‹ Le miroir de la vieChapitre 21 sur 62 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

une tour au pied de laquelle on se tient : de petites saillies cachent de grands espaces, le moindre tore ou boudin masque une fenêtre. On voit tout en raccourci. On prend pour les directions définitives ce qui n'est qu'engouement passager ; l'orgueil intellectuel, qui fait de soi le centre du monde, se persuade aisément que la vie a subi en tout et partout son rayonnement. Il y a quelques années, on s'est imaginé que la France avait laissé l'action pour lapensée. Depuis, on s'imagine qu'elle laisse la pensée pour l'action. Mais ce n'est qu'un petit groupe d'hommes qui fit cela. La nation, elle, n'avait nullement cessé d'agir quand parlaient les professeurs de scepticisme, et aujourd'hui que régnent les « professeurs d'énergie », elle ne va nullement cesser de penser. Qui voudrait suivre clans la littérature les altérations de la physionomie sociale risquerait fort d'y lire une multitude telle d'expressions éphémères qu'il se perdrait à en débrouiller les principales.

Mais il est beaucoup plus facile de tracer l'évolution de l'art. Car chez lui, les évolutions sont très lentes et très perceptibles. Il est plus vite fait et moins coûteux d'écrire un article de journal que de dresser une cathédrale, que de tailler un bloc de marbre ou môme de recouvrir un panneau de

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