‹ Le miroir des heures, 1906-1910Chapitre 2 sur 105 · PRINTEMPS · texte numérisé non relu

PRINTEMPS

De tout ce beau printemps où renaissent les roses Et qui pare la terre et qui chang-e les cieux, Dans ma chambre fermée où les vitres sont closes, Assis auprès de toi, je n'ai vu que tes yeux.

Que d'autres en riant s'en aillent vers l'aurore Et reviennent, le soir, par les mêmes chemins, En pressant sur leur sein où l'amour vient d'éclore La fleur au nom sacré (jui parfume leurs mains!

Moi, je n'ai pas besoin, pour que mon cœur palpite,

De la lumière neuve et du soleil nouveau :

Un éternel avril en ma mémoire habite.

Que m'importe au dehors ce que chante l'oiseau!

Que m'importent la source où l'arbre doux se mire. Et l'odeur de la terre et la couleur des cieux, Puisque c'est sur ta bouche où sourit et respire La rose d'un printemps que j'ai vu dans tes yeux!

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