‹ Le miroir de la vieChapitre 5 sur 62 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

au peintre, mais que l'historien n'eût jamais eu l'idée de noter, tant ses soins étaient pris par des récits de bataille, les traités de paix et les mariages de princes. Décrire une chambre, une auberge, un repas de paysans, un enfant qui va à l'école, l'écrivain n'en avait même point la pensée n'ayant rien à apprendre à personne sur ce que tout le monde de son temps connaissait comme lui. Qu'on feuillette notre histoire de France. On y trouvera le nom de rois qui n'ont vraisemblablement pas existé et des paroles qui n'ont pas été dites, mais de ces millions de paysans qui labouraient en silence et adoraient Dieu avec humilité, on ne trouvera pas trace. Ce qui bouleversa un petit coin de terre se profile grandiose sur le passé ; ce qui fécondait et faisait vivre une nation demeure invisible.

Maintenant qu'on regarde les tableaux, retables d'autels, miniatures, bas-reliefs, ou œuvres de hucherie, depuis les stalles d'Amiens jusqu'aux médaillons du Campanile, à Florence : des multitudes apparaissent qu'on n'avait pas songé à décrire, taillant les arbres, frappant l'enclume, hersant la terre, fêtant les rois, foulant la vendange, humant le piot, rentrant la fenaison, ensemençant la glèbe. Elles apparaissent surtout adorant

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