‹ Le miroir de la vieChapitre 33 sur 62 · XXXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVIII INTRODUCTION

Oui, des légendes, c'est-à-dire tout ce que nous savons de positif sur l'âme des peuples d'autrefois, l'histoire ne nous révélant, en définitive, que l'âme de leurs princes ou de leurs agitateurs. Aujourd'hui que toutes les classes de la nation se manifestent dans des actes publics : élections, grèves, meetings, peut-être l'histoire se fera-t-elle aussi de ces éléments, et l'avenir saura-t-il autre chose de nous que le nombre de nos morts laissés sur un champ de bataille ou de nos paroles violées dans un traité de paix. Mais pour les plus belles époques du passé, nous chercherions en vain l'âme de la multitude dans son histoire : quelques âmes des premiers plans nous la cachent, et c'est dans l'art, fût-il symbolique et légendaire, qu'il nous faut aller la découvrir.

Il y a, au musée Campana, des miroirs de métal où sont gravées des figures : les déesses, les danseuses, les nymphes, qui enchantèrent le monde païen. Leurs bronzes verdis dorment sous les vitrines, comme de petits lacs plafonnés de lentilles d'eau et de nénuphars. On n'y voit plus les traits de celles qui s'y mirèrent : on n'y voit plus quelle fut la beauté antique. Mais on voit encore les traits que l'artiste y inséra : on voit quelle voulut être la beauté antique. Rires, rêves,

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