‹ Le miroir de la vieChapitre 32 sur 62 · INTRODUCTION. XXXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXVII

terre, mais on se retirait en des Décamérons que n'atteignait aucun message téléphonique. Il y avait des condottieri, mais ils étaient si mal payés, que, trois jours durant, une troupe de grosse cavalerie, égarée dans la montagne, fut réduite à, se nourrir de fraises de montagne, de ces petites fraises si parfumées! Les ambassadeurs étaient si éloquents qu'on les appelait « les orateurs ». On assassinait beaucoup, en vérité, mais on faisait, dans les rues, d'admirables chasses au lion et à la girafe. On dansait devant le Pape et les cardinaux. Cosme de Médicis faisait pendre ses ennemis et torturer leurs mères, il corrigeait les scrutins et appliquait à ses adversaires l'impôt progressif, mais il offrait une lionne au roi René et ne trouvait jamais que ses architectes lui fissent d'assez belles demeures, ni lui eussent dépensé assez d'argent. Les historiens nous ont raconté des horreurs, mais les peintres nous ont laissé des merveilles; les livres sont pleins de rapines, de meurtres, de guet-apens, d'enlèvements, de proscriptions, d'échafauds, mais les tableaux sont pleins d'adorations, d'annonciations, de roses, de paons, de baisers, d'anges, de myrtes, de lys.

C3 sont des légendes! dira-t-on, sans doute. —

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