XXIV INTRODUCTION
ciens se divertissent à y découvrir, est la plus vaine des querelles ! Qu'importe, en effet, que Van der Weyden ou Carpaccio aient voulu ou qu'ils n'aient pas voulu mettre dans leurs œuvres les sentiments de leurs temps? Ce qui importe, c'est qu'ils les y aient mis, même sansle vouloir, môme sans y viser, persuadés qu'ils ne faisaient que d'harmoniser des couleurs ou d'équilibrer des proportions; c'est ce qui s'y est glissé, malgré eux, de sentiments, dé préjugés, de haines, d'amours. Il suffit que ce témoignage existe dans cette œuvre, sans qu'il soit nécessaire qu'il y ait été volontairement introduit, pour attirer notre attention et mériter notre créance, et, au contraire, on peut dire qu'il sera, pour nous, d'autant plus décisif qu'il aura été, de leur part, plus inconscient.
Quand par une claire matinée, aux Thermes de Dioctétien, on se penche sur les stucs de la Farnésine, voici qu'au milieu des fins reliefs blancs quasi impalpables où cependant s'incorporent des villas, des portiques, des jardins, des autels, des palmiers, des figurines bachiques, parmi les vrilles des rinceaux enroulés, tout à coup paraît l'empreinte d'un doigt avec les papilles de l'épiderme : c'est le stuqueur qui, en modelant, a laissé là sans y penser un indice morphologique de lui-