‹ Le miroir de la vieChapitre 31 sur 62 · XXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVI INTRODUCTION

temps qui s'occupe des paysans et non pas ou très peu la littérature. L'anachronisme religieux se trouve peu chez les écrivains religieux et c'est chez les peintres que les variations du sentiment chrétien sont le plus sensibles.

Souvent enfin, l'histoire et l'art nous apportent sur la même époque des témoignages contradictoires. Qu'on lise l'histoire de Florence, qu'on visite ensuite ses musées : les Uffizi, Pitti, l'Académie, Riccardi, Saint-Marc, et l'on verra combien diffèrent la vision des historiens et la vision des peintres, combien cette fin de nuit du moyen âge et ce matin de la Renaissance s'éclairent d'illuminations diverses, selon qu'on se tient, pour les regarder, sur l'un ou sur l'autre sommet! Regardez-vous les tableaux des Uffizi, tout apparaît transfiguré, splendide, prestigieux. L'histoire s'efface. Sans doute il y avait des batailles, mais on n'y tuait personne et plus tard elles étaient dessinées par Michel-Ange et Léonard de Vinci. Il y avait des impôts, mais ils portaient de si beaux noms : prestanza et graciosal... Il y avait des politiciens, mais ils revêtaient la longue lévite florentine, Yucco, si noble, si différent des jaquettes de nos députés! Il y avait des cyclones, des pestes, des inondations, des tremblements de

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