureté du modèle, est un réquisitoire.

Ensuite le visage ment moins que la langue et surtout que la plume. L'historien nous dit l'œuvre, le portrait, les mains. L'histoire nous répète le mot, le portrait, le regard. Avec l'historien, nous

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