‹ Le miroir des heures, 1906-1910Chapitre 3 sur 105 · L'ENNUI · texte numérisé non relu

L'ENNUI

Pour distraire aujourd'hui ma tristesse importune Ne pose pas ta main sur mon front soucieux, Car l'angoisse de vivre y plisse sa rancune Dont le mauvais éclair brûle encor dans mes yeux.

Fais glisser lentement sur les fenêtres closes Les longs rideaux obscurs qui devancent la nuit; En ce cristal terni laisse mourir ces roses : Leurs feuilles en tombant disent le temps qui fuit.

l8 LE MIROIR DES HEURES

Ne viens pas me parler de bonheur et de gloire : Mon coeur est sans désir et mon esprit est las ; Mon destin lourdement rame sur une eau noire Où la barre dévie et résiste à mon bras.

Que ton pas soit léger comme le pas d'une ombre ! Le silence convient à ce jour détesté, Puisque mon rêve morne, interminable et sombre Hante un fleuve pesant qui n'est pas le Léthé.

LE UIHOin DES HEURES ig

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