‹ Le miroir des heures, 1906-1910Chapitre 4 sur 105 · LE SECRET · texte numérisé non relu

LE SECRET

Je ne chanterai plus, mon cœur, tes noirs secrets, Mais je leur sculpterai, tels que, d'or et d'ébène. En porte la Tristesse entre ses mains de reine, Un de ces lourds, profonds et singuliers coffrets.

Je ne livrerai plus aux passants du chemin La clé des beaux palais de ma mélancolie Et ne permettrai plus qu'on cueille en son jardin Les fruits de ma mémoire et les fleurs de ma vie.

20 LE HIROm DES HEURES

Ne vient-il pas un temps où, sans de vains aveux, La bouche doit se clore et la voix doit se taire, Si même on laisse encor deviner dans ses yeux Quelque muet tourment à jamais solitaire?

Aussi, pour les garder des reg^ards indiscrets, Je remets en vos mains, Silence, et vous Tristesse, Avec tout son amour et toute sa détresse, Mon taciturne cœur et ses sombres secrets.

LE MinOIR DES HEURES

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