EN MARGE DE SHAKKSPEARK QI
Une aurore rayonne autour de ta beauté;
Un seul de tes regards vaut une éternité ;
Les Rois à tes g-enoux prosternent leurs couronnes.
Si tu poses le pied aux marches de leurs trônes,
Le marbre le plus pur ensuite y garde empreint
En son contour brûlant ton talon souverain.
C'est pour avoir goûté l'ivresse de ta bouche
Qu'Antoine n'a pas su s'arracher à ta couche.
La sueur de l'amour, sur son torse puissant.
Avec l'eau de Cydnus s'est mêlée à son sang.
0 charmeuse, il suffit d'un geste de ta grâce
Pour que rampe la louve et que l'aigle vorace
Hier encor, volant farouche en l'air latin,
Te caresse de l'aile et mange dans ta main.
Mais prendsgarde, aux plus grands la Fortuneest contraire
Soudain ! Parfois au port se brise la galère I
Tu tombes, Marc-Antoine, et demain c'est César
Qui montrera dans Rome, attachée à son char,
A moins que d'un tel sort l'aspic ne la délivre,
Cléopâtre vaincue et honteuse de vivre !
C'est ainsi chaque soir que tu meurs et renais, Cléopâtre, immortelle et vivante à jamais, Parce qu'un autre soir, dans un bouge de Londre, A l'heure où la chandelle achève de se fondre, Quelqu'un, assis au coin d'une table, devant
LE MIROin DBS HEURES
Un pot d'ale, tantôt rêvant, tantôt buvant, Tandis qu'autour de lui l'on jure et fait tapage, Vit, du fond du passé, se dresser ton image Et te prit par la main, au seuil de ton tombeau, Pour te faire monter aux planches du tréteau D'où ta voix amoureuse aux siècles fait redire Le nom de Marc-Antoine et le nom de Shakspeare.
EN ilARGli DE 6HAKESPEAUE 0,3